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Sécurité, immigration... Bruno Retailleau peut capitaliser sur le régalien pour convaincre les Français

Une · · Par Claire BERNARD

Sécurité, immigration... Bruno Retailleau peut capitaliser sur le régalien pour convaincre les Français

Sécurité, immigration : le socle régalien de Bruno Retailleau face au défi économique, selon un sondage Figaro À dix mois de l’élection présidentielle de 2027,

Sécurité, immigration : le socle régalien de Bruno Retailleau face au défi économique, selon un sondage Figaro

À dix mois de l’élection présidentielle de 2027, le candidat des Républicains (LR) Bruno Retailleau semble avoir trouvé une assise solide sur les thématiques régaliennes, mais peine encore à convaincre les Français sur les questions économiques. C’est le principal enseignement d’un sondage Odoxa-Backbone réalisé pour Le Figaro, publié le 19 juin 2026, qui place le président du Sénat dans un « match à trois » avec Édouard Philippe et Gabriel Attal.

Un leadership incontesté sur la sécurité et l’immigration

Selon les résultats de cette enquête d’opinion, Bruno Retailleau est perçu comme le plus compétent des trois candidats présumés sur les sujets de sécurité et d’immigration. Sur la sécurité, 47 % des personnes interrogées lui accordent leur confiance, contre 27 % pour Édouard Philippe (Horizons) et 19 % pour Gabriel Attal (Renaissance). Le différentiel est encore plus marqué sur l’immigration : 46 % des sondés placent Bruno Retailleau en tête, tandis que ses deux concurrents recueillent chacun 23 % des suffrages.

Ces chiffres confirment une tendance observée depuis plusieurs mois dans la vie politique française. Le patron de LR a en effet fait du régalien le cœur de sa campagne, multipliant les propositions fermes sur la lutte contre l’insécurité et le contrôle des flux migratoires. Ce positionnement semble porter ses fruits auprès d’un électorat de droite et de centre-droit, qui le crédite d’une crédibilité certaine sur ces enjeux. D’après les données du sondage, cette perception est particulièrement forte chez les sympathisants de la droite et du centre, où Bruno Retailleau devance nettement ses rivaux.

Le talon d’Achille économique : fiscalité et pouvoir d’achat

Cependant, le président des Républicains reste en retrait sur les thématiques économiques, pourtant cruciales dans une campagne présidentielle. Sur la fiscalité, seulement 30 % des Français estiment qu’il serait le meilleur candidat, contre 37 % pour Édouard Philippe. Le maire du Havre semble capitaliser sur son expérience de Premier ministre et son image de gestionnaire libéral. De même, sur le pouvoir d’achat, Bruno Retailleau recueille 29 % des intentions, derrière Gabriel Attal (32 %) et Édouard Philippe (31 %).

Cette faiblesse relative sur le volet économique pourrait constituer un frein à son ambition présidentielle. Pour espérer distancer ses concurrents et élargir son socle électoral au-delà des seuls sympathisants LR, Bruno Retailleau devra probablement renforcer son discours sur les questions de fiscalité, de croissance et de protection du pouvoir d’achat. Le sondage suggère que son image de « candidat régalien » ne suffit pas, à ce stade, à le projeter en position de favori pour le second tour.

Un meeting pour tenter de briser le plafond de verre

C’est dans ce contexte que Bruno Retailleau organise, samedi 20 juin 2026, son premier grand meeting de campagne. Cet événement, très attendu par son camp, pourrait être l’occasion de dévoiler des propositions économiques plus précises et de tenter de convaincre les électeurs hésitants. Selon les analystes politiques, le candidat LR doit impérativement combler son retard sur les questions de pouvoir d’achat et de fiscalité s’il veut espérer rivaliser avec Édouard Philippe et Gabriel Attal.

Le sondage Odoxa-Backbone, réalisé auprès d’un échantillon représentatif de la population française, montre également que les trois hommes sont au coude-à-coude dans les intentions de vote pour le premier tour, sans qu’aucun ne parvienne à se détacher nettement. La capacité de Bruno Retailleau à capitaliser sur son avantage régalien tout en consolidant son offre économique pourrait donc faire la différence dans les mois à venir.

Alors que la campagne s’intensifie, la question centrale reste de savoir si le candidat LR parviendra à transformer l’essai sur le régalien en un capital politique suffisant pour aborder sereinement l’échéance de 2027. Les prochains déplacements et interventions du sénateur de la Vendée seront scrutés de près, notamment sur les thèmes où il est encore jugé moins crédible que ses concurrents.