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"Si vous êtes malades, vous ne payez plus d’impôt, est-ce normal?": le gouvernement veut supprimer des exonérations fiscales de certains arrêts maladie pour récupérer près d’un milliard d’euros

Economie · · Par Julie MOREAU

## Le gouvernement cible les exonérations fiscales sur les arrêts maladie Le débat sur la fiscalisation des arrêts maladie refait surface. Dans le cadre du budg

## Le gouvernement cible les exonérations fiscales sur les arrêts maladie Le débat sur la fiscalisation des arrêts maladie refait surface. Dans le cadre du budget 2027, l'exécutif envisage de supprimer certaines exonérations d'impôt sur le revenu dont bénéficient les indemnités journalières versées lors de certains arrêts. Objectif affiché : récupérer près d'un milliard d'euros, alors que la facture totale des arrêts maladie pour la Sécurité sociale a dépassé les 16 milliards d'euros en 2025, selon les chiffres cités par BFM Business. ## Une mesure déjà tentée l'an passé Ce n'est pas la première fois que le gouvernement explore cette piste. L'exécutif avait déjà tenté de fiscaliser les arrêts maladie dans le budget précédent, sans succès. Il remet donc le sujet sur la table, dans un contexte budgétaire contraint où Bercy cherche à réaliser 2 milliards d'euros d'économies sur les arrêts maladie d'ici 2027. Interrogé sur France Inter, le ministre de l'Économie Roland Lescure a défendu l'approche gouvernementale en ces termes : « On supprime un certain nombre de niches. (...) Aujourd'hui, si vous travaillez, vous payez l'impôt. Si vous êtes malades demain, vous ne payez plus d'impôt. Est-ce normal ? » ## Ce qui est réellement exonéré La formule du ministre mérite toutefois d'être précisée. Contrairement à ce qu'elle pourrait laisser entendre, la grande majorité des arrêts maladie ne bénéficient d'aucune exonération. Les indemnités journalières versées par la Sécurité sociale lors d'un arrêt maladie classique sont imposables à 100 %, au même titre que les salaires qu'elles remplacent. Les exceptions concernent des situations spécifiques. Les indemnités versées aux personnes souffrant d'une affection de longue durée (ALD) — certains cancers, la sclérose en plaques notamment — sont totalement exonérées d'impôt sur le revenu. Celles versées après un accident du travail ou une maladie professionnelle sont imposables à hauteur de 50 %. C'est donc essentiellement à ces exonérations ciblées que le gouvernement souhaite s'attaquer, et non à l'ensemble des indemnités, déjà fiscalisées pour la plupart. ## Le patronat réclame davantage De son côté, le patronat pousse pour aller plus loin. Les organisations d'employeurs réclament la fin du remboursement des « petits » arrêts, arguant de la nécessité de lutter contre les abus. Une position qui dépasse le seul enjeu fiscal et touche à l'organisation même de l'assurance maladie. La suppression de l'ensemble des exonérations visées rapporterait près d'un milliard d'euros, soit la moitié des 2 milliards d'économies recherchées. Le reste des pistes d'économies n'a pas été détaillé à ce stade. ## Un enjeu budgétaire et social Le sujet illustre la tension entre impératif budgétaire et protection des malades. Fiscaliser des indemnités liées à des pathologies lourdes pourrait susciter des débats sensibles, notamment sur l'équité du dispositif. Le gouvernement devra convaincre le Parlement lors de l'examen du budget 2027, après un premier échec. Les arbitrages à venir préciseront quelles exonérations seront effectivement supprimées et quelles populations seraient concernées.