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"Soit vous paniquez, soit vous vous adaptez aux circonstances": les automobilistes de Moscou craignent une nouvelle vague de pénurie de carburant après l'attaque d'une raffinerie de la région par des drones ukrainiens

Economie · · Par Julie MOREAU

Les automobilistes de Moscou redoutent une nouvelle vague de pénuries de carburant après l'attaque de drones ukrainiens contre la raffinerie de Iaroslavl, un si

Les automobilistes de Moscou redoutent une nouvelle vague de pénuries de carburant après l'attaque de drones ukrainiens contre la raffinerie de Iaroslavl, un site stratégique pour l'approvisionnement de la capitale russe. Alors que le gouvernement affirme que la situation s'améliore, l'interdiction des exportations d'essence reste en vigueur pour protéger le marché intérieur, laissant planer le doute sur la capacité du pays à répondre à la demande. ## Une attaque qui ravive les craintes d'une pénurie Jeudi dernier, une centaine de drones ukrainiens ont été abattus dans la région de Iaroslavl, au nord de Moscou. L'un d'eux a toutefois touché une raffinerie qui alimentait l'ensemble du nœud central russe, incluant la région de Moscou. Cet incident intervient après une série de frappes similaires qui avaient déjà provoqué des difficultés d'approvisionnement en juin dernier dans la capitale russe. Kiev a intensifié ces derniers mois ses attaques contre les infrastructures pétrolières russes, affirmant vouloir assécher une source de revenus majeure pour l'offensive russe lancée il y a quatre ans et demi. Pour les habitants de Moscou, cette stratégie a des conséquences directes sur leur quotidien, ravivant le souvenir des files d'attente et des stations-service à sec. ## Des automobilistes partagés entre inquiétude et résignation Dmitri, un entrepreneur sexagénaire, ne cache pas son exaspération. Interrogé par l'AFP ce mercredi 12 août alors qu'il remplissait le réservoir de sa Lexus après un quart d'heure d'attente dans une station de l'est de Moscou, il confie son pressentiment : "les pénuries de carburant sont pour longtemps" dans la capitale. "Et si la raffinerie de Iaroslavl ferme définitivement, alors qu'elle nous livrait l'essentiel du carburant ?", s'interroge-t-il, visiblement énervé. Anna, une fonctionnaire de l'éducation tout juste rentrée de vacances, dit avoir cherché la marque de carburant dont elle a besoin dès la veille. "Que faire ? Vous avez autre chose à me proposer ?", lance-t-elle à l'AFP, le visage fatigué. Son témoignage illustre la difficulté croissante de trouver certaines qualités d'essence dans les stations-service moscovites. ## L'adaptation comme seule stratégie Pavel, entrepreneur de 43 ans, adopte une tout autre approche. "Soit vous paniquez, soit vous vous adaptez aux circonstances", lance-t-il, se voulant plus rassurant. Pour lui, les pénuries de carburant ne toucheront pas la capitale de plein fouet. Cette position reflète une certaine résilience face à des perturbations récurrentes, mais aussi une forme de fatalisme face à une situation qui échappe au contrôle des citoyens. Le gouvernement russe, de son côté, maintient l'interdiction des exportations d'essence pour protéger son marché intérieur, tout en assurant que la situation s'améliore. Une communication officielle qui peine toutefois à convaincre une population confrontée aux réalités du terrain. ## Un enjeu stratégique pour la Russie Au-delà des désagréments quotidiens, ces attaques répétées contre les raffineries russes représentent un enjeu stratégique majeur. En ciblant ces infrastructures, Kiev cherche à affaiblir économiquement la Russie tout en perturbant l'approvisionnement en carburant des forces armées russes. La raffinerie de Iaroslavl, qui alimente l'ensemble du nœud central russe, constitue un objectif particulièrement sensible. Les conséquences économiques pourraient être significatives si ces perturbations devaient s'intensifier. Le prix des carburants, déjà sous pression, pourrait connaître de nouvelles hausses, alimentant l'inflation et fragilisant le pouvoir d'achat des ménages russes. Pour l'instant, la situation reste sous contrôle, mais la menace d'une nouvelle vague de pénuries plane sur la capitale russe.