Sébastien Lecornu annonce un plan de relance compris "entre 500 et 700 millions d'euros" pour l'agriculture en 2027 et la création d'un "pacte Genevard" pour faciliter la transmission des exploitations

## Un plan de relance pour l'agriculture, entre urgence climatique et transmission Le Premier ministre Sébastien Lecornu a dévoilé, ce jeudi 15 octobre, les con
## Un plan de relance pour l'agriculture, entre urgence climatique et transmission
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a dévoilé, ce jeudi 15 octobre, les contours d'un plan de relance agricole doté d'une enveloppe comprise « entre 500 et 700 millions d'euros », ainsi que la création d'un « pacte Genevard », du nom de la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard. Une double annonce faite à l'issue d'une réunion avec plusieurs ministres à Matignon, alors que le budget de l'État 2027 est en cours d'examen à l'Assemblée nationale.
## Le « pacte Genevard », un rempart contre la déprise
Selon le chef du gouvernement, ce dispositif doit permettre « d'avoir des mécanismes de transmission des exploitations pour faire en sorte, justement, qu'aucune exploitation ne trouve pas un repreneur ». La formule, maladroite mais révélatrice, traduit une inquiétude profonde : celle d'un monde agricole vieillissant, où les cessations d'activité sans successeur fragilisent des territoires entiers. Le nom choisi — celui d'Annie Genevard — ancre symboliquement le dispositif dans l'action du ministère, et suggère une volonté de continuité politique sur un dossier sensible. Reste à savoir quels leviers fiscaux et juridiques seront mobilisés pour convaincre une nouvelle génération de s'installer.
## Une enveloppe encore flottante
Le montant du plan de relance, « entre 500 et 700 millions d'euros », demeure à ce stade indicatif. Sébastien Lecornu a précisé que le chiffre final dépendrait des « concertations » avec les acteurs du secteur et des « discussions parlementaires ». Une partie des mesures figure déjà dans la copie gouvernementale, a-t-il ajouté, « d'autres vont faire l'objet d'amendements du gouvernement dès l'Assemblée nationale et dès le Sénat ». Cette méthode par étapes témoigne d'une prudence budgétaire, dans un contexte où l'exécutif cherche à maîtriser la dépense publique tout en répondant à une colère agricole latente.
## Une réponse à la répétition des canicules
Annie Genevard a insisté sur la vocation anticipatrice du plan : « anticiper l'été prochain, qui peut être difficile, donc dès maintenant, amener les agriculteurs à pouvoir être plus résilients ». Parmi les mesures évoquées, un programme destiné aux bâtiments d'élevage pour mieux les adapter à la canicule, ainsi que le déblocage rapide de projets de stockage et d'irrigation, « tout en respectant naturellement la ressource eau qui est précieuse et qui doit être utilisée à bon escient ». La ministre a indiqué avoir identifié « plus de 800 projets d'avenir agricole ». Le gouvernement avait déjà débloqué quelque 1,2 milliard d'euros en mesures d'urgence, face aux sécheresses à répétition et à la hausse du prix des carburants.
## L'enjeu d'une transition à financer
Ce plan intervient à un moment charnière : celui où le modèle agricole français doit se réinventer face au dérèglement climatique, sans perdre en compétitivité ni en souveraineté alimentaire. Les montants annoncés, s'ils traduisent une reconnaissance des difficultés, restent modestes au regard des besoins estimés par les organisations professionnelles. La réussite du « pacte Genevard » dépendra largement de sa capacité à enrayer l'hémorragie des exploitations sans repreneur — un défi autant démographique que culturel.