Onyx Infos

Sandra Vernier (Montpellier Events – Toulouse Congrès) : « Notre offre est en totale concordance » - La Lettre M

Une · · Par Claire BERNARD

Sandra Vernier (Montpellier Events – Toulouse Congrès) : « Notre offre est en totale concordance » - La Lettre M

## L'essentiel À Montpellier, le secteur des événements et des congrès prend une nouvelle dimension avec la récente déclaration de Sandra Vernier, directrice de

L'essentiel

À Montpellier, le secteur des événements et des congrès prend une nouvelle dimension avec la récente déclaration de Sandra Vernier, directrice de Montpellier Events et de Toulouse Congrès. Lors d'un entretien accordé à La Lettre M, elle a affirmé que l'offre de ces deux entités est en « totale concordance », une affirmation qui soulève des questions sur les synergies possibles entre les deux villes.

Selon des informations rapportées par La Lettre M, Sandra Vernier a mis en avant l'importance de la collaboration entre Montpellier et Toulouse dans le domaine des congrès et des événements. Cette déclaration intervient dans un contexte où le secteur de l'événementiel, touché par la pandémie de COVID-19, cherche à se relever en s'appuyant sur les forces régionales. L'objectif serait de créer une offre cohérente et attrayante pour les organisateurs d'événements et les participants.

En effet, les deux villes possèdent des infrastructures modernes et adaptées aux besoins des congrès, avec Montpellier Events se positionnant comme un acteur clé dans l'organisation d'événements majeurs, tandis que Toulouse Congrès, avec son aéroport international et ses capacités d'accueil, pourrait également amplifier l'attractivité de l'Occitanie. Selon des sources locales, cette synergie pourrait permettre de mutualiser les ressources et d'optimiser les offres, allant de l'hébergement à la logistique des événements.

Cette stratégie de rapprochement s'inscrit dans un contexte régional plus large, comme le montre notre enquête sur la montée de l'industrie verte en Occitanie, où Toulouse et Montpellier jouent un rôle moteur.

Cependant, la question demeure de savoir comment cette « concordance » se traduira concrètement. Si l'on considère les tendances actuelles du marché, il semblerait que la demande pour des événements hybrides, mêlant présentiel et numérique, soit en forte croissance. Ainsi, les deux villes devront peut-être ajuster leur stratégie pour répondre à ces nouvelles attentes. Des études de marché pourraient être envisagées pour mieux cerner les besoins des entreprises et des participants, et ainsi adapter leur offre.

Par ailleurs, il est intéressant de noter que la région Occitanie, en général, mise sur le développement durable et l'innovation dans le secteur de l'événementiel. D'après des sources gouvernementales, cette orientation pourrait renforcer l'attrait de Montpellier et Toulouse en tant que destinations de choix pour les congrès, notamment grâce à des initiatives axées sur l'écoresponsabilité. Cela pourrait également répondre aux attentes croissantes des entreprises qui privilégient des pratiques durables dans l'organisation de leurs événements.

En outre, la concurrence avec d'autres régions de France et d'Europe reste un enjeu majeur. Alors que des villes comme Lyon, Nice ou Bordeaux cherchent également à se positionner sur le marché des congrès, la collaboration entre Montpellier et Toulouse pourrait leur donner un avantage compétitif. D'ailleurs, selon des analystes du secteur, le développement d'une offre conjointe pourrait permettre de rivaliser plus efficacement avec ces autres destinations.

Il reste à voir comment les deux villes mettront en œuvre cette vision commune. Les discussions entre les acteurs du secteur, y compris les entreprises locales et les institutions publiques, seront cruciales pour définir les contours d'une offre qui répond aux attentes variées des clients potentiels. Les événements organisés par Montpellier Events et Toulouse Congrès pourraient ainsi devenir des vitrines de cette nouvelle dynamique.

En somme, alors que Sandra Vernier évoque une « totale concordance » entre Montpellier Events et Toulouse Congrès, il est essentiel d'explorer les implications de cette collaboration pour l'avenir du secteur événementiel en Occitanie. La capacité des deux villes à s'unir et à innover dans un contexte de compétition croissante pourrait déterminer leur succès à long terme dans le domaine des congrès.

Contexte

La déclaration de Sandra Vernier intervient dans un paysage événementiel français marqué par une recomposition post-pandémique. Le secteur, qui représentait en 2019 un chiffre d'affaires de plusieurs milliards d'euros, a subi une contraction brutale en 2020-2021, avec une perte estimée à près de 60 % de son activité selon les données du ministère de l'Économie. Depuis, les acteurs régionaux s'efforcent de reconquérir des parts de marché dans un environnement concurrentiel où la digitalisation et les normes environnementales redéfinissent les standards.

Montpellier Events et Toulouse Congrès sont deux structures publiques ou parapubliques, respectivement rattachées aux collectivités territoriales de l'Hérault et de la Haute-Garonne. Leur rapprochement potentiel s'inscrit dans une tradition de coopération interurbaine en Occitanie, mais aussi dans une rivalité historique entre les deux métropoles. Toulouse, capitale régionale et pôle aéronautique, dispose d'une notoriété internationale plus affirmée, tandis que Montpellier mise sur son dynamisme démographique et son attractivité touristique. La fusion des régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées en 2016 a imposé un cadre administratif commun, sans pour autant effacer les logiques de concurrence locale.

Dans ce contexte, l'offre conjointe évoquée par Sandra Vernier pourrait être lue comme une tentative de dépasser ces clivages pour répondre à des impératifs économiques : la mutualisation des coûts de fonctionnement, la rationalisation des calendriers événementiels et la création d'une marque territoriale unique. Toutefois, des questions subsistent quant à la répartition des investissements et des retombées entre les deux villes, ainsi que sur la gouvernance d'une telle entité commune.

Analyse

La notion de « totale concordance » avancée par Sandra Vernier mérite d'être examinée avec prudence. Si l'idée d'une synergie entre Montpellier et Toulouse semble cohérente sur le papier, sa mise en œuvre se heurte à des réalités opérationnelles complexes. D'un côté, les deux villes disposent de centres de congrès aux capacités et aux positionnements différents : le Corum de Montpellier, rénové récemment, peut accueillir jusqu'à 2 500 personnes, tandis que le Centre de congrès Pierre Baudis à Toulouse offre une jauge comparable mais avec une orientation plus technologique. Cette complémentarité théorique pourrait être un atout, mais elle pourrait aussi générer des tensions autour de la répartition des événements les plus prestigieux.

Sur le plan stratégique, ce rapprochement s'inscrit dans une tendance plus large observée dans d'autres régions françaises. À titre d'exemple, les conventions entre Lyon et Saint-Étienne ou entre Nice et Cannes ont montré que la coopération interurbaine dans l'événementiel peut fonctionner, à condition de clarifier les rôles de chacun et d'éviter les doublons. L'échec de certaines tentatives passées, comme celle entre Nantes et Rennes en Bretagne, rappelle toutefois que la réussite dépend d'une volonté politique partagée et d'une répartition équitable des bénéfices.

Un autre angle d'analyse concerne le timing de cette annonce. Alors que le secteur des congrès connaît une reprise inégale, avec un retour en force des événements en présentiel mais une demande accrue de formats hybrides, la stratégie de Sandra Vernier pourrait viser à anticiper une consolidation du marché. Les grands opérateurs internationaux, comme UFI ou ICCA, observent en effet une concentration des événements vers des destinations capables d'offrir des infrastructures polyvalentes et des services intégrés. Dans cette perspective, l'alliance Montpellier-Toulouse pourrait constituer une réponse à la concurrence de métropoles comme Barcelone ou Milan.

Implications

À court terme, la déclaration de Sandra Vernier pourrait se traduire par des actions concrètes : lancement d'une étude de faisabilité, mise en place de groupes de travail conjoints, ou encore organisation d'événements tests communs. Les premiers signes visibles pourraient être la création d'un catalogue d'offres mutualisé, permettant aux organisateurs de congrès de combiner les infrastructures des deux villes pour des événements multi-sites. Cette approche répondrait notamment aux besoins des grands colloques scientifiques ou des salons professionnels qui nécessitent des espaces d'exposition étendus.

À moyen terme, les implications concernent l'emploi et la formation dans le secteur. Une mutualisation des ressources pourrait entraîner des redéploiements de personnel entre les deux structures, mais aussi la création de nouveaux postes dédiés à la coordination régionale. Les écoles de commerce et les instituts de formation en tourisme de la région pourraient être sollicités pour adapter leurs programmes aux compétences recherchées, comme la gestion d'événements hybrides ou l'écoresponsabilité.

Plusieurs scénarios se dessinent. Le plus optimiste verrait la création d'une marque commune « Occitanie Events », capable d'attirer des congrès internationaux de taille moyenne. Le plus pessimiste envisage un enlisement des discussions, freiné par des querelles de clocher ou des divergences sur le partage des financements. Un scénario intermédiaire consisterait en une coopération limitée à certains segments, comme les événements scientifiques ou les salons professionnels, sans fusion complète des structures.

Pour aller plus loin

Cette annonce soulève plusieurs questions qui mériteraient d'être approfondies. Quelle sera la place des acteurs privés, comme les agences événementielles et les hôteliers, dans cette stratégie régionale ? Comment les deux villes comptent-elles intégrer les exigences de neutralité carbone, alors que le secteur des congrès est souvent critiqué pour son empreinte écologique liée aux déplacements ? Enfin, quelle articulation avec les politiques de développement économique menées par la région Occitanie, notamment dans les domaines de l'aéronautique, des biotechnologies et de l'agriculture ?

Les observateurs du secteur suivront avec attention les prochains événements organisés conjointement par Montpellier Events et Toulouse Congrès, qui constitueront un test grandeur nature de cette « concordance » annoncée. La publication des bilans financiers des deux structures, lorsqu'elle interviendra, permettra également d'évaluer l'impact réel de cette coopération sur leur compétitivité respective.