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Sur le budget 2027, le gouvernement assure être "dans un esprit de compromis", mais insiste sur la ligne rouge: ne pas dépasser 5% du PIB de déficit

Economie · · Par Julie MOREAU

Sur le budget 2027, le gouvernement assure être

## Budget 2027 : l'exécutif tend la main au Parlement, mais érige les 5 % de déficit en ligne rouge Le gouvernement a ouvert mardi l'examen du projet de loi de

## Budget 2027 : l'exécutif tend la main au Parlement, mais érige les 5 % de déficit en ligne rouge Le gouvernement a ouvert mardi l'examen du projet de loi de finances 2027 à l'Assemblée nationale en affichant une double posture : ouverture au dialogue d'un côté, fermeté sur l'objectif budgétaire de l'autre. Le ministre de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, a déclaré devant les députés que l'exécutif abordait ce débat « dans un esprit de compromis », tout en posant une condition explicite : que « le cadre soit respecté ». Ce cadre, c'est le seuil de 5 % du PIB de déficit public, que le gouvernement refuse de franchir en 2027. ## Un calendrier sous pression Le ministre a insisté sur un point de méthode : « Il nous faut un budget d'ici la fin de l'année », et non en début d'année prochaine comme les deux exercices précédents. Cette exigence calendaire n'est pas anodine. Elle traduit la volonté de l'exécutif d'éviter une nouvelle prolongation de l'exercice budgétaire par intérim, situation qui avait exposé la France à des critiques sur sa capacité à piloter ses finances. Selon Roland Lescure, l'objectif des 5 % de déficit en 2027 « doit être un point fixe, un cadre pour nos débats ». La formulation place clairement la négociation parlementaire sous contrainte : les discussions sont ouvertes, mais leur périmètre est délimité. ## Un « budget de sauvegarde » face à la pression des marchés Le contexte explique cette rigidité affichée. Les finances publiques françaises sont scrutées par les investisseurs internationaux, et les taux d'intérêt de la dette ont rapidement grimpé au cours des dernières semaines. Le ministre a évoqué « l'impérieuse nécessité de rétablir nos comptes publics ». Le projet de loi de finances prévoit à cet effet un « effort de maîtrise de la dépense massif » l'an prochain. Fait notable souligné par Roland Lescure : la dépense baissera en volume, hors charge de la dette et hors effort de défense, une configuration qui, selon lui, « n'avait pas été observée depuis la sortie des aides Covid ». ## 43 milliards d'efforts nouveaux, sans hausse généralisée des impôts Sur le volet des recettes, le gouvernement maintient une ligne de crête : le texte ne prévoit « pas de hausse généralisée des impôts », mais un « travail de rationalisation des niches fiscales ». L'ensemble représente 43 milliards d'euros d'efforts nouveaux. Le ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel, a pour sa part qualifié le projet de « budget de sauvegarde pour que le pays ne parte pas dans le décor ». Il a par ailleurs critiqué la commission des Finances de l'Assemblée, qui a « dégradé » virtuellement le déficit public de 8 milliards d'euros, signalant que les amendements adoptés en commission pourraient alourdir la trajectoire si le texte arrivait en l'état dans l'hémicycle. ## Un équilibre à trouver entre dialogue et discipline L'équation politique reste délicate. L'exécutif doit obtenir une majorité sur un texte austère, tout en tenant un discours de fermeté budgétaire destiné autant aux parlementaires qu'aux marchés. Le compromis revendiqué par Roland Lescure se heurtera à la réalité arithmétique d'une Assemblée fragmentée, où chaque amendement coûteux est susceptible de faire dérailler la trajectoire des 5 %. La question centrale des prochaines semaines sera simple : jusqu'où le gouvernement peut-il céder sans franchir sa propre ligne rouge ? La réponse conditionnera la crédibilité de la France auprès de ses créanciers et la trajectoire de ses comptes publics pour l'ensemble du quinquennat.