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Sahara occidental: Staffan de Mistura en visite dans les camps de réfugiés saharaouis

Monde · · Par Claire BERNARD

Sahara occidental: Staffan de Mistura en visite dans les camps de réfugiés saharaouis

Sahara occidental : Staffan de Mistura en visite dans les camps de réfugiés sahraouis pour relancer des négociations au point mort L'envoyé personnel du secréta

Sahara occidental : Staffan de Mistura en visite dans les camps de réfugiés sahraouis pour relancer des négociations au point mort

L'envoyé personnel du secrétaire général de l'Organisation des Nations unies pour le Sahara occidental, l'italo-suédois Staffan de Mistura, a entamé dimanche une visite de deux jours dans les camps de réfugiés sahraouis, notamment du côté de Tindouf, en Algérie. Cette mission s'inscrit dans le cadre de sa tournée régionale, alors que le processus de négociations concernant le Sahara occidental, entamé par Washington depuis le début de l'année 2026, se trouve actuellement dans une impasse.

Un dialogue direct avec le Front Polisario

Selon des informations rapportées par RFI, l'objectif principal de cette visite est d'échanger directement avec les représentants du Front Polisario, mouvement politique et militaire sahraoui qui revendique l'indépendance du territoire. Cette rencontre intervient dans un contexte où les discussions multilatérales, orchestrées sous l'égide des États-Unis depuis janvier 2026, n'ont pas permis de dégager une avancée significative. Staffan de Mistura, diplomate aguerri fort de son expérience en Afghanistan et au Liban, chercherait à sonder les positions des différentes parties prenantes pour identifier les points de blocage et explorer des voies de compromis.

La visite à Tindouf, bastion historique des réfugiés sahraouis situé dans le sud-ouest de l'Algérie, revêt une dimension symbolique forte. Ce camp, qui abrite des dizaines de milliers de personnes depuis le début du conflit en 1975, constitue le cœur politique et administratif du mouvement indépendantiste. En se rendant sur place, l'envoyé onusien entend démontrer que les Nations unies restent engagées dans la recherche d'une solution politique, malgré les difficultés rencontrées.

Un processus de paix sous tension

Le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole, est au centre d'un conflit opposant le Maroc, qui contrôle la majeure partie du territoire, au Front Polisario, soutenu par l'Algérie. Depuis 1991, un cessez-le-feu est en vigueur, mais les pourparlers pour un règlement définitif n'ont jamais abouti. L'initiative américaine de 2026, qui visait à relancer les négociations sur la base de propositions de compromis, semble avoir buté sur des divergences fondamentales, notamment sur le statut final du territoire.

D'après des sources diplomatiques proches du dossier, Staffan de Mistura aurait également prévu de se rendre à Rabat et à Alger dans les prochains jours, afin de maintenir un équilibre entre les parties. Cette approche de navette diplomatique, classique dans les conflits gelés, pourrait permettre de recueillir des garanties informelles avant d'envisager une nouvelle session de discussions formelles. Cependant, les positions restent pour l'heure éloignées : le Maroc propose une autonomie élargie sous sa souveraineté, tandis que le Polisario insiste sur un référendum d'autodétermination incluant l'indépendance comme option.

Des enjeux humanitaires et géopolitiques

Au-delà des aspects politiques, la visite de Staffan de Mistura comporte également une dimension humanitaire. Les camps de Tindouf, où les conditions de vie sont précaires, dépendent largement de l'aide internationale, dont une partie est fournie par les Nations unies via le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR). La délégation onusienne pourrait aborder la question de la réduction des financements, observée ces dernières années, et ses conséquences sur une population déjà vulnérable.

Par ailleurs, le contexte régional ajoute une couche de complexité. Le rapprochement entre le Maroc et Israël, officialisé en 2020 dans le cadre des accords d'Abraham, a modifié les équilibres diplomatiques. De son côté, l'Algérie, qui soutient activement le Polisario, a rompu ses relations diplomatiques avec Rabat en 2021, rendant toute médiation bilatérale difficile. Staffan de Mistura devra donc composer avec ces tensions pour éviter que sa mission ne se heurte à des vetos croisés.

Perspectives incertaines

Alors que la visite se poursuit, les observateurs s'interrogent sur la capacité de l'envoyé onusien à insuffler une dynamique nouvelle. Le précédent cycle de négociations, sous l'égide de l'ONU, s'était soldé par un échec en 2019, faute de consensus sur les modalités du référendum. L'impasse actuelle pourrait perdurer si les parties ne font pas preuve de flexibilité. Staffan de Mistura, en misant sur des échanges bilatéraux, tente de créer les conditions d'une reprise du dialogue, sans pour autant garantir une issue rapide. La suite de sa tournée régionale, notamment ses entretiens prévus avec les autorités marocaines et algériennes, sera déterminante pour évaluer les chances d'une relance du processus de paix.