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Sous la pression des midterms, Donald Trump acte une rupture sans précédent avec l’Ukraine

Une · · Par Claire BERNARD

Sous la pression des midterms, Donald Trump acte une rupture sans précédent avec l’Ukraine

Washington — En moins de vingt-quatre heures, le week-end dernier, Donald Trump a opéré un virage dont l'ampleur dépasse les simples déclarations d'humeur qui a

Washington — En moins de vingt-quatre heures, le week-end dernier, Donald Trump a opéré un virage dont l'ampleur dépasse les simples déclarations d'humeur qui avaient marqué le début de son second mandat. Selon les informations rapportées par Le Figaro, le président américain a exigé de Kiev l'arrêt immédiat des frappes sur les raffineries de pétrole russes et estimé que l'Ukraine devait désormais changer de président. Une double exigence qui, mise bout à bout, dessine une rupture sans précédent avec l'allié ukrainien. ## Un accord pétrolier au cœur du revirement Tout semble avoir basculé vendredi soir. Donald Trump a déclaré avoir eu une « discussion très fructueuse » de plus de quatre-vingt-dix minutes avec Vladimir Poutine, à l'issue de laquelle il a annoncé un accord sur l'importation de pétrole russe, outrepassant les sanctions adoptées par le Congrès américain. D'après les éléments rapportés par Le Figaro, cet accord inclut la livraison « immédiate » de 300 000 tonnes de gazole « au marché américain et mondial », ainsi que la promesse de 500 000 tonnes supplémentaires en novembre, puis d'un million de tonnes en décembre. Sur Truth Social, le président américain a promis une chute « record et rapide » des prix du diesel. Cette annonce constitue, en effet, un contournement direct du dispositif de sanctions voté par le pouvoir législatif, ce qui pourrait ouvrir un bras de fer institutionnel à Washington. ## Kiev sommé de cesser ses frappes Le lendemain, samedi, Donald Trump a franchi une étape supplémentaire en exigeant de l'Ukraine qu'elle cesse ses frappes sur les infrastructures pétrolières russes. Ces attaques, menées en profondeur sur le territoire russe, visaient précisément à réduire les capacités d'exportation de Moscou et à tarir une source de financement de l'effort de guerre. La demande américaine revient donc à priver Kiev de l'un de ses leviers les plus efficaces, au moment même où Washington s'apprête à importer du brut et du gazole russes. Selon Le Figaro, cette séquence marque un retour aux critiques les plus sévères formulées contre l'Ukraine au début du second mandat, mais cette fois avec des actes concrets à la clé. ## Les midterms comme horizon Cette accélération intervient à quelques semaines d'échéances électorales déterminantes pour la majorité républicaine. La promesse d'une baisse immédiate des prix à la pompe, argument électoral traditionnellement puissant outre-Atlantique, semble primer sur la cohérence de l'alignement stratégique occidental. La suggestion d'un changement de président en Ukraine, formulée publiquement, pourrait également être lue comme un signal adressé à une partie de l'électorat sceptique quant à l'engagement financier américain dans le conflit. Toutefois, les conséquences d'un tel basculement dépassent largement le cadre de la campagne : elles touchent à la crédibilité des engagements pris par Washington envers ses partenaires européens. ## Un précédent aux implications durables Historiquement, les États-Unis n'avaient jamais conditionné leur soutien à Kiev à l'arrêt de frappes visant des infrastructures énergétiques russes. Cette exigence, combinée à l'importation de produits pétroliers russes, pourrait affaiblir la position de négociation ukrainienne et renforcer celle de Moscou. Par ailleurs, la réaction des partenaires européens, non mentionnée dans les éléments disponibles, constituera un indicateur à suivre dans les prochains jours. Reste à savoir si cette rupture demeurera une posture de campagne ou si elle se traduira durablement dans l'architecture des alliances occidentales.