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Sommet de l'espace : l'appel à la préférence européenne – 10/09

Economie · · Par Julie MOREAU

Sommet de l'espace : l'appel à la préférence européenne – 10/09

## Sommet de l'espace : l'appel à la préférence européenne Le Sommet de l'espace, organisé jeudi 10 septembre, a été l'occasion pour les acteurs du secteur de p

## Sommet de l'espace : l'appel à la préférence européenne Le Sommet de l'espace, organisé jeudi 10 septembre, a été l'occasion pour les acteurs du secteur de plaider en faveur d'une préférence européenne dans les programmes spatiaux. Invité de l'émission Tech & Co, la quotidienne, sur BFM Business, Nicolas Gaume, président et cofondateur de Space Cargo Unlimited, a défendu cette position aux côtés de Jean-Baptiste Huet, journaliste BFM Business. ## Un contexte de concurrence mondiale accrue Le débat sur la préférence européenne intervient dans un contexte où le secteur spatial connaît une transformation profonde. Les États-Unis, via la NASA et des acteurs privés comme SpaceX, ainsi que la Chine, avec un programme spatial en pleine accélération, redessinent les équilibres mondiaux. Face à cette dynamique, les industriels et opérateurs européens s'interrogent sur leur capacité à maintenir leur rang sans un soutien affirmé des institutions du Vieux Continent. La question de la commande publique, historiquement structurante pour des acteurs comme Ariane ou Thales Alenia Space, revient au centre des préoccupations. L'idée d'une préférence européenne consiste à réserver une part des marchés publics spatiaux à des entreprises basées dans l'Union, afin de sécuriser leurs carnets de commandes et de préserver la souveraineté technologique du continent. ## Les arguments en faveur d'une préférence européenne Pour ses défenseurs, la préférence européenne ne relève pas du protectionnisme mais d'une logique de réciprocité. Les États-Unis appliquent depuis longtemps le Buy American Act, qui réserve une part importante des contrats fédéraux aux entreprises américaines. L'Europe, en ne s'alignant pas sur cette pratique, exposerait ses industriels à une concurrence jugée déloyale. Nicolas Gaume, dont la société Space Cargo Unlimited développe des solutions de transport spatial et de recherche en microgravité, estime que cette préférence permettrait de financer des projets innovants et de consolider une filière employant plusieurs dizaines de milliers de personnes. Le soutien à l'innovation, via des programmes comme Horizon Europe, est également cité comme un levier complémentaire pour maintenir la compétitivité. ## Les réserves et les débats en cours Cette approche ne fait toutefois pas l'unanimité. Certains acteurs redoutent que la préférence européenne ne ferme l'accès aux technologies étrangères ou ne renchérisse les coûts des programmes. D'autres soulignent que l'Europe doit d'abord clarifier sa stratégie globale, notamment sur les lanceurs réutilisables ou les constellations de satellites, avant de légiférer sur les achats. Le débat s'inscrit dans un calendrier institutionnel chargé, alors que l'Union européenne prépare son prochain cadre financier pluriannuel et que l'Agence spatiale européenne (ESA) doit statuer sur plusieurs programmes majeurs lors de sa prochaine conférence ministérielle. Les discussions du Sommet de l'espace pourraient alimenter les arbitrages à venir. ## Un enjeu de souveraineté et de compétitivité Au-delà des aspects budgétaires, la question de la préférence européenne touche à la souveraineté du continent. Les capacités spatiales sont devenues indispensables à la défense, aux télécommunications, à l'observation climatique et à la navigation. Dépendre d'acteurs extra-européens pour ces infrastructures critiques expose l'Europe à des risques stratégiques. La réflexion engagée lors du Sommet de l'espace du 10 septembre s'inscrit donc dans un mouvement plus large de réaffirmation des intérêts industriels européens, à l'image des débats sur les semi-conducteurs ou les batteries. Reste à savoir si les appels lancés par les professionnels se traduiront par des décisions concrètes.