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Sénégal: malgré une décision de la Cour suprême, un gisement de zircon est toujours exploité

Monde · · Par Claire BERNARD

Sénégal: malgré une décision de la Cour suprême, un gisement de zircon est toujours exploité

# Sénégal : à Niafrang, l’exploitation du zircon se poursuit malgré l’annulation du permis par la Cour suprême Dans la région de Niafrang, en Casamance, dans le

# Sénégal : à Niafrang, l’exploitation du zircon se poursuit malgré l’annulation du permis par la Cour suprême Dans la région de Niafrang, en Casamance, dans le sud du Sénégal, un conflit oppose depuis plusieurs mois les communautés locales à la société minière G-SAND, une entreprise gambienne aux capitaux chinois. Selon des informations rapportées par RFI, la Cour suprême sénégalaise a annulé en décembre dernier le permis d’exploitation du gisement de zircon, mais l’extraction se poursuit sur le terrain, suscitant l’indignation des populations riveraines. ## Un permis d’exploitation annulé, une activité qui perdure La décision de la Cour suprême, rendue en décembre, aurait dû entraîner l’arrêt immédiat des opérations de G-SAND sur le site de Niafrang. Pourtant, selon des sources locales citées par RFI, les engins continuent de tourner et le minerai est toujours extrait. Cette situation crée un vide juridique préoccupant, d’autant plus que l’entreprise, basée en Gambie, échapperait en partie au contrôle des autorités sénégalaises. Les communautés locales, qui dénoncent depuis des années les impacts environnementaux et sanitaires de cette exploitation, se disent « vent debout » face à ce qu’elles considèrent comme un mépris de la justice. Le zircon, un minéral utilisé notamment dans l’industrie céramique et la joaillerie, est extrait dans des conditions qui soulèvent de nombreuses interrogations. Selon des associations environnementales, l’exploitation sans permis valide pourrait aggraver les risques de pollution des sols et des nappes phréatiques, déjà fragilisés dans cette région agricole. Les autorités sénégalaises, interrogées par RFI, n’ont pas encore communiqué officiellement sur les mesures qu’elles entendent prendre pour faire appliquer la décision de la Cour suprême. ## Un bras de fer entre justice et intérêts économiques Cette affaire illustre les difficultés du Sénégal à réguler l’exploitation de ses ressources minières, notamment dans des zones frontalières où les sociétés étrangères opèrent parfois en marge du cadre légal. Le gisement de Niafrang, situé à proximité de la frontière gambienne, représente un enjeu économique non négligeable pour G-SAND, mais aussi pour les communautés locales qui en tirent des revenus, souvent précaires. Cependant, l’annulation du permis par la plus haute juridiction du pays souligne l’illégalité de l’exploitation en cours. Des représentants des populations locales ont exprimé leur crainte que l’inertie des autorités ne transforme cette décision de justice en lettre morte. Selon des témoignages recueillis par RFI, les habitants de Niafrang redoutent une escalade des tensions si l’exploitation se poursuit sans contrôle. Certains évoquent des blocages de routes ou des occupations de site pour faire pression sur l’entreprise et l’État. ## Quelles perspectives pour la régulation minière au Sénégal ? Cette situation met en lumière les lacunes du système de contrôle des activités minières au Sénégal. Selon des experts cités par RFI, la décision de la Cour suprême devrait en principe être exécutée d’office, mais les moyens de contrainte sur le terrain semblent limités. L’affaire de Niafrang pourrait devenir un cas d’école pour le gouvernement sénégalais, qui cherche à renforcer l’attractivité de son secteur minier tout en garantissant le respect des normes environnementales et sociales. Alors que l’extraction se poursuit sans permis valide, les regards se tournent vers le ministère des Mines et celui de l’Environnement. Les prochaines semaines seront décisives pour déterminer si l’État sénégalais parvient à faire respecter sa propre justice, ou si l’affaire de Niafrang devient un symbole des limites de la régulation minière dans la sous-région. Les communautés locales, elles, attendent des actes concrets pour préserver leurs terres et leur santé.