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Serge De Senti, président de VB-Tech – 14/09

Economie · · Par Julie MOREAU

Serge De Senti, président de VB-Tech – 14/09

La conception d'un jumeau numérique du cerveau humain a été au cœur des discussions ce lundi 14 septembre dans l'émission Tech & Co, la quotidienne, diffusée su

La conception d'un jumeau numérique du cerveau humain a été au cœur des discussions ce lundi 14 septembre dans l'émission Tech & Co, la quotidienne, diffusée sur BFM Business. Serge De Senti, président de VB-Tech, était l'invité de François Sorel pour évoquer cette avancée technologique à la croisée des neurosciences et de l'intelligence artificielle. Un sujet qui s'inscrit dans un contexte où la modélisation du vivant suscite autant d'espoirs thérapeutiques que d'interrogations éthiques. ## Un concept au croisement de plusieurs disciplines Le jumeau numérique du cerveau désigne la réplique informatique d'un organe biologique, capable de simuler son fonctionnement en temps réel à partir de données collectées. Selon les éléments évoqués lors de l'émission, cette approche s'appuie sur la convergence de l'imagerie médicale, de la puissance de calcul et des algorithmes d'apprentissage automatique. Serge De Senti, à la tête de VB-Tech, a présenté les contours de ce projet sans que le détail des financements ou des partenariats techniques n'ait été précisé lors de son passage. La question centrale reste de savoir jusqu'où une telle modélisation peut reproduire fidèlement la complexité du cortex humain. ## Des applications potentielles dans la santé Les jumeaux numériques d'organes sont déjà utilisés dans certains domaines, notamment pour simuler le comportement cardiaque ou anticiper la réponse d'une tumeur à un traitement. Appliquée au cerveau, la démarche ouvrirait la voie à des tests de molécules thérapeutiques sans recourir immédiatement à l'expérimentation animale ou humaine. Elle pourrait également servir à mieux comprendre des pathologies neurodégénératives comme Alzheimer ou Parkinson, dont les mécanismes restent partiellement inexpliqués. Ces perspectives demeurent toutefois au stade de la recherche et de l'expérimentation, aucun calendrier de déploiement clinique n'ayant été communiqué publiquement. ## Les limites techniques et éthiques La modélisation complète du cerveau se heurte à un obstacle majeur : la connaissance scientifique du fonctionnement neuronal reste parcellaire. Les quelque 86 milliards de neurones et leurs milliers de connexions synaptiques représentent une complexité que les supercalculateurs actuels peinent encore à simuler intégralement. À cela s'ajoutent des questions éthiques sur la protection des données cérébrales, leur confidentialité et l'usage qui pourrait en être fait. Le débat sur la neuroprotection commence à émerger dans les instances internationales, sans cadre juridique harmonisé à ce jour. ## Un écosystème français en structuration L'intervention de Serge De Senti s'inscrit dans une séquence médiatique plus large consacrée ce jour-là à la souveraineté numérique européenne et à l'impact de l'intelligence artificielle sur l'emploi. D'autres invités, parmi lesquels Virginie Rozière, ancienne directrice du numérique du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, ou encore les journalistes Bogdan Bodnar et Bruno Guglielminetti, ont participé aux débats. La France dispose de laboratoires et de start-up positionnés sur la modélisation du vivant, mais la concurrence internationale, notamment américaine et chinoise, reste intense sur ces technologies. La création d'un jumeau numérique du cerveau illustre la convergence croissante entre intelligence artificielle et recherche médicale. Si les promesses thérapeutiques sont réelles, leur concrétisation dépendra autant des avancées scientifiques que des choix éthiques et réglementaires qui encadreront ces travaux dans les prochaines années.