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«Si on était parties 5 minutes plus tôt, on aurait été avalées» : le témoignage glaçant d’une Française de 22 ans prise au piège des inondations au Népal

Une · · Par Claire BERNARD

«Si on était parties 5 minutes plus tôt, on aurait été avalées» : le témoignage glaçant d’une Française de 22 ans prise au piège des inondations au Népal

Les routes népalaises, habituellement théâtre d’un ballet incessant de bus et de camions entre la vallée de Katmandou et les plaines du Teraï, sont devenues le

Les routes népalaises, habituellement théâtre d’un ballet incessant de bus et de camions entre la vallée de Katmandou et les plaines du Teraï, sont devenues le décor d’un cauchemar éveillé pour une jeune Française. Lilah, 22 ans, a vu la chaussée qu’elle empruntait avec son amie Anisha être littéralement avalée par une crue soudaine, un événement dont les causes précises restent à déterminer mais qui pourrait être lié à un séisme en amont. Selon les informations rapportées par *Le Figaro*, qui a pu joindre la jeune femme par téléphone, le récit de cette journée de terreur illustre la violence imprévisible des caprices de la nature en période de mousson. ### Une matinée ordinaire bascule dans l’urgence Parties à 7h30 (heure locale) ce mercredi matin de la région de Chitwan, Lilah et son amie Anisha, cette dernière étant d’origine népalaise, avaient pour objectif de rejoindre Katmandou en bus afin d’y attraper leur vol retour vers Paris. Après plusieurs semaines passées à Pokhara puis dans le parc national de Chitwan, le voyage touchait à sa fin et les deux jeunes femmes pensaient vivre les dernières heures d’une aventure d’un mois. Selon le témoignage recueilli, le premier signe d’alerte n’a rien eu de spectaculaire : une eau brunâtre et boueuse qui envahissait progressivement la route. « Pour nous, au premier abord, c’était de la pollution », a confié Lilah, croyant à un simple désagrément lié aux pluies torrentielles de la mousson, avant de réaliser que le phénomène était d’une tout autre ampleur. La situation s’est dégradée en l’espace de quelques minutes. Bloquées sur une portion de route devenue impraticable, les deux amies ont assisté, impuissantes, à l’effondrement de la chaussée par endroits sous la force du courant. L’eau, montée soudainement et avec une puissance dévastatrice, a transformé le paysage familier en un piège mortel. Lilah a livré une phrase terrible pour décrire l’étroitesse de leur salut : « Si on était parties 5 minutes plus tôt, on aurait été avalées ». Cette déclaration, rapportée par le média français, souligne la fragilité de la frontière entre la vie et la mort dans ces circonstances extrêmes, où la temporalité du départ a joué un rôle crucial. ### Des heures d’angoisse sans réseau ni secours Pendant plusieurs heures, les deux jeunes femmes sont restées bloquées, sans réseau téléphonique, dans l’incapacité de contacter les secours ou leurs proches. Cette coupure du monde extérieur a considérablement accru l’angoisse, les laissant dans l’ignorance totale de l’ampleur du désastre qui frappait le pays. Selon les éléments rapportés par *Le Figaro*, c’est seulement après avoir réussi à sortir de cette zone sinistrée qu’elles ont pris conscience de la catastrophe nationale en cours. Les autorités népalaises, submergées par l’ampleur des événements, peinaient à organiser des opérations de secours efficaces dans des zones devenues inaccessibles. Les causes exactes de cette crue dévastatrice n’ont pas encore été officiellement établies. Cependant, selon les déclarations du ministre népalais des Affaires étrangères, Shishir Khanal, une hypothèse privilégiée émerge : un séisme pourrait avoir provoqué un glissement de terrain qui a obstrué le lit d’une rivière en amont. Cette obstruction aurait créé un barrage naturel temporaire, dont la rupture soudaine aurait entraîné une montée des eaux extrêmement puissante et rapide en aval, surprenant tous les usagers de la route. Cette théorie, rapportée par la presse, reste à confirmer par des études géologiques approfondies, mais elle expliquerait la soudaineté et la violence du phénomène observé par Lilah et Anisha. ### Un pays vulnérable face à la mousson Cet incident s’inscrit dans un contexte plus large de vulnérabilité chronique du Népal face aux aléas climatiques et géologiques. La mousson, qui s’étend généralement de juin à septembre, apporte des précipitations intenses qui fragilisent les sols et font gonfler les rivières himalayennes. Combinée à une activité sismique régulière dans cette région de collision tectonique, la menace est permanente pour les infrastructures routières, souvent construites le long de vallées escarpées. *Le Figaro* souligne d’ailleurs que des centaines de voyageurs se trouvaient dans cette région de l’Himalaya en pleine mousson, un afflux touristique qui complique les opérations de recensement et de sauvetage. La question de la sécurité des voyageurs étrangers se pose avec une acuité renouvelée à la lumière de ce témoignage. Les circuits touristiques populaires, comme celui emprunté par Lilah entre Chitwan et Katmandou, passent par des axes routiers particulièrement exposés aux risques naturels. Les autorités népalaises, conscientes de ces dangers, tentent de mettre en place des systèmes d’alerte précoce, mais la topographie extrême du pays et le manque de moyens financiers limitent considérablement leur efficacité. Pour Lilah, le traumatisme restera profond, mais la jeune femme mesure la chance d’avoir échappé au pire, un sentiment partagé par sa famille et ses proches, qui ont attendu des heures avant d’avoir de ses nouvelles.