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Son plus haut niveau depuis fin 2023: l'inflation en Allemagne grimpe à 3,3% en septembre, plus que ce qui était anticipé

Economie · · Par Julie MOREAU

Son plus haut niveau depuis fin 2023: l'inflation en Allemagne grimpe à 3,3% en septembre, plus que ce qui était anticipé

## L'inflation allemande atteint 3,3 % en septembre, un plus haut depuis fin 2023 L'inflation en Allemagne a accéléré plus fortement que prévu en septembre, s'é

## L'inflation allemande atteint 3,3 % en septembre, un plus haut depuis fin 2023 L'inflation en Allemagne a accéléré plus fortement que prévu en septembre, s'établissant à 3,3 % sur un an, selon les chiffres provisoires publiés le mercredi 30 septembre par l'office statistique fédéral Destatis. Ce niveau constitue le plus haut atteint par la première économie européenne depuis décembre 2023. Les analystes interrogés par la plateforme Factset tablaient sur une progression de 3,2 %, après les 2,9 % enregistrés en août. La surprise à la hausse ravive les interrogations sur la trajectoire des prix dans la zone euro. ## L'énergie, principal moteur de la flambée La très forte augmentation des prix de l'énergie explique en grande partie cette accélération. Sur un an, les prix de l'énergie ont bondi de 14,9 %, une hausse directement visible à la pompe pour les automobilistes allemands. Cette dynamique s'inscrit dans un contexte de tensions persistantes au Moyen-Orient, qui pèsent sur les marchés des hydrocarbures. Le renchérissement du coût de l'énergie se répercute progressivement sur l'ensemble de l'économie, alimentant les pressions inflationnistes au-delà du seul secteur énergétique. Cette composante, historiquement volatile, reste toutefois déterminante dans la formation de l'indice global des prix à la consommation outre-Rhin. ## L'IPCH à 2,9 %, un signal scruté par la BCE L'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), utilisé pour comparer les pays de la zone euro et particulièrement suivi par la Banque centrale européenne, s'est établi à 2,9 % sur un an, précise Destatis. Cet indicateur demeure au-dessus de l'objectif de 2 % fixé par l'institution monétaire. La tendance n'est pas propre à l'Allemagne : dans les deux autres plus grandes économies de l'Union européenne, l'inflation a également accéléré sur un an, à 3 % en France et 4,2 % en Italie, selon des chiffres publiés le même jour. Cette convergence à la hausse dans les principales économies du bloc complique la lecture de la situation pour les responsables monétaires. ## Vers un nouveau tour de vis monétaire ? Pour Elmar Völker, analyste chez LBBW Research, « tout indique clairement une nouvelle restriction de la politique monétaire de la BCE au quatrième trimestre », après le relèvement d'un quart de point décidé en septembre. Il tempère néanmoins : « cela ne doit pas nécessairement se produire dès la prochaine réunion fin octobre ». La BCE se trouve ainsi placée face à un dilemme classique : resserrer davantage les conditions de financement pour contenir les prix, au risque de peser sur une croissance déjà fragile, ou maintenir le statu quo en pariant sur un reflux progressif des tensions énergétiques. ## Des réserves de gaz renforcées par précaution Signe des inquiétudes suscitées par la conjoncture internationale, le ministère allemand de l'Économie a annoncé mercredi avoir chargé l'énergéticien public SEFE d'accroître ses achats de gaz afin de renforcer les réserves du pays avant l'hiver. Cette décision est justifiée par des « risques géopolitiques persistants », indique le ministère. Berlin cherche ainsi à sécuriser son approvisionnement et à éviter une répétition des tensions observées lors de précédentes crises énergétiques. Ce geste traduit la prudence des autorités face à un environnement international incertain, où toute perturbation de l'offre pourrait à nouveau se répercuter sur les prix et sur l'activité industrielle. ## Une inflation qui teste la résilience européenne Avec 3,3 % en Allemagne, 3 % en France et 4,2 % en Italie, l'inflation repart à la hausse dans les trois principales économies de l'Union européenne, effaçant en partie les progrès enregistrés ces derniers mois. La composante énergétique, liée aux tensions au Moyen-Orient, apparaît comme le principal facteur de cette remontée. La question centrale pour les prochaines semaines sera de savoir si cette poussée demeure temporaire ou si elle se diffuse durablement dans les autres postes de dépenses, notamment les services et l'alimentation. Réponse partielle attendue lors de la prochaine réunion de la BCE fin octobre, puis avec la publication des chiffres définitifs de septembre par Destatis.