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Simplifier la vie des pilotes, forcer l'ennemi à se découvrir... L'armée de l'Air développe l'intelligence artificielle dans ses avions Rafale et Mirage pour un "combat collaboratif" encore plus éclair

Economie · · Par Julie MOREAU

Simplifier la vie des pilotes, forcer l'ennemi à se découvrir... L'armée de l'Air développe l'intelligence artificielle dans ses avions Rafale et Mirage pour un

## L'armée de l'Air française mise sur l'intelligence artificielle embarquée pour accélérer le combat collaboratif L'armée de l'Air et de l'Espace poursuit l'in

## L'armée de l'Air française mise sur l'intelligence artificielle embarquée pour accélérer le combat collaboratif L'armée de l'Air et de l'Espace poursuit l'intégration de l'intelligence artificielle à bord de ses avions de chasse. Selon les informations rapportées par BFM Business, des tests approfondis sont déjà menés sur deux appareils stationnés sur la base aérienne de Mont-de-Marsan, dans les Landes, dans le cadre d'une stratégie visant à transformer en profondeur la manière de conduire les opérations aériennes. ## HypAIRion, un projet fédérateur lancé en juillet Le projet baptisé HypAIRion, lancé en juillet dernier, a pour vocation de regrouper l'ensemble des initiatives françaises liées à l'intégration de l'intelligence artificielle sur les aéronefs. Le colonel Cédric, chef du bureau développement capacitaire de l'état-major de l'armée de l'Air et de l'Espace, résume la trajectoire visée : les futurs avions de chasse seront, selon lui, de « véritables ordinateurs qui volent ». Cette ambition s'inscrit dans une logique capacitaire où l'IA ne se substitue pas au pilote, mais vient l'assister dans le traitement d'un volume croissant d'informations et dans la prise de décision en environnement complexe. ## Deux Mirage 2000 transformés en bancs d'essai Concrètement, deux Mirage 2000 sont « en train d'être transformés en bancs d'essai IA » sur la base de Mont-de-Marsan, selon les éléments communiqués. Ces appareils servent de plateformes d'expérimentation pour valider des briques technologiques avant leur intégration sur des aéronefs plus récents, comme le Rafale. L'objectif affiché par l'armée est de faire voler des drones aux côtés d'avions de chasse « à horizon 2028 », dans le cadre de ce que l'institution nomme le « combat collaboratif ». Dès le mois de juillet, Dassault a annoncé avoir « simulé une passe de tir » sur un radar localisé à « plusieurs dizaines de kilomètres » par un drone développé par la start-up Harmattan AI, illustrant la maturité progressive de ces concepts. ## Le drone de combat collaboratif, un « avion de chasse simplifié » Interrogé sur la nature de ces drones, le colonel Cédric les décrit comme « un avion de chasse simplifié et sans pilote, plus simple et surtout moins cher ». Leur rôle tactique est multiple : « Ils vont forcer l'ennemi à allumer ses radars et à se dévoiler. Ils vont pouvoir porter des armements et surtout ils permettent de faire prendre des risques uniquement à la plateforme inhabitée et non à la plateforme habitée », explique-t-il lors d'un point presse début octobre. Cette logique d'attrition maîtrisée vise à préserver les plateformes habitées et leurs équipages, tout en augmentant la masse et la réactivité des forces engagées. ## Une assistance croissante au pilote Au-delà des drones, l'intelligence artificielle doit progressivement « assister » le pilote dans ses tâches. L'enjeu consiste à alléger la charge cognitive dans un environnement où les capteurs, les liaisons de données et les menaces se multiplient. La base aérienne 120 de Cazaux, dans le sud-ouest de la France, a par ailleurs accueilli le 29 janvier 2026 un exercice impliquant un Rafale, illustrant la continuité des entraînements liés à ces nouvelles capacités. ## Un calendrier encore à consolider Si l'échéance de 2028 pour le vol de drones aux côtés d'avions de chasse est avancée par l'état-major, plusieurs étapes techniques et industrielles restent à franchir, notamment en matière de fiabilité, de certification et d'intégration dans la chaîne de commandement. Le projet HypAIRion constitue la colonne vertébrale de cette montée en puissance. Pour l'armée de l'Air et de l'Espace, l'objectif est clair : disposer d'un avantage opérationnel face à des adversaires de plus en plus équipés de systèmes numériques avancés.