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Le rachat de SFR par ses concurrents pourrait se solder par une hécatombe sociale. Selon les déclarations rapportées par BFM Business, « la seule chose qui inté
Le rachat de SFR par ses concurrents pourrait se solder par une hécatombe sociale. Selon les déclarations rapportées par BFM Business, « la seule chose qui intéresse les trois opérateurs, c'est de récupérer le chiffre d'affaires de SFR », une dynamique qui transformerait l'opération en « casse sociale monstrueuse », avec potentiellement deux tiers des emplois menacés. La maison-mère de l'opérateur au carré rouge, Altice France, a conclu en juin un protocole d'accord avec Orange, Free et Bouygues Telecom pour céder l'entreprise, dans le cadre d'une transaction dépassant les 20 milliards de dollars. Ce montant, colossal, ne doit pas occulter les répercussions humaines d'un tel désengagement.
## Un précédent historique lourd de conséquences
Le spectre d'une restructuration massive n'est pas une hypothèse d'école. L'histoire récente de SFR est jalonnée de plans sociaux successifs qui ont érodé les effectifs. En mars 2021, la direction prévoyait jusqu'à 1 700 départs volontaires sur l'année, un chiffre déjà significatif. Les syndicats avaient alors dénoncé « un scandale social, économique et financier ». En septembre 2021, une victoire judiciaire avait été enregistrée par les organisations syndicales, suivie d'une proposition de médiation à la direction fin septembre. Le 1er octobre, la direction retirait sa demande d'homologation du plan de départs, avant que l'administration ne valide finalement ledit plan le 19 novembre 2021. Ce feuilleton judiciaire illustre la tension permanente autour de l'emploi chez l'opérateur.
## Des actifs stratégiques et des emplois en jeu
Au-delà des effectifs, c'est la question des infrastructures qui se pose. L'opérateur a historiquement investi dans des actifs physiques majeurs, notamment le réseau fibre et mobile. En décembre 2020, SFR avait lancé la 5G à Lyon, passant outre les réticences de la majorité écologiste, avec un objectif affiché de couvrir 120 villes françaises avant la fin de l'année. Cet appétit pour le déploiement technologique contraste avec la réalité des effectifs. Les récents incidents techniques, comme le bug sur le réseau mobile d'Orange rendant des abonnés injoignables depuis des numéros SFR en octobre 2021, ou les antennes dégradées dans le Tarn affectant 30 000 abonnés Bouygues Telecom et SFR, rappellent la fragilité opérationnelle du secteur.
## Un calendrier politique et social sous tension
La gouvernance d'Altice France a également connu des bouleversements. Alain Weill a quitté ses fonctions de PDG d'Altice France et de SFR au 1er juillet 2021. Ce départ, couplé aux négociations de cession, crée un vide stratégique propice aux inquiétudes. Les débrayages de juin 2021 contre les suppressions de postes avaient déjà montré la mobilisation des salariés. Si le protocole d'accord de juin venait à être confirmé, le sort des équipes de SFR dépendrait de la capacité des repreneurs à mutualiser leurs activités sans sacrifier les emplois. Les analystes interrogés par BFM Business estiment que les synergies recherchées par Orange, Free et Bouygues Telecom passeraient nécessairement par des réductions drastiques de postes, notamment dans les fonctions support et commerciales.
## Un avenir incertain pour les salariés
Les syndicats redoutent un scénario où les trois opérateurs se partageraient les parts de marché et les fréquences, laissant de côté les salariés. Le précédent des 1 700 départs volontaires de 2021 pourrait n'être qu'un prélude. Les négociations à venir s'annoncent donc cruciales. Les représentants du personnel devront peser de tout leur poids pour obtenir des garanties sur l'emploi, alors que la direction d'Altice France, engagée dans une opération financière majeure, pourrait privilégier la valeur actionnariale au détriment du capital humain. La vigilance reste de mise, et les prochaines semaines seront décisives pour déterminer si cette cession se traduira par une restructuration brutale ou par un accompagnement social négocié.