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# SNCF : Une grève historique, des défis multiples pour l'entreprise ferroviaire Le 10 juin dernier, la SNCF a connu l'une des mobilisations sociales les plus s
# SNCF : Une grève historique, des défis multiples pour l'entreprise ferroviaire
Le 10 juin dernier, la SNCF a connu l'une des mobilisations sociales les plus suivies depuis 2022, avec 60% de conducteurs grévistes et 63% des contrôleurs, selon un document interne que BFM Business s'est procuré. Malgré le recours à des volontaires pour pallier les absences, la direction de l'entreprise ferroviaire reconnaît une "mobilisation soutenue". L'intersyndicale doit se réunir ce jeudi pour décider de la suite du mouvement, alors que la SNCF fait face à une série de défis structurels et conjoncturels.
## Un mouvement social d'ampleur inédite
Cette grève unitaire, la première de l'ère Castex à la tête de la SNCF, intervient dans un contexte de tensions persistantes sur les conditions de travail et les rémunérations. Face aux accusations de "dumping social" portées par les syndicats, la direction réfute toute dégradation des conditions d'emploi, affirmant que "l'on ne peut plus être monolithiques comme du temps du monopole". Le taux de participation record, notamment chez les contrôleurs, témoigne d'un mécontentement profond au sein des catégories de personnel en contact direct avec les voyageurs.
Les syndicats dénoncent notamment une détérioration des conditions de travail liée à l'ouverture à la concurrence, tandis que la direction argue de la nécessité d'adapter l'entreprise à un environnement concurrentiel. Ce conflit s'inscrit dans un calendrier social chargé, alors que d'autres mouvements sont également observés à la RATP et chez Air France.
## Des retards technologiques et des investissements colossaux
Parallèlement à ce climat social tendu, la SNCF doit gérer des défis technologiques majeurs. Le très attendu TGV M, qui devait être lancé en juillet sur la ligne Paris-Marseille, ne sera finalement pas mis en service avant septembre, selon une confirmation de la direction. Ce nouveau retard, qui repousse encore l'arrivée de ce matériel censé révolutionner le confort des voyageurs, intervient alors que les trains actuels montrent leurs limites face aux conditions climatiques extrêmes.
Les épisodes caniculaires récents ont en effet mis en lumière la vulnérabilité du réseau ferroviaire français. Les rails peuvent atteindre jusqu'à 70 degrés, et la climatisation des trains ne dispose que de 30 minutes d'autonomie en cas de coupure de courant. Ces contraintes techniques ont conduit à des situations catastrophiques, comme ce TGV bloqué en rase campagne vers Lyon, avec une climatisation coupée et des voyageurs en détresse, arrivé finalement avec sept heures de retard.
## Des choix stratégiques controversés
Face à ces difficultés, la SNCF multiplie les annonces. L'entreprise a récemment suspendu l'amende de 200 euros infligée à une passagère qui avait ouvert une issue de secours dans un TGV immobilisé en plein cagnard, "pour tenir compte du contexte et de la tension liée à la situation". Par ailleurs, Ouigo Train classique a mis en vente 50.000 billets à 9 euros vers 19 villes, les 27 et 28 mai, avec un message sans équivoque : "Il n'y en aura pas pour tout le monde".
Sur le plan financier, l'État va devoir ponctionner toujours plus de bénéfices à la SNCF pour régénérer le réseau, à hauteur de près de 15 milliards d'euros jusqu'en 2033, une situation qualifiée de "véritable hold-up" par certains observateurs. Enfin, les nouveaux trains Oxygène destinés à la ligne Paris-Clermont, qualifiée de "ligne maudite", arriveront bien l'an prochain mais avec quelques mois de retard supplémentaires, compromettant leur mise en service initialement prévue pour les Jeux de Paris.