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Sécheresse: "Les manques commencent à apparaître", souligne Daniel Sauvaitre, secrétaire général d'Interfel

Economie · · Par Julie MOREAU

Sécheresse:

La sécheresse qui frappe une large partie du territoire français commence à peser concrètement sur l'approvisionnement en fruits et légumes. Daniel Sauvaitre, s

La sécheresse qui frappe une large partie du territoire français commence à peser concrètement sur l'approvisionnement en fruits et légumes. Daniel Sauvaitre, secrétaire général d'Interfel, l'organisation interprofessionnelle des fruits et légumes frais, a alerté sur une situation qui se dégrade : « Les manques commencent à apparaître ». Un constat qui intervient alors que les épisodes de stress hydrique s'enchaînent depuis plusieurs semaines dans les bassins de production. ## Un déficit hydrique qui touche les volumes de production Selon les déclarations rapportées par BFM Business, les exploitations maraîchères et arboricoles subissent de plein fouet le manque d'eau. Les cultures les plus sensibles, comme les salades, les tomates ou encore les fruits à noyau, présentent des rendements en baisse. Les restrictions d'arrosage, imposées dans de nombreux départements par arrêté préfectoral, contraignent les producteurs à arbitrer entre les parcelles. Ce contexte pourrait entraîner une réduction de l'offre sur les étals dans les prochaines semaines, avec un impact direct sur les volumes disponibles pour les consommateurs. Les nappes phréatiques, déjà à des niveaux préoccupants dans certaines régions après un printemps sec, ne permettent pas de compenser les déficits. Les exploitants interrogés par la rédaction évoquent des « catastrophes assurées » pour certaines récoltes, comme le maïs dans l'Oise, mais aussi pour les cultures légumières de plein champ. La situation est particulièrement suivie dans le Sud-Est et le Sud-Ouest, où l'irrigation est essentielle à la production estivale. ## Des prix sous tension à la production et en rayon Cette raréfaction de l'offre pourrait mécaniquement se répercuter sur les prix. Les cours en gros, qui reflètent les volumes disponibles sur les marchés de Rungis et de province, enregistrent déjà des tensions sur plusieurs variétés. Les producteurs, confrontés à des coûts d'irrigation en hausse et à des charges énergétiques élevées, pourraient être contraints de répercuter ces augmentations. Interfel surveille de près l'évolution des indicateurs de marché, alors que la question du pouvoir d'achat reste un sujet sensible pour les ménages français. Les organisations professionnelles appellent à une anticipation des conséquences économiques. Au-delà de l'épisode estival, c'est la pérennité de certaines exploitations qui est en jeu. Les jeunes agriculteurs et les installations récentes, souvent plus endettées, apparaissent comme les plus vulnérables face à ce choc climatique. Les discussions autour des dispositifs d'indemnisation et des aides à l'investissement pour l'irrigation de précision pourraient s'intensifier dans les prochaines semaines. ## Un enjeu structurel pour la filière Au-delà de l'urgence immédiate, cette sécheresse interroge la résilience du modèle de production français. Les épisodes de stress hydrique, de plus en plus fréquents, obligent la filière à repenser ses pratiques. Le recours à des variétés plus résistantes, la modification des calendriers de plantation et l'optimisation des systèmes d'arrosage figurent parmi les pistes évoquées par les techniciens. Daniel Sauvaitre insiste sur la nécessité d'une vision à long terme, qui ne peut se limiter à des mesures ponctuelles. La filière fruits et légumes, qui emploie des dizaines de milliers de travailleurs saisonniers et permanents, joue un rôle clé dans l'économie agricole nationale. Son maintien en condition opérationnelle est un enjeu de souveraineté alimentaire. Les prochaines semaines seront décisives pour évaluer l'ampleur réelle des pertes. Les services de l'État, en lien avec les chambres d'agriculture, devraient publier des bilans plus précis à la fin de l'été. En attendant, les consommateurs pourraient observer une évolution des étiquetages et des origines sur les produits frais, avec une part croissante d'importations si la production hexagonale venait à manquer.