Sammy Azdoufal, développeur et responsable de la division IA du groupe Eterniti – 10/06

# Babyphones et caméras connectées : une vulnérabilité sous-estimée selon un expert Sammy Azdoufal, développeur et responsable de la division intelligence artif
# Babyphones et caméras connectées : une vulnérabilité sous-estimée selon un expert
Sammy Azdoufal, développeur et responsable de la division intelligence artificielle du groupe Eterniti, a alerté ce mercredi 10 juin sur les failles de sécurité des objets connectés du quotidien. Invité de François Sorel dans l'émission Tech & Co sur BFM Business, il a pointé du doigt les risques spécifiques liés aux babyphones et aux caméras de surveillance, des appareils pourtant devenus incontournables dans les foyers français.
## Un marché en pleine expansion mais peu sécurisé
Le développement rapide de l'Internet des objets (IoT) a transformé notre rapport à la technologie, mais cette croissance s'accompagne de lacunes préoccupantes en matière de cybersécurité. Selon Sammy Azdoufal, les babyphones et les caméras connectées figurent parmi les équipements les plus exposés. Ces dispositifs, souvent conçus avec des protocoles de sécurité minimalistes pour réduire les coûts de production et accélérer leur mise sur le marché, deviendraient des portes d'entrée privilégiées pour les cyberattaquants.
Le responsable IA du groupe Eterniti a expliqué que de nombreux fabricants négligent les mises à jour de sécurité ou utilisent des mots de passe par défaut rarement modifiés par les utilisateurs. Cette situation, bien que connue des spécialistes, reste largement ignorée du grand public. Les conséquences potentielles vont de l'espionnage domestique à l'intégration de ces appareils dans des réseaux de botnets, utilisés pour lancer des attaques à grande échelle.
## Des risques concrets pour la vie privée
L'expert a détaillé les scénarios inquiétants que ces vulnérabilités ouvrent. Un babyphone piraté, par exemple, permettrait à un tiers d'observer en temps réel les activités d'une famille, voire de communiquer avec l'enfant à l'insu des parents. Les caméras de surveillance, quant à elles, exposent les habitudes de vie des occupants d'un logement : heures d'absence, routines quotidiennes, ou encore présence d'objets de valeur.
Sammy Azdoufal a souligné que ces risques ne sont pas théoriques. Des incidents documentés, notamment aux États-Unis et en Europe, ont déjà mis en lumière des cas de piratage de babyphones avec des conséquences psychologiques lourdes pour les victimes. Le marché français, bien que régulé par des normes comme le RGPD, ne serait pas à l'abri, car la sécurité des objets connectés relève encore souvent de la responsabilité du consommateur final.
## Des solutions techniques existent, mais leur adoption reste faible
Face à ce constat, le développeur a rappelé quelques bonnes pratiques élémentaires : changer immédiatement les mots de passe par défaut, privilégier des appareils bénéficiant de mises à jour régulières, et segmenter son réseau domestique en isolant les objets connectés sur un réseau Wi-Fi dédié. Il a également insisté sur l'importance de désactiver les fonctionnalités inutiles, comme l'accès à distance lorsqu'il n'est pas requis.
Cependant, Sammy Azdoufal a reconnu que ces mesures restent insuffisantes face à l'ampleur du problème. Il a plaidé pour une responsabilisation accrue des fabricants, appelant à des standards de sécurité plus stricts dès la conception des appareils. L'intelligence artificielle, qu'il connaît bien, pourrait jouer un rôle clé dans la détection automatique des comportements anormaux sur ces réseaux, mais son déploiement à grande échelle nécessiterait des investissements que peu d'acteurs sont prêts à consentir aujourd'hui.
## Vers une régulation renforcée ?
L'intervention de Sammy Azdoufal intervient dans un contexte où les autorités françaises et européennes commencent à s'emparer du sujet. Le règlement européen sur la cybersécurité des objets connectés, en discussion depuis plusieurs mois, pourrait imposer des exigences minimales aux fabricants. Mais en attendant son entrée en vigueur, les consommateurs restent largement exposés.
Pour l'expert d'Eterniti, la prise de conscience collective est urgente. Il a appelé les utilisateurs à ne pas sous-estimer les risques, rappelant que la sécurité numérique ne se limite pas aux ordinateurs et aux smartphones. Dans un monde où chaque objet du quotidien peut devenir une porte dérobée, la vigilance individuelle et l'innovation technologique doivent aller de pair pour protéger la vie privée des citoyens.