Serge De Senti (VB-Tech) : Une startup crée un jumeau numérique du cerveau - 14/09

## VB-Tech présente un jumeau numérique du cerveau : entre promesse médicale et questions éthiques La startup VB-Tech, dirigée par Serge De Senti, a présenté le
## VB-Tech présente un jumeau numérique du cerveau : entre promesse médicale et questions éthiques
La startup VB-Tech, dirigée par Serge De Senti, a présenté le 14 septembre un projet de jumeau numérique du cerveau, une technologie qui vise à modéliser le fonctionnement cérébral grâce à l'intelligence artificielle et à des données médicales massives. L'annonce, relayée dans l'émission Tech & Co de BFM Business, s'inscrit dans un contexte où les applications médicales de l'IA suscitent un intérêt croissant, mais aussi des interrogations sur la protection des données les plus sensibles qui soient.
## Une modélisation au service de la médecine prédictive
Selon les éléments présentés par Serge De Senti lors de son passage sur BFM Business, le jumeau numérique du cerveau consiste à créer une réplique virtuelle et personnalisée du cerveau d'un patient, alimentée par des données d'imagerie, des signaux électriques et des historiques cliniques. Cette réplique permettrait, en théorie, de simuler la réaction d'un cerveau à un traitement donné avant son administration réelle, ou d'anticiper l'évolution de pathologies neurodégénératives. La promesse est celle d'une médecine plus prédictive et personnalisée, capable de réduire les essais thérapeutiques coûteux et les effets indésirables. VB-Tech rejoint ainsi un mouvement de fond dans lequel plusieurs acteurs internationaux, notamment aux États-Unis et en Chine, explorent des jumeaux numériques appliqués à d'autres organes, comme le cœur ou le foie. Le cerveau, par sa complexité, reste toutefois le défi le plus ambitieux de cette approche.
## Un contexte réglementaire encore mouvant
La présentation de VB-Tech intervient à un moment charnière pour la régulation de l'intelligence artificielle en Europe. Le débat sur la souveraineté numérique, illustré le même jour par l'intervention de Virginie Rozière, représentante du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, souligne les tensions autour de la maîtrise des données de santé. Par ailleurs, la même émission Tech & Co évoquait la demande formulée par OpenAI, Google et Anthropic en faveur d'un gendarme de l'IA, signe que les acteurs eux-mêmes reconnaissent la nécessité d'un encadrement. Dans ce paysage, un jumeau numérique du cerveau soulève des questions spécifiques : à qui appartiennent les données cérébrales d'un patient ? Comment garantir qu'elles ne soient ni revendues ni exploitées à des fins commerciales ? Le cadre européen, entre RGPD et futur règlement sur l'IA, devra trancher ces points.
## Les limites scientifiques et les attentes à tempérer
Si l'annonce de VB-Tech a de quoi séduire, elle appelle à la prudence. La modélisation complète du cerveau humain reste, à ce jour, hors de portée des technologies disponibles. Les neurosciences peinent encore à comprendre le fonctionnement global du réseau neuronal, et aucun jumeau numérique ne saurait reproduire fidèlement la plasticité cérébrale, les émotions ou la conscience. Les projets existants, qu'ils soient académiques ou industriels, se concentrent sur des sous-ensembles fonctionnels, comme la prédiction de crises d'épilepsie ou la cartographie de zones lésées. Serge De Senti n'a pas précisé, dans les extraits disponibles, le périmètre exact couvert par le jumeau de VB-Tech, ni le calendrier de déploiement clinique. Ces précisions seront déterminantes pour évaluer la portée réelle de l'innovation.
## Un enjeu de confiance autant que de technologie
Au-delà de la performance technique, l'adoption d'un tel outil dépendra de la confiance des patients, des médecins et des régulateurs. La comparaison avec le dossier LG, évoqué le même jour dans Tech & Co, est éclairante : les accusations d'espionnage visant certains téléviseurs, démenties par le fabricant, montrent à quel point la collecte de données personnelles reste un sujet inflammable. Appliquée au cerveau, cette sensibilité atteint son paroxysme. VB-Tech devra donc non seulement démontrer la validité scientifique de son jumeau numérique, mais aussi bâtir un cadre de transparence et de consentement à la hauteur des enjeux. La startup de Serge De Senti a posé une ambition forte ; reste à voir si les preuves suivront, et si la régulation saura accompagner sans étouffer une innovation aux promesses médicales réelles.