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Sao Tomé-et-Principe: entre pauvreté persistante et tensions politiques, une présidentielle en question

Monde · · Par Claire BERNARD

Sao Tomé-et-Principe: entre pauvreté persistante et tensions politiques, une présidentielle en question

Sao Tomé-et-Principe : une présidentielle sous tension entre pauvreté et crise politique Alors que l'archipel de Sao Tomé-et-Principe s’apprête à organiser son

Sao Tomé-et-Principe : une présidentielle sous tension entre pauvreté et crise politique

Alors que l'archipel de Sao Tomé-et-Principe s’apprête à organiser son élection présidentielle le 19 juillet prochain, le pays fait face à une conjonction de défis : une pauvreté persistante et des tensions politiques exacerbées par une rupture au sommet de l’État. Près de 142 000 électeurs sont appelés aux urnes pour départager quatre candidats, dont le président sortant Carlos Vila Nova, qui brigue un second mandat dans un climat d’incertitude institutionnelle. Ce scrutin intervient dans un contexte de crise ouverte entre l’exécutif et le gouvernement, marqué par le limogeage du Premier ministre en 2025, un événement qui a fracturé la majorité politique et fragilisé la gouvernance.

### Un scrutin marqué par une rupture politique majeure

Selon des informations rapportées par RFI, le président sortant Carlos Vila Nova a perdu le soutien d’une majorité de son parti après une rupture avec son ancien allié, le Premier ministre limogé en 2025. Cette défection a plongé le pays dans une période de fortes tensions politiques, dont les Santoméens espèrent tourner la page avec l’élection présidentielle. Le candidat sortant, pourtant favori au départ, se retrouve désormais dans une position délicate, devant composer avec une opposition interne qui pourrait fragiliser sa campagne. Les analystes locaux estiment que cette crise institutionnelle reflète des luttes de pouvoir plus profondes au sein de la classe politique santoméenne, où les alliances se font et se défont au gré des intérêts personnels et des enjeux de pouvoir.

### Une pauvreté persistante comme toile de fond

Au-delà des querelles politiques, la situation économique et sociale de Sao Tomé-et-Principe reste préoccupante. L’archipel, l’un des plus petits États d’Afrique, dépend fortement de l’aide internationale et de secteurs fragiles comme le tourisme, l’agriculture et la pêche. Selon des données de la Banque mondiale, près de 60 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, un chiffre qui n’a que peu évolué malgré les promesses de développement. La croissance économique, freinée par la pandémie de Covid-19 et les chocs climatiques, peine à décoller. Les électeurs, confrontés à un chômage élevé, à un accès limité aux soins de santé et à une éducation défaillante, attendent des réponses concrètes de leurs dirigeants. La présidentielle, bien que cruciale, ne pourra à elle seule résoudre ces problèmes structurels, mais elle pourrait ouvrir la voie à une stabilité politique nécessaire à la mise en œuvre de réformes.

### Des législatives en septembre pour consolider le changement

Le scrutin présidentiel du 19 juillet n’est que la première étape d’un processus électoral plus large. Des élections législatives sont en effet prévues en septembre prochain, ce qui pourrait redessiner le paysage politique santoméen. Selon des sources gouvernementales, ces deux scrutins sont perçus comme une opportunité de sortir de la crise politique actuelle et de restaurer la confiance des citoyens dans les institutions. Cependant, les observateurs restent prudents : la fragmentation du paysage politique et l’absence de consensus sur les priorités nationales pourraient compliquer la formation d’un gouvernement stable. L’enjeu est d’autant plus important que Sao Tomé-et-Principe, membre de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP), cherche à renforcer son attractivité pour les investisseurs étrangers, notamment dans les secteurs des énergies renouvelables et du tourisme durable.

### Perspectives : une stabilité fragile à consolider

Alors que les Santoméens se rendent aux urnes, l’avenir de l’archipel reste suspendu à la capacité de ses dirigeants à surmonter leurs divisions et à répondre aux attentes d’une population majoritairement jeune et désireuse de changement. La présidentielle de juillet, suivie des législatives de septembre, constitue un test décisif pour la démocratie santoméenne, qui a connu plusieurs crises institutionnelles depuis son indépendance en 1975. La communauté internationale, notamment l’Union africaine et l’Union européenne, suit de près ces échéances, espérant qu’elles permettront de restaurer une gouvernance stable et inclusive. Cependant, comme le soulignent des analystes locaux, la sortie de la crise politique ne sera durable que si elle s’accompagne de mesures concrètes pour lutter contre la pauvreté et renforcer l’État de droit.