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Son taux de rémunération passe de 1,5 à 1,7% ce 1er août: les Français vont-ils se réconcilier avec le Livret A après l'avoir boudé pendant des mois?

Economie · · Par Julie MOREAU

Son taux de rémunération passe de 1,5 à 1,7% ce 1er août: les Français vont-ils se réconcilier avec le Livret A après l'avoir boudé pendant des mois?

Le Livret A change de braquet ce 1er août. Son taux de rémunération grimpe de 1,5 % à 1,7 %, une hausse actée mi-juillet par le gouvernement, après un premier s

Le Livret A change de braquet ce 1er août. Son taux de rémunération grimpe de 1,5 % à 1,7 %, une hausse actée mi-juillet par le gouvernement, après un premier semestre historiquement mauvais pour ce placement détenu par 58 millions de Français. La question est désormais de savoir si ce coup de pouce suffira à inverser la tendance, alors que le rendement réel du livret reste négatif une fois l’inflation prise en compte. ## Une hausse mécanique liée à l’inflation Cette augmentation n’a rien d’un geste politique. Elle découle directement de la formule de calcul du taux, indexée sur l’évolution des prix. Or, le premier semestre 2025 a été marqué par un regain d’inflation, alimenté notamment par la hausse des cours de l’énergie et des matières premières dans le sillage du conflit au Moyen-Orient. La formule a donc mécaniquement poussé le taux vers le haut, pour le porter à 1,7 % au 1er août, tout comme celui du Livret de développement durable et solidaire (LDDS), qui suit la même trajectoire. Pour les épargnants, c’est une bouffée d’oxygène après des mois de déception. Les baisses successives du taux, passées de 3 % à 2,4 % puis à 1,5 % en février 2025, avaient fini par lasser. Le rendement du placement, net d’impôts et de prélèvements sociaux, ne suffisait plus à convaincre face à d’autres supports, comme l’assurance-vie ou les comptes à terme, qui offraient des perspectives plus généreuses. ## Une désaffection record au premier semestre Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Sur les six premiers mois de l’année, les retraits ont dépassé les versements de 5,93 milliards d’euros, selon les données communiquées par la Caisse des dépôts. C’est la pire performance enregistrée sur un premier semestre depuis près de vingt ans. À titre de comparaison, seule l’année 2015 avait connu un solde négatif sur cette période, mais avec une ampleur bien moindre : -2,45 milliards d’euros. Cette défiance s’explique par un contexte de taux bas prolongé, mais aussi par une concurrence accrue. Les Français ont massivement redirigé leur épargne vers des placements plus dynamiques, quitte à prendre davantage de risques. Le Livret A, longtemps considéré comme la valeur refuge par excellence, a ainsi perdu de son attrait auprès des ménages les plus jeunes, qui privilégient des solutions plus rentables, et des plus âgés, qui cherchent à préserver leur pouvoir d’achat. ## Un rendement réel toujours négatif Reste une ombre au tableau : malgré cette hausse, le rendement réel du Livret A demeure négatif. Avec une inflation qui a dépassé les 2 % sur les douze derniers mois, le taux de 1,7 % ne compense pas intégralement la perte de valeur de l’épargne. Concrètement, un épargnant qui laisse 10 000 euros sur son livret verra son capital augmenter de 170 euros sur un an, mais cette somme sera en partie érodée par la hausse des prix. Les économistes interrogés par BFM Business restent donc prudents sur l’ampleur du rebond. La hausse du taux pourrait certes freiner la décollecte, mais il est peu probable qu’elle suffise à provoquer un retour massif des épargnants vers ce placement. Le gouvernement, de son côté, mise sur la stabilité : le taux est désormais fixé pour une durée de six mois, ce qui offre une visibilité aux ménages, mais aussi un répit budgétaire, puisque l’État emprunte à taux réduit via les fonds collectés. L’enjeu est double : redonner confiance aux épargnants tout en maintenant un coût de financement maîtrisé pour le logement social, principal bénéficiaire de la collecte. La réponse des Français se lira dans les prochains chiffres de la Caisse des dépôts, attendus à l’automne. Une chose est sûre : le Livret A n’a plus droit à l’erreur, après un semestre qui restera dans les annales.