Soupçons d’emplois fictifs d’élus parisiens et franciliens à la RATP : l’association AC!! Anti-Corruption dépose plainte

Soupçons d’emplois fictifs à la RATP : AC!! Anti-Corruption élargit sa plainte et vise un système présumé au bénéfice d’élus de tout bord politique. L’associati
Soupçons d’emplois fictifs à la RATP : AC!! Anti-Corruption élargit sa plainte et vise un système présumé au bénéfice d’élus de tout bord politique. L’association a saisi le Parquet national financier (PNF) mercredi, s’appuyant sur de nouvelles révélations du Canard enchaîné concernant environ 200 agents de la régie des transports parisiens.
## Une plainte complémentaire déposée auprès du PNF
L’association AC!! Anti-Corruption a indiqué à l’AFP, mercredi 12 août 2026, avoir déposé une plainte contre X auprès du Parquet national financier. Celle-ci dénonce un système présumé « d'emplois fictifs » destiné à des « élus parisiens et franciliens à la RATP, de tout bord politique », selon les termes rapportés par Le Figaro. Cette démarche s’inscrit dans le prolongement d’une première plainte déposée la semaine précédente par la même association, également contre X, qui visait notamment l’Insoumis Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis.
Cette nouvelle plainte, fondée principalement sur des soupçons de « détournement de fonds publics », de « favoritisme » et de « faux et usage de faux », s’appuie sur un article du Canard enchaîné intitulé « 200 agents de la RATP sur la bonne voie ». Selon les informations relayées par Le Figaro, la plainte initiale évoquait déjà M. Bagayoko mais visait plus largement la RATP en tant qu’institution. La plainte complémentaire permettrait d’étendre le périmètre des investigations à un ensemble plus vaste de situations potentiellement irrégulières.
## Le cas Bally Bagayoko au cœur des premières investigations
Le maire de Saint-Denis est personnellement mis en cause par l’association AC!! Anti-Corruption, qui le soupçonne de détournement de fonds publics et d’emploi fictif. Ces soupçons font suite à un précédent article du Canard enchaîné évoquant un cumul de fonctions à temps plein à la RATP et de mandat d’élu. Selon les éléments rapportés par la presse, Bally Bagayoko aurait perçu une rémunération de la régie des transports parisiens tout en exerçant simultanément ses responsabilités municipales, ce qui interroge sur la réalité des missions effectuées au sein de l’entreprise publique.
Le cas de l’élu insoumis illustrerait, selon l’association, un phénomène plus large touchant la gouvernance des transports franciliens. Les plaintes successives déposées par AC!! Anti-Corruption visent à établir l’existence d’un système organisé, et non des situations individuelles isolées. La mention « de tout bord politique » dans la plainte complémentaire suggère que les pratiques dénoncées ne se limiteraient pas à un seul courant politique, ce qui pourrait élargir considérablement le champ des investigations.
## Un précédent judiciaire qui pourrait influencer la procédure
La RATP a déjà été confrontée par le passé à des accusations d’emplois fictifs. En 2019, l’ancien président du conseil régional d’Île-de-France, Jean-Paul Huchon, avait été condamné dans une affaire similaire concernant des collaborateurs de son cabinet. Cette jurisprudence pourrait servir de référence dans le traitement de la plainte déposée par AC!! Anti-Corruption, d’autant que les qualifications pénales retenues dans la nouvelle plainte — détournement de fonds publics, favoritisme, faux et usage de faux — correspondent à celles qui avaient été examinées par la justice dans l’affaire précédente.
Le Parquet national financier, compétent pour les affaires de corruption et de détournement de fonds publics touchant des élus, devra désormais évaluer la recevabilité de cette plainte complémentaire et décider de l’opportunité d’ouvrir une enquête préliminaire ou de saisir un juge d’instruction. Selon des sources proches du dossier, l’ampleur des éléments rapportés par le Canard enchaîné, qui évoque environ 200 agents concernés, pourrait justifier une saisine approfondie. La RATP, de son côté, n’a pas réagi publiquement à ces nouvelles accusations à la date de publication de cet article.