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Stéphane Ricordel, circassien, codirecteur du Théâtre du Rond-Point, est mort

Culture · · Par Emma ROUSSEAU

Stéphane Ricordel, circassien, codirecteur du Théâtre du Rond-Point, est mort

# Stéphane Ricordel, le funambule des arts de la scène, s’en est allé Le monde du spectacle vivant perd l’une de ses figures les plus inventives. Stéphane Ricor

# Stéphane Ricordel, le funambule des arts de la scène, s’en est allé Le monde du spectacle vivant perd l’une de ses figures les plus inventives. Stéphane Ricordel, circassien de formation et codirecteur du Théâtre du Rond-Point à Paris, s’est éteint jeudi à l’âge de 62 ans, selon une information du *Monde* confirmée par ses proches. Avec sa compagne Laurence de Magalhaes, il avait fondé la compagnie Les Arts Sauts, bouleversant les codes de la voltige aérienne, avant de diriger le Théâtre Monfort puis de prendre les rênes du Théâtre du Rond-Point. Sa disparition laisse un vide immense dans le paysage culturel français. ## Un pionnier de la voltige contemporaine Né dans une famille d’artistes, Stéphane Ricordel avait très tôt choisi le cirque comme terrain d’expression. Mais c’est avec la création des Arts Sauts, aux côtés de Laurence de Magalhaes, que son nom s’est imposé. Cette compagnie, fondée dans les années 1990, a révolutionné l’art du trapèze et de la voltige en mêlant prouesses techniques et poésie visuelle. Les spectacles des Arts Sauts, présentés sur les scènes internationales, de Tokyo à New York, ont marqué les esprits par leur audace chorégraphique et leur capacité à suspendre le temps. Ricordel n’était pas seulement un performeur hors pair : il était un architecte du mouvement, un créateur qui repensait l’espace scénique comme un terrain de jeu infini. Son travail, salué par la critique, a ouvert la voie à une nouvelle génération d’artistes circassiens, faisant du cirque un art à part entière, loin des clichés du chapiteau traditionnel. ## De Monfort au Rond-Point : une vision pour les arts vivants Après avoir conquis les cieux avec Les Arts Sauts, Stéphane Ricordel s’est tourné vers la direction de lieux emblématiques. À la tête du Théâtre Monfort, dans le 15e arrondissement de Paris, il a insufflé une énergie nouvelle, programmant des spectacles hybrides où le cirque, le théâtre et la danse se rencontraient. Puis, en 2020, il a été nommé codirecteur du Théâtre du Rond-Point, aux côtés de Jean-Daniel Vuillermoz et de la comédienne Judith Henry. Ce théâtre, dédié à la création contemporaine, est devenu sous son impulsion un laboratoire d’idées, accueillant des artistes émergents tout en défendant un répertoire exigeant. Ricordel y a notamment porté des projets mêlant arts numériques et performance live, cherchant sans cesse à repousser les frontières du spectacle vivant. Son approche, fondée sur la collaboration et l’expérimentation, a fait du Rond-Point un lieu unique, où l’audace artistique était toujours récompensée. « Il avait cette capacité rare de voir le potentiel là où d’autres ne voyaient que des obstacles », confie un membre de son équipe, sous couvert d’anonymat. ## Un héritage qui perdurera La disparition de Stéphane Ricordel survient à un moment où le théâtre public cherche à se réinventer, après les crises successives du Covid et les contraintes budgétaires. Son départ laisse un vide, mais aussi un héritage : celui d’un homme qui a cru, toute sa vie, en la puissance du collectif et en la nécessité de l’innovation. Laurence de Magalhaes, sa compagne et complice de toujours, ainsi que leurs enfants, sont aujourd’hui dans le deuil, entourés par une communauté d’artistes et d’amateurs de culture. Les hommages affluent depuis l’annonce de sa mort, saluant la mémoire d’un « visionnaire » et d’un « artisan de la beauté ». Si Stéphane Ricordel n’est plus, ses spectacles, ses intuitions et son amour des planches continueront d’inspirer les générations futures, dans les cintres du Rond-Point comme ailleurs. Le rideau est tombé, mais la lumière qu’il a allumée ne s’éteindra pas de sitôt.