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Sous l’effet du réchauffement climatique, le moustique tigre devrait se répandre dans quasiment toute la France hexagonale d’ici 2085

Une · · Par Claire BERNARD

Sous l’effet du réchauffement climatique, le moustique tigre devrait se répandre dans quasiment toute la France hexagonale d’ici 2085

Sous l’effet du réchauffement climatique, le moustique tigre devrait se répandre dans quasiment toute la France hexagonale d’ici 2085, zones montagneuses except

Sous l’effet du réchauffement climatique, le moustique tigre devrait se répandre dans quasiment toute la France hexagonale d’ici 2085, zones montagneuses exceptées. Selon une étude publiée lundi et rapportée par Le Figaro, le risque de transmission autochtone de la dengue pourrait concerner une part significative du territoire, transformant profondément la carte sanitaire du pays. ### Une modélisation inédite à haute résolution Pour ce travail scientifique concernant la France, des chercheurs de l'Institut de recherche pour le développement (IRD), du Cirad et de l'Abdus Salam International Centre for Theoretical Physics ont réalisé une modélisation inédite. Celle-ci intègre une haute résolution spatiale d'environ 8 kilomètres, permettant d'affiner considérablement les projections par rapport aux études précédentes. L'objectif était de mesurer l'impact combiné du réchauffement climatique et des dynamiques démographiques sur l'expansion du moustique tigre et le risque de transmission de la dengue, sur une période allant de 2025 à 2085. À partir d'un modèle associant des données climatiques, démographiques et épidémiologiques, les scientifiques ont pu établir plusieurs scénarios d'évolution. Selon des informations rapportées par Le Figaro avec l'AFP, les résultats montrent une tendance lourde à l'extension de l'aire de colonisation de cet insecte vecteur sur l'ensemble du territoire métropolitain. ### Des scénarios contrastés mais une expansion certaine Dans le scénario le moins pessimiste envisagé par les chercheurs, entre 49% et 89% du territoire serait soumis à des conditions climatiques favorables à l'implantation du moustique tigre. Cette fourchette large reflète les incertitudes liées aux trajectoires d'émissions de gaz à effet de serre et à l'efficacité des politiques d'atténuation. Toutefois, même dans l'hypothèse basse, près de la moitié du pays serait concernée, ce qui représenterait déjà une augmentation significative par rapport à la situation actuelle. Le moustique tigre, originaire d'Asie du Sud-Est, est déjà implanté dans une grande partie du sud de la France. Sa progression vers le nord est observée depuis plusieurs années, mais le réchauffement climatique devrait accélérer ce mouvement. Les zones montagneuses, caractérisées par des températures plus fraîches, constitueraient les dernières poches de résistance face à cette expansion, selon les modélisations. ### Un risque de transmission autochtone de la dengue élargi Par ailleurs, l'étude met en évidence un enjeu sanitaire majeur : la transmission autochtone de la dengue serait théoriquement possible dans toutes les zones colonisées par ce moustique, hormis les plaines du nord de l'Hexagone. Cela représenterait entre 71% et 95% de la métropole, selon les scénarios. Cette donnée est d'autant plus préoccupante que la dengue, maladie virale transmise par les piqûres de moustiques, peut provoquer des formes sévères, notamment chez les personnes fragiles. Jusqu'à présent, les cas de dengue observés en France métropolitaine étaient essentiellement importés, c'est-à-dire contractés lors de voyages dans des zones tropicales. La possibilité d'une transmission autochtone sur une large part du territoire changerait la donne épidémiologique, imposant aux autorités sanitaires de nouvelles stratégies de surveillance et de prévention. ### Des implications pour les politiques publiques sanitaires Ces projections, publiées dans un contexte de réchauffement climatique déjà perceptible, pourraient inciter les pouvoirs publics à renforcer les dispositifs de lutte antivectorielle. Les campagnes de démoustication, la sensibilisation des populations aux gestes préventifs et la surveillance épidémiologique devraient être adaptées à cette nouvelle donne géographique. Les collectivités territoriales, notamment celles situées dans des zones aujourd'hui épargnées, seraient amenées à intégrer cette menace dans leurs plans d'adaptation au changement climatique. Les chercheurs soulignent toutefois que ces modélisations reposent sur des hypothèses qui pourraient évoluer en fonction des politiques climatiques mises en œuvre. Une réduction significative des émissions de gaz à effet de serre pourrait en effet limiter l'expansion du moustique tigre et réduire les risques associés. L'étude ouvre ainsi la voie à des travaux complémentaires pour affiner les projections et évaluer l'efficacité des mesures d'adaptation possibles, dans un contexte où la santé publique se trouve de plus en plus liée aux enjeux climatiques.