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Suède : Stockholm veut exproprier la propriété d'un homme d'affaires lié à Poutine près d'une base navale

Une · · Par Claire BERNARD

Suède : Stockholm veut exproprier la propriété d'un homme d'affaires lié à Poutine près d'une base navale

L'armée suédoise a annoncé mardi 25 août avoir demandé au gouvernement d'exproprier une propriété située à proximité immédiate de la base navale de Muskö, dans

L'armée suédoise a annoncé mardi 25 août avoir demandé au gouvernement d'exproprier une propriété située à proximité immédiate de la base navale de Muskö, dans l'archipel de Stockholm, et appartenant à un ressortissant russe présenté comme lié au président Vladimir Poutine. Selon un communiqué militaire relayé par Le Figaro et l'agence AFP, ce terrain se trouve à l'un des accès stratégiques de cette installation souterraine, à une soixantaine de kilomètres au sud de la capitale suédoise. Cette requête intervient dans un contexte de durcissement sécuritaire nordique, où la menace drone est devenue une priorité opérationnelle. ## Une propriété enregistrée au nom de l'épouse du propriétaire D'après des informations rapportées par le quotidien suédois Expressen, la propriété visée appartiendrait en réalité à l'homme d'affaires russe Stanislav Aleschenko, bien qu'elle soit officiellement enregistrée au nom de son épouse. Les autorités militaires suédoises n'ont pas confirmé l'identité du propriétaire dans leur communiqué, mais l'armée a souligné que cet emplacement « offre des conditions uniques pour renforcer la défense de la base navale de Muskö, notamment contre les drones ». La base de Muskö, creusée dans la roche granitique, constitue l'un des piliers de la défense côtière suédoise et abrite historiquement une partie significative de la flotte de surface du pays. ## La menace drone au cœur de la justification militaire Le communiqué de l'armée suédoise précise que « le développement de la guerre menée par la Russie avec des drones a modifié le paysage des menaces qui pèsent sur la Suède ». Cette analyse sécuritaire s'appuie sur les observations des conflits récents, où l'utilisation massive de drones aériens et maritimes a démontré leur capacité à neutraliser des infrastructures critiques. « Il est donc nécessaire de prendre des mesures pour protéger la Suède contre la menace posée à la fois par les drones aériens et maritimes », ajoute le texte. Cette demande d'expropriation s'inscrit dans un mouvement plus large de renforcement des dispositifs de protection des installations militaires suédoises, alors que le pays a officiellement rejoint l'OTAN en mars 2024. ## Un précédent juridique et diplomatique délicat La procédure d'expropriation engagée par Stockholm pourrait soulever des questions juridiques et diplomatiques, notamment au regard des relations bilatérales avec la Russie, déjà fortement dégradées depuis l'invasion de l'Ukraine. Selon des sources gouvernementales suédoises citées par la presse locale, le gouvernement dispose de prérogatives légales pour procéder à une expropriation pour des motifs de sécurité nationale, mais la compensation financière et le délai de procédure restent à déterminer. L'affaire intervient également dans un contexte où plusieurs pays européens riverains de la mer Baltique ont renforcé leurs contrôles sur les acquisitions immobilières par des ressortissants russes, notamment en raison de risques d'espionnage ou de sabotage d'infrastructures sous-marines. ## Des implications pour la sécurité régionale Cette décision suédoise pourrait avoir des répercussions au-delà des frontières nationales, dans la mesure où la base de Muskö joue un rôle clé dans la surveillance maritime de la mer Baltique, une zone devenue stratégique pour l'OTAN. Les autorités militaires suédoises n'ont pas précisé le calendrier de la procédure d'expropriation, ni les modalités de compensation envisagées. Toutefois, cette initiative témoigne d'une évolution notable de la posture défensive suédoise, qui privilégie désormais une approche proactive face aux menaces hybrides et aux infiltrations potentielles. La décision finale reviendra au gouvernement, qui devra arbitrer entre les impératifs de sécurité nationale et les contraintes juridiques liées au droit de propriété.