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"Si les banques s'effondrent, c'est l'Autorité palestinienne qui s'effondre": des banques israéliennes menacent de couper des services vitaux aux banques palestiniennes

Economie · · Par Julie MOREAU

# Menace de rupture bancaire : l'économie palestinienne au bord de l'asphyxie Des banques israéliennes ont notifié à leurs homologues palestiniennes leur intent

# Menace de rupture bancaire : l'économie palestinienne au bord de l'asphyxie Des banques israéliennes ont notifié à leurs homologues palestiniennes leur intention de rompre prochainement des services de correspondance bancaire essentiels, une décision qui pourrait provoquer un séisme économique en Cisjordanie. Selon des responsables du secteur bancaire palestinien cités par BFM Business, certaines institutions pourraient perdre cet accès dès la mi-août, tandis que les autres seraient concernées à compter du 1er septembre. "Si les banques s'effondrent, c'est l'Autorité palestinienne qui s'effondre", résume un haut responsable du secteur, illustrant la gravité de la situation. ## Un dispositif temporaire devenu structurel mais fragilisé Les banques israéliennes invoquent officiellement le risque croissant d'être exposées à des poursuites liées à leurs opérations avec leurs homologues palestiniennes. Pourtant, selon plusieurs responsables du secteur, c'est surtout l'instabilité persistante de ce mécanisme, conçu à l'origine comme temporaire, qui pousse les établissements à vouloir s'en retirer. "Les risques ont augmenté au fil des années", confie un haut responsable du secteur bancaire, soulignant que ce qui devait être une solution provisoire s'est transformé en arrangement durable, sans cadre juridique stabilisé. Ces services de correspondance bancaire sont pourtant vitaux : ils permettent de financer les importations en provenance d'Israël vers le territoire palestinien, notamment l'électricité et les produits alimentaires. Sans eux, l'économie palestinienne, déjà fragilisée, risquerait une paralysie quasi immédiate. Le ministère israélien des Finances a reconnu mercredi que "compte tenu du niveau global de risque et des inquiétudes croissantes concernant d'éventuelles poursuites civiles, les banques israéliennes ont récemment annoncé leur intention de cesser de fournir des services de correspondance bancaire". ## Des négociations en urgence pour éviter l'effondrement Face à cette menace, des discussions sont en cours entre le ministère israélien des Finances et les deux principales banques concernées, Bank Hapoalim et Discount Bank. L'objectif affiché est de trouver une solution permettant de "poursuivre les activités de correspondance bancaire de manière sûre et responsable, tout en préservant les intérêts" israéliens. "Tout le monde semble chercher des solutions, car les deux parties comprennent l'importance de ces relations", a indiqué un haut responsable du secteur, cité par BFM Business. L'enjeu dépasse largement le cadre bancaire : c'est l'ensemble de l'architecture économique et politique de l'Autorité palestinienne qui est en jeu. Sans accès aux services bancaires israéliens, les importations deviendraient impossibles, les salaires des fonctionnaires ne pourraient plus être versés, et l'État palestinien verrait ses capacités de financement réduites à néant. La question sécuritaire, également, est centrale : un effondrement économique en Cisjordanie aurait des répercussions directes sur la stabilité régionale. ## Une crise aux implications géopolitiques majeures Cette menace intervient dans un contexte déjà tendu, où les relations entre Israël et l'Autorité palestinienne sont au plus bas. La question bancaire, bien que technique, cristallise les fragilités d'un système où l'économie palestinienne demeure structurellement dépendante des infrastructures israéliennes. Les banques israéliennes, de leur côté, redoutent des poursuites civiles, notamment aux États-Unis, pour leurs transactions avec des entités palestiniennes potentiellement liées à des organisations considérées comme terroristes. La mi-août et le 1er septembre constituent désormais des dates butoirs. Si aucun accord n'est trouvé d'ici là, la rupture des services de correspondance bancaire provoquerait une crise sans précédent, dont les conséquences économiques et politiques pourraient déstabiliser durablement la région. Les discussions en cours, bien que qualifiées de "constructives" par les parties prenantes, n'ont pour l'heure pas abouti à une solution définitive.