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Smartphones, routes, bâtiments… Le monde est accro au sable

Economie · · Par Julie MOREAU

Smartphones, routes, bâtiments… Le monde est accro au sable

## Le sable, deuxième ressource la plus consommée au monde après l'eau Le sable est partout : dans les smartphones, les routes, les bâtiments, mais aussi dans l

## Le sable, deuxième ressource la plus consommée au monde après l'eau Le sable est partout : dans les smartphones, les routes, les bâtiments, mais aussi dans les cosmétiques, le verre ou les puces électroniques. Selon les données relayées par BFM Business, cette matière première est devenue la deuxième ressource la plus consommée au monde après l'eau, une dépendance qui soulève des enjeux économiques et environnementaux majeurs. ## Une consommation mondiale en pleine explosion Chaque année, entre 40 et 50 milliards de tonnes de sable et de granulats seraient extraites à travers le monde, selon des estimations régulièrement citées par les organisations internationales. Ce volume dépasse largement la capacité de renouvellement naturel des gisements. La construction représente à elle seule l'essentiel de cette demande : le béton, composé de sable, de gravier, de ciment et d'eau, demeure le matériau le plus utilisé sur la planète après l'eau. Les infrastructures routières, les logements et les ouvrages d'art consomment des quantités colossales de granulats, dont le sable constitue la base. ## Le sable, matière première stratégique de la tech L'industrie technologique dépend également de cette ressource. Le verre des écrans de smartphones, des tablettes et des ordinateurs est fabriqué à partir de sable siliceux fondu à très haute température. Les fibres optiques, qui acheminent les données d'internet à travers le monde, reposent sur le même matériau. Même les puces électroniques, dont la fabrication mobilise des procédés de plus en plus sophistiqués, nécessitent du silicium, dérivé du sable. Cette omniprésence explique pourquoi la demande ne cesse de croître, portée par la transition numérique et l'équipement massif des ménages. ## Une ressource pas si inépuisable Contrairement à une idée répandue, tous les sables ne se valent pas. Le sable du désert, trop lisse et arrondi par l'érosion éolienne, ne convient pas à la fabrication du béton. Les industriels privilégient le sable marin ou fluvial, plus anguleux et donc plus agréable à lier. Cette spécificité alimente une exploitation intensive des littoraux et des fonds marins, avec des conséquences documentées : érosion des plages, perturbation des écosystèmes aquatiques et tensions géopolitiques dans certaines régions du globe. Des pays ont déjà restreint ou interdit l'exportation de leur sable pour protéger leurs ressources. ## Quelles alternatives pour demain ? Face à cette pression, plusieurs pistes sont explorées. Le recyclage du béton de démolition, encore marginal, pourrait réduire la demande de sable vierge. Des chercheurs travaillent également sur des matériaux de substitution, comme le sable issu de déchets miniers ou de verre concassé. Mais ces solutions restent coûteuses et difficiles à déployer à grande échelle. Selon les analystes, la transition vers une économie plus circulaire du sable prendra plusieurs décennies, à condition que les réglementations se durcissent. La dépendance mondiale au sable illustre une réalité économique simple : derrière les technologies les plus avancées et les infrastructures les plus modernes se cache une ressource naturelle commune, bon marché et longtemps considérée comme inépuisable. Sa raréfaction progressive pourrait, à terme, peser sur les coûts de construction et sur le prix des équipements électroniques. Un enjeu que les pouvoirs publics commencent tout juste à intégrer dans leurs stratégies de sobriété matérielle.