Salaires, temps de travail, statut… La Cour des comptes dynamite la gestion des ressources humaines des contrôleurs aériens français

# La Cour des comptes épingle la gestion des ressources humaines des contrôleurs aériens français Un rapport de la Cour des comptes, dont les conclusions ont ét
# La Cour des comptes épingle la gestion des ressources humaines des contrôleurs aériens français
Un rapport de la Cour des comptes, dont les conclusions ont été relayées par Le Figaro le 5 juillet 2026, met en cause la gestion des ressources humaines de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC). L'institution pointe notamment une inflation de la masse salariale, un temps de travail jugé insuffisant et un statut inadapté aux missions des aiguilleurs du ciel.
## Des retards à répétition et un coût exorbitant pour les compagnies
Selon les informations rapportées par Le Figaro, ce nouveau rapport fait écho à un document remis fin juin par la commission des finances du Sénat. Les sénateurs y soulignaient que le contrôle aérien français est le moins performant d'Europe. Ils rappelaient notamment que « 6,6 millions de minutes de retards de vols en 2025 » ont engendré « une perte de 800 millions d'euros pour les compagnies et des désagréments forts pour les passagers ». Ces chiffres illustrent l'ampleur des dysfonctionnements au sein d'une administration pourtant stratégique pour le transport aérien français.
Les 3 et 4 juillet 2025 restent également dans les mémoires comme un épisode particulièrement critique. Ce jour-là, 257 grévistes, dont 233 ingénieurs du contrôle aérien, avaient provoqué l'annulation de 1 400 vols et affecté 1 million de passagers, dont 500 000 Français. Ces mouvements sociaux récurrents interrogent sur la capacité de la DGAC à garantir la continuité du service public.
## Une masse salariale en forte hausse pour un temps de travail réduit
La Cour des comptes s'attaque frontalement à la question des rémunérations et du temps de travail. L'institution souligne que le temps de travail des aiguilleurs du ciel est « extrêmement réduit par rapport à ce qui existe dans les autres pays », sans que cette particularité soit justifiée par des contraintes opérationnelles spécifiques. Par ailleurs, la masse salariale de la DGAC connaîtrait une inflation préoccupante, alors même que la performance opérationnelle ne suivrait pas la même tendance.
La DGAC compte 10 320 agents, dont 3 800 ingénieurs du contrôle de la navigation aérienne (Icna), ces fameux aiguilleurs du ciel. Leur statut particulier, qui leur confère des droits spécifiques en matière de temps de travail et de rémunération, serait selon la Cour des comptes « inadapté » aux missions actuelles. L'institution pointe également une incapacité à anticiper les recrutements et à améliorer la performance opérationnelle, deux éléments qui fragilisent la compétitivité du transport aérien français.
## Un statut contesté et des réformes attendues
Le rapport de la Cour des comptes intervient dans un contexte de tensions récurrentes entre la DGAC, les syndicats de contrôleurs aériens et les compagnies aériennes. Ces dernières dénoncent régulièrement les retards et les annulations de vols imputables aux mouvements sociaux des aiguilleurs du ciel. Le statut des Icna, qui leur permet notamment de faire grève à des moments stratégiques, est régulièrement remis en cause par les transporteurs et une partie de la classe politique.
La question du temps de travail apparaît comme un point central du rapport. Alors que les contrôleurs aériens français bénéficient de conditions jugées plus favorables que leurs homologues européens, la Cour des comptes semble estimer qu'un rééquilibrage est nécessaire. Les pistes de réforme pourraient inclure une modification du statut des Icna, une meilleure planification des recrutements et une optimisation des plannings de travail.
## Des enjeux économiques et diplomatiques majeurs
Au-delà des aspects sociaux, les enjeux économiques sont considérables. Les retards cumulés en 2025 ont coûté 800 millions d'euros aux compagnies aériennes, sans compter l'impact sur l'image de la France comme destination touristique et hub aérien. Les passagers, eux, subissent des désagréments croissants, alimentant un mécontentement qui pourrait peser sur l'attractivité du transport aérien français.
Ce rapport de la Cour des comptes pourrait relancer le débat sur la réforme du contrôle aérien français, un sujet sensible qui oppose régulièrement les gouvernements successifs aux syndicats de la DGAC. La question du statut des aiguilleurs du ciel, de leur temps de travail et de leur rémunération semble désormais posée avec une acuité nouvelle, dans un contexte où la performance du transport aérien français est scrutée de près par Bruxelles et par les opérateurs économiques.