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SONDAGE BFMTV. Pour 62% des Français, c'est l'État qui est désormais reponsable de la flambée des prix à la pompe (plus que la guerre en Iran)

Economie · · Par Julie MOREAU

SONDAGE BFMTV. Pour 62% des Français, c'est l'État qui est désormais reponsable de la flambée des prix à la pompe (plus que la guerre en Iran)

## Un basculement dans la perception de la flambée des prix à la pompe Selon un sondage Elabe réalisé pour BFMTV, 62 % des Français désignent désormais l'État c

## Un basculement dans la perception de la flambée des prix à la pompe Selon un sondage Elabe réalisé pour BFMTV, 62 % des Français désignent désormais l'État comme le principal responsable de la hausse des prix des carburants. Un chiffre en progression de 17 points en six mois, qui marque un basculement net dans la perception de l'origine de la flambée à la pompe. ## L'État détrône la guerre en Iran dans les esprits Dans les premiers mois suivant le début de la guerre en Iran, les Français imputaient majoritairement cette situation au conflit international. Mi-mars, ils n'étaient encore que 45 % à pointer la responsabilité de l'État. Aujourd'hui, la puissance publique arrive en tête des responsables identifiés, devant la guerre en Iran, qui reste toutefois citée comme facteur explicatif par 60 % des personnes interrogées. Ce glissement traduit une forme de lassitude face à une hausse prolongée des prix, alors que le conflit perd de sa dimension explicative dans l'opinion. Les compagnies pétrolières sont également montrées du doigt par 52 % des sondés, signe que la défiance envers les acteurs privés du secteur demeure élevée. ## Baisser les taxes, la réponse plébiscitée Cette hiérarchie des responsabilités se reflète directement dans les solutions attendues. Près de 70 % des Français appellent en priorité l'État à baisser les taxes sur les carburants. Ce ratio atteint même 88 % parmi les électeurs du Rassemblement national, Marine Le Pen réclamant régulièrement depuis plusieurs mois un abaissement de la TVA de 20 à 5,5 % sur les carburants. Le blocage du prix de l'essence est mentionné par plus de la moitié des personnes interrogées (54 %), tandis que la réduction des marges des pétroliers recueille 45 % des suffrages, une piste davantage portée par les partis situés à l'autre extrémité de l'échiquier politique, comme Jean-Luc Mélenchon. ## Des leviers d'action contrastés selon les sensibilités politiques La réduction des marges des distributeurs est évoquée par près d'un Français interrogé sur trois, un niveau nettement inférieur à celui obtenu par la baisse des taxes. Quant aux aides directes aux automobilistes, elles apparaissent comme un levier moins prioritaire dans les réponses recueillies. Cette fragmentation des attentes dessine un paysage politique où chaque camp avance ses propres remèdes : intervention fiscale de l'État pour les uns, régulation des marges industrielles pour les autres. Le sondage Elabe pour BFMTV illustre ainsi une opinion publique qui, face à une crise énergétique durable, se tourne massivement vers la puissance publique pour obtenir des réponses concrètes et rapides. ## Un enjeu politique de premier plan Ce basculement de perception intervient dans un contexte où la question du pouvoir d'achat s'impose comme une préoccupation majeure des ménages. La pression exercée sur l'exécutif pour agir sur la fiscalité des carburants devrait s'intensifier à mesure que les prix se maintiennent à des niveaux élevés. Reste à savoir si le gouvernement entendra ces attentes et quelles mesures il sera prêt à mettre en œuvre, alors que les marges de manœuvre budgétaires demeurent limitées.