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Soudan: sept pays européens appellent à un arrêt des attaques des FSR à El-Obeid

Monde · · Par Claire BERNARD

Soudan: sept pays européens appellent à un arrêt des attaques des FSR à El-Obeid

# Soudan : sept pays européens appellent à un arrêt des attaques des FSR à El-Obeid Dans un communiqué conjoint publié mardi 23 juin 2026, sept pays européens o

# Soudan : sept pays européens appellent à un arrêt des attaques des FSR à El-Obeid Dans un communiqué conjoint publié mardi 23 juin 2026, sept pays européens ont appelé les paramilitaires soudanais des Forces de soutien rapide (FSR) à « arrêter immédiatement » l'attaque qu'elles mènent contre la ville d'El-Obeid, capitale du Kordofan du Nord et sous contrôle de l’armée. Le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Irlande, la Norvège et les Pays-Bas estiment qu'« il existe désormais des signes crédibles d'une offensive imminente ». Cette prise de position diplomatique intervient alors que le conflit soudanais, qui oppose l'armée régulière aux FSR depuis avril 2023, connaît une escalade dans plusieurs régions du pays. ## Une offensive qui menace un carrefour stratégique Selon des informations rapportées par RFI, El-Obeid représente un enjeu majeur dans la guerre civile soudanaise. Située à environ 350 kilomètres au sud-ouest de Khartoum, cette ville constitue un nœud logistique essentiel pour le contrôle des routes reliant la capitale aux provinces du Darfour et du Kordofan. Les FSR, dirigées par le général Mohamed Hamdane Daglo, dit « Hemedti », chercheraient à s'emparer de cette localité pour consolider leur emprise sur l'ouest du pays et couper les voies d'approvisionnement de l'armée régulière. Les signes d'une offensive imminente mentionnés par les sept pays européens incluraient, d'après des sources diplomatiques citées par RFI, des mouvements de troupes paramilitaires autour de la ville ainsi que des tirs d'artillerie signalés par des habitants. La population civile d'El-Obeid, estimée à près de 300 000 personnes avant le conflit, serait particulièrement exposée aux violences, d'autant plus que les combats pourraient contraindre des milliers de familles à fuir vers des zones déjà saturées par les déplacements internes. ## Une position diplomatique coordonnée Le communiqué conjoint, dont le contenu a été relayé par plusieurs médias internationaux, ne se limite pas à une simple demande de cessez-le-feu. Les sept pays appellent également à la protection des civils et au respect du droit international humanitaire. « Nous exhortons les FSR à permettre l'accès humanitaire sans entrave à El-Obeid et à mettre fin à toute action militaire qui mettrait en danger les populations », indique le texte, selon des extraits cités par RFI. Cette initiative diplomatique s'inscrit dans un contexte où les efforts de médiation, notamment ceux menés par les États-Unis et l'Arabie saoudite à Djeddah, n'ont pas réussi à instaurer une trêve durable. Les sept pays européens, par cette déclaration, chercheraient à maintenir la pression sur les belligérants, tout en envoyant un signal clair aux FSR quant à leur isolement diplomatique croissant. Le Royaume-Uni, en particulier, a déjà imposé des sanctions ciblées contre des responsables des FSR accusés de violations des droits de l'homme. ## Un conflit aux conséquences humanitaires désastreuses Depuis le début des affrontements en avril 2023, le Soudan connaît l'une des pires crises humanitaires de la planète. Selon les Nations unies, plus de 8 millions de personnes ont été déplacées à l'intérieur du pays, tandis que près de 2 millions ont fui vers les pays voisins, notamment le Tchad, l'Égypte et le Soudan du Sud. Les infrastructures sanitaires, déjà fragiles, ont été largement détruites, et l'accès à l'eau potable et à la nourriture reste extrêmement limité dans de nombreuses régions. L'offensive des FSR contre El-Obeid, si elle se confirme, pourrait aggraver encore cette situation. La ville abrite en effet l'un des principaux hôpitaux du Kordofan du Nord, ainsi que des entrepôts de l'ONU utilisés pour le stockage de l'aide humanitaire. Les organisations non gouvernementales présentes sur le terrain redoutent que les combats ne paralysent totalement les opérations de secours dans une région déjà durement touchée par la famine et les épidémies. ## Des perspectives incertaines L'appel des sept pays européens pourrait ne pas suffire à infléchir la position des FSR, qui semblent déterminées à étendre leur contrôle territorial. Les paramilitaires, forts de leur expérience acquise lors de la guerre au Darfour dans les années 2000, bénéficient d'un armement conséquent et de soutiens extérieurs, notamment de la part de certaines milices locales. De leur côté, les forces armées soudanaises, dirigées par le général Abdel Fattah al-Burhan, tentent de conserver leurs positions tout en cherchant à reconquérir les zones perdues. La communauté internationale, pour l'heure, semble divisée sur la marche à suivre. Si les pays européens et les États-Unis privilégient la voie diplomatique et les sanctions, d'autres acteurs, comme la Russie ou les Émirats arabes unis, entretiennent des relations ambiguës avec les deux camps. Dans ce contexte, la situation à El-Obeid pourrait constituer un test décisif pour la crédibilité des appels internationaux à une désescalade.