Sabine Duflo : « Les jeunes accros aux réseaux sociaux ne sont plus capables de prêter attention à autre chose »

# Sabine Duflo : « Les jeunes accros aux réseaux sociaux ne sont plus capables de prêter attention à autre chose » Alors qu'une commission mixte paritaire s'est
# Sabine Duflo : « Les jeunes accros aux réseaux sociaux ne sont plus capables de prêter attention à autre chose »
Alors qu'une commission mixte paritaire s'est réunie ce lundi au sujet de l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, la psychologue clinicienne Sabine Duflo dresse un constat alarmant sur l'état de santé mentale des adolescents. Dans un entretien accordé au Figaro le 20 juillet 2026, elle décrit des jeunes dont l'attention est devenue incapable de se fixer sur autre chose que les écrans.
## Des chiffres qui interrogent
Selon les informations rapportées par Le Figaro, Sabine Duflo reçoit en consultation des adolescents qui passent en moyenne 8 heures 30 par jour sur leur téléphone. « Soit près de 6 heures les jours de semaine et 15 ou 16 heures le samedi et dimanche », précise-t-elle. Ces données, issues de sa pratique clinique, illustrent une dérive préoccupante dans l'usage des technologies numériques par les jeunes générations.
La psychologue clinicienne alerte sur les conséquences de cette surexposition : « Les jeunes accros aux réseaux sociaux ne sont plus capables de prêter attention à autre chose », affirme-t-elle. Cette incapacité attentionnelle s'accompagnerait de troubles plus graves, notamment de violence et d'automutilation, selon les cas qu'elle observe dans son cabinet.
## Une définition large des réseaux sociaux
Dans cet entretien, Sabine Duflo propose une définition élargie de ce que recouvre le terme « réseaux sociaux ». Au-delà des plateformes classiques comme TikTok ou Instagram, elle inclut les jeux en ligne multijoueurs tels que Brawl Stars, Fortnite ou Roblox. « Ce sont des plateformes depuis lesquelles les usagers peuvent parler à n'importe qui, de n'importe où, n'importe quand. En cela, ce sont des réseaux sociaux à part entière », explique-t-elle.
Une très grande majorité des jeunes garçons qu'elle reçoit en consultation seraient concernés par ces jeux en ligne. Leur caractère gratuit et libre d'accès, combiné à leur dimension sociale, les rendrait particulièrement addictifs et nocifs pour le développement cognitif des adolescents.
## Des effets en cascade sur la santé mentale
Sabine Duflo détaille les mécanismes par lesquels ces plateformes affectent la santé des jeunes. L'usage intensif des réseaux sociaux, qu'ils soient classiques ou intégrés aux jeux, provoquerait des perturbations dans le développement cognitif. Les capacités d'attention, de concentration et de mémorisation seraient particulièrement touchées.
La psychologue évoque également des conséquences sur la santé mentale, avec une augmentation des cas de violence et d'automutilation parmi les adolescents qu'elle suit. Ces symptômes pourraient être liés à l'isolement social, à la comparaison permanente avec les autres et à l'exposition à des contenus inadaptés.
## Un enjeu législatif en cours
Ce constat intervient dans un contexte politique particulier. Une commission mixte paritaire s'est réunie ce lundi au sujet de l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Les propos de Sabine Duflo pourraient alimenter les débats parlementaires sur cette question.
La psychologue ne se prononce pas directement sur la mesure législative, mais ses observations cliniques apportent un éclairage sur les effets concrets de l'usage intensif des réseaux sociaux chez les adolescents. La question de l'âge minimal d'accès à ces plateformes reste un sujet de controverse, entre protection de la jeunesse et liberté numérique.
Alors que les travaux parlementaires se poursuivent, les témoignages de professionnels de santé comme Sabine Duflo pourraient peser dans la balance. La mise en place d'une régulation des réseaux sociaux pour les mineurs, si elle est adoptée, représenterait une première en France dans ce domaine.