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Son utilité avait été remise en cause à l'Assemblée nationale: le Cese assume d'être "la chambre du temps long"

Economie · · Par Julie MOREAU

Son utilité avait été remise en cause à l'Assemblée nationale: le Cese assume d'être

# Le Cese se positionne comme "la chambre du temps long" face aux critiques sur son utilité Le Conseil économique, social et environnemental (Cese), dont l'util

# Le Cese se positionne comme "la chambre du temps long" face aux critiques sur son utilité Le Conseil économique, social et environnemental (Cese), dont l'utilité et le coût avaient été remis en cause à l'Assemblée nationale il y a un an, entend désormais affirmer son rôle central dans le débat public. Sa nouvelle présidente, Claire Thoury, élue en mai, a présenté mercredi la feuille de route de cette troisième chambre du Parlement français, au rôle consultatif, qui représentant la société civile organisée. L'objectif : remettre au successeur d'Emmanuel Macron, entre mai et juin 2027, "l'apport de la société civile organisée sur les grandes thématiques et les grands défis que nous avons identifiés". ## Un programme de travail articulé autour de l'élection présidentielle Le Cese a dévoilé les grandes lignes de son programme de travail, qui sera officiellement présenté début septembre. Selon Claire Thoury, cette "rentrée solennelle du Cese, la première depuis sa création" en 1946, doit permettre "de réaffirmer le caractère institutionnel de cette assemblée et d'annoncer notre programme de travail". La présidente a insisté sur son rôle "de conseil au pouvoir public", dans un contexte où l'institution cherche à prouver sa pertinence. La réunion mercredi des responsables d'organisations représentées au Cese (syndicats, organisations d'employeurs, associations ou organismes de protection de l'environnement) a fait émerger plusieurs "points de convergence". Parmi les thématiques identifiées figurent les questions de dignité au travail, "l'accès aux essentiels", la jeunesse, la confiance démocratique, le logement mais également les finances publiques. Ces sujets constitueraient le socle des travaux à mener jusqu'à l'élection présidentielle de 2027. ## "On est la chambre du temps long" Face aux critiques récurrentes sur son utilité et son coût, Claire Thoury a revendiqué une identité forte pour le Cese : "On est la chambre du temps long". Cette formule vise à distinguer l'institution des autres instances politiques, souvent accusées de privilégier le court terme électoral. Le Cese entend ainsi combiner avis sur le temps long et sur le temps court dans son programme de travail, une approche qui pourrait répondre aux attentes de la société civile. "La société civile organisée a beaucoup de choses à dire sur le débat public en ce moment", a insisté la présidente, soulignant la légitimité de l'institution à intervenir dans les grands débats nationaux. Cette déclaration intervient alors que le Cese avait vu son utilité remise en cause il y a un an par des députés, dans un contexte de recherche d'économies budgétaires. L'institution, qui fonctionne avec un budget annuel d'environ 40 millions d'euros, emploie près de 200 agents et réunit 233 membres représentant les forces vives de la nation. ## Un enjeu de crédibilité institutionnelle Le Cese doit désormais convaincre de sa capacité à produire une analyse utile et indépendante, dans un environnement politique marqué par une défiance croissante envers les institutions. La présidente a insisté sur la nécessité de "réaffirmer le caractère institutionnel de cette assemblée", un message adressé tant aux pouvoirs publics qu'à l'opinion. L'enjeu est de taille : le Cese, créé en 1946 sous l'impulsion du général de Gaulle, a vu son rôle consultatif régulièrement contesté. Si certaines voix réclament sa suppression pure et simple, d'autres estiment qu'il pourrait jouer un rôle clé dans la refondation du dialogue social et environnemental. Le programme de travail présenté en septembre devrait permettre de juger de la capacité de l'institution à se réinventer et à peser sur les décisions publiques. D'ici là, les travaux préparatoires se poursuivront, avec l'ambition affichée de faire du Cese un acteur incontournable du débat démocratique, en phase avec les attentes de la société civile. Reste à savoir si cette ambition suffira à dissiper les doutes sur son utilité réelle.