Sa main tendue à Philippe, ses conditions à Attal, ses craintes sur Retailleau… Les confidences de Laurent Wauquiez, « guerrier du rassemblement » pour 2027

La main tendue à Philippe, les conditions posées à Attal, les craintes vis-à-vis de Retailleau : les confidences de Laurent Wauquiez, « guerrier du rassemblemen
La main tendue à Philippe, les conditions posées à Attal, les craintes vis-à-vis de Retailleau : les confidences de Laurent Wauquiez, « guerrier du rassemblement » pour 2027
Alors que l’élection présidentielle de 2027 se profile à l’horizon, le patron des députés Droite républicaine, Laurent Wauquiez, sort de son silence dans un entretien exclusif accordé au Figaro, publié le 1er juillet 2026. Après avoir fait le deuil de son ambition élyséenne, l’ancien président de la région Auvergne-Rhône-Alpes dévoile une stratégie inédite : celle d’un « guerrier du rassemblement » prêt à peser sur le programme et le choix du futur candidat présidentiel qu’il soutiendra, plutôt que de briguer lui-même la magistrature suprême.
Un retrait assumé, une influence recherchée
Laurent Wauquiez, longtemps perçu comme l’un des prétendants naturels de la droite pour 2027, semble avoir opéré une mue stratégique. Selon les informations rapportées par Le Figaro, l’homme politique confie avoir digéré ses échecs récents – la perte de la présidence des Républicains et des ministères qui lui ont « glissé entre les doigts » – pour se recentrer sur un objectif : devenir une pièce maîtresse de l’échiquier présidentiel, sans en être le candidat. « Une défaite peut rendre aigri. Mais une victoire peut rendre ivre au point de perdre toute mesure », aurait-il déclaré, dans une formule qui en dit long sur sa volonté de garder la tête froide. Son entourage, satisfait, promet que « d’une manière ou d’une autre, et autant que possible, Laurent Wauquiez sera incontournable en 2027 ».
Cette posture interroge d’autant plus qu’elle survient dans un climat politique tendu, où les ambitions se bousculent à droite. Le silence prolongé de Wauquiez, jugé « suspect » par certains de ses pairs, pourrait en réalité cacher une manœuvre de long terme. En se retirant de la course, il entend peut-être peser sur les équilibres internes et les alliances, tout en évitant l’usure prématurée d’une campagne.
Des relations complexes avec les ténors de la droite
Dans ses confidences, Laurent Wauquiez esquisse les contours de ses relations avec les autres figures de la droite et du macronisme. Il tendrait une main à Édouard Philippe, l’ancien Premier ministre, dont la popularité et l’ancrage centriste pourraient constituer une passerelle vers une coalition élargie. Cependant, cette ouverture serait conditionnée à des garanties programmatiques, notamment sur les questions de souveraineté et de sécurité. En parallèle, il poserait des conditions claires à Gabriel Attal, actuel chef du gouvernement, exigeant un recentrage sur les valeurs républicaines et une rupture avec certaines réformes jugées trop libérales.
Mais c’est vis-à-vis de Bruno Retailleau, le président du groupe Les Républicains au Sénat, que les craintes seraient les plus vives. Selon Le Figaro, Laurent Wauquiez redouterait que la ligne dure incarnée par Retailleau ne fracture davantage la droite, la rendant incapable de rassembler au-delà de son socle électoral. Cette inquiétude, partagée par plusieurs cadres du parti, expliquerait pourquoi Wauquiez cherche à jouer les médiateurs, entre unité et fermeté. « Il nous épargne en ce moment, c’est suspect », s’interroge un soutien de Retailleau, cité par le quotidien, soulignant la méfiance qui entoure ces manœuvres.
Un positionnement d’arbitre pour 2027
Face à ces dynamiques, Laurent Wauquiez semble vouloir incarner un rôle d’arbitre plutôt que de prétendant. En misant sur le rassemblement, il espère éviter l’éparpillement des voix de droite, qui avait coûté cher lors du premier tour de 2022. Son entourage évoque la nécessité de bâtir un « programme solide et rassembleur », capable de séduire à la fois les électeurs LR, les centristes déçus du macronisme et une partie de l’électorat populaire. Cette stratégie, si elle se concrétise, pourrait faire de lui un faiseur de roi, dont le soutien pèserait lourd dans la balance.
Reste à savoir si cette main tendue sera acceptée par les autres prétendants, notamment Édouard Philippe et Bruno Retailleau, dont les ambitions ne sont pas éteintes. Les prochains mois, jusqu’à l’été 2026, seront décisifs pour tester la solidité de cette approche. Laurent Wauquiez, en tout cas, semble avoir choisi son camp : celui de l’influence discrète plutôt que de la lumière crue des projecteurs. Une posture qui, si elle réussit, pourrait redéfinir les équilibres de la droite française pour le scrutin de 2027.