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Risque d’ingérence, candidats potentiels… En Ukraine, une élection présidentielle en temps de guerre est-elle possible ?

Une · · Par Claire BERNARD

Risque d’ingérence, candidats potentiels… En Ukraine, une élection présidentielle en temps de guerre est-elle possible ?

## Une élection présidentielle en Ukraine en temps de guerre : un casse-tête constitutionnel et sécuritaire Alors que le conflit avec la Russie entre dans une p

## Une élection présidentielle en Ukraine en temps de guerre : un casse-tête constitutionnel et sécuritaire Alors que le conflit avec la Russie entre dans une phase d'incertitude diplomatique accrue, la question d'une élection présidentielle en Ukraine refait surface dans les débats internationaux. Selon des informations rapportées par Le Figaro dans son édition du 11 octobre 2026, cette hypothèse se heurte à un double obstacle : juridique, avec la loi martiale qui exclut tout scrutin en temps de guerre, et sécuritaire, dans un pays morcelé entre le front, les zones sous feu de l'artillerie russe et une diaspora dispersée à travers l'Europe. ## Un cadre constitutionnel verrouillé par la loi martiale En Ukraine, la tenue d'une élection présidentielle en période de conflit armé semble, en l'état du droit, juridiquement impossible. La loi martiale, instaurée depuis février 2022 et régulièrement prolongée par le Parlement, suspend explicitement l'organisation de tout scrutin national. Cette disposition vise à garantir la sécurité des électeurs et l'intégrité du processus démocratique, dans un contexte où des millions de citoyens sont déplacés, mobilisés ou vivent sous les bombardements. Selon Le Figaro, au-delà de cet obstacle constitutionnel, 70 % des Ukrainiens rejettent l'idée d'une élection avant la cessation des combats. Ce chiffre, cité par le quotidien français, traduit une prise de conscience collective des difficultés logistiques et sécuritaires : faire voter un pays morcelé entre soldats sur le front, civils sous le feu de l'artillerie russe et diaspora dispersée relèverait de la gageure. En effet, plusieurs régions restent partiellement occupées ou exposées à des frappes quotidiennes, rendant toute organisation électorale hasardeuse. ## Un soutien populaire à Zelensky qui s'érode mais demeure majoritaire Volodymyr Zelensky demeure, selon Le Figaro, encore majoritairement soutenu par la population ukrainienne, même si sa cote de popularité s'est érodée depuis le début de la guerre. Cette érosion, sans être alarmante, témoigne d'une lassitude croissante face à un conflit qui s'éternise et à ses conséquences économiques et sociales. Toutefois, aucune alternative crédible ne semble émerger à court terme dans le paysage politique ukrainien, ce qui renforce la position du président sortant. Par ailleurs, les pressions extérieures, notamment celles exercées par Donald Trump, compliquent davantage la donne. Selon Le Figaro, le président américain a « suggéré » samedi, dans une attaque verbale des plus violentes, aux Ukrainiens de « se doter d'un nouveau dirigeant » capable de négocier la paix. Volodymyr Zelensky a rétorqué le dimanche en rappelant la règle basique de non-ingérence, déclarant dans une interview à la chaîne américaine ABC : « Avec tout le respect vis-à-vis du président Trump, c'est à notre société, à notre peuple, qu'il revient de choisir tel ou tel dirigeant ». ## Un risque d'ingérence étrangère accru Cette passe d'armes illustre un enjeu majeur : le risque d'ingérence étrangère dans le processus démocratique ukrainien. Selon des sources diplomatiques citées par Le Figaro, toute élection en temps de guerre pourrait devenir une cible privilégiée pour des manipulations extérieures, qu'elles proviennent de Moscou ou d'ailleurs. La question de la légitimité d'un scrutin organisé sous la contrainte sécuritaire se pose également avec acuité, d'autant plus que la participation risquerait d'être fortement réduite. Dans les rues de Kiev, en ce mois d'octobre rythmé par le son des sirènes antiaériennes jour et nuit, les propos du président américain suscitent tout juste un haussement d'épaules ou des yeux au ciel, rapporte Le Figaro. Cette réaction traduit une forme de résilience, mais aussi une certaine lassitude face aux injonctions extérieures. ## Une perspective conditionnée à l'arrêt des hostilités En définitive, la tenue d'une élection présidentielle en Ukraine apparaît conditionnée à l'arrêt des combats et à la levée de la loi martiale. Selon Le Figaro, une écrasante majorité d'Ukrainiens considère comme inenvisageable tout scrutin avant la cessation des hostilités. Cette position, si elle devait perdurer, repousserait sine die toute échéance électorale, prolongeant de facto le mandat de Volodymyr Zelensky au-delà de sa durée constitutionnelle. Toutefois, la pression internationale, notamment américaine, pourrait à terme fragiliser ce consensus. La question reste ouverte : dans un pays en guerre, la démocratie peut-elle s'exercer pleinement, ou doit-elle s'adapter à des circonstances exceptionnelles ? Une interrogation qui dépasse le seul cas ukrainien et interroge les fondements mêmes du droit électoral en temps de crise.