Rien qu'en Gironde, les conséquences du mégafeu de juillet sont estimées à 6 millions d'euros: Annie Genevard indique que le montant du plan "global" pour l'agriculture sera dévoilé le 3 septembre

En marge de sa visite en Gironde aux côtés du Premier ministre, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a précisé le calendrier et les contours du plan « gl
En marge de sa visite en Gironde aux côtés du Premier ministre, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a précisé le calendrier et les contours du plan « global » promis au monde agricole. Le montant des aides, département par département, sera dévoilé le 3 septembre, tandis que la première évaluation des dégâts du mégafeu de juillet dans le seul département de la Gironde est déjà estimée à environ six millions d’euros.
### Un fonds d’urgence piloté par les préfets
Interrogée par le quotidien *Sud Ouest* dans un entretien publié mercredi, Annie Genevard a indiqué que la semaine prochaine serait consacrée à une réunion avec l’ensemble des préfets, afin d’établir un « retour documenté sur les conséquences des canicules ». C’est fort de ce recensement que le montant des aides ciblées sera annoncé le 3 septembre. Ce « fonds d’urgence », dont l’enveloppe reste à déterminer, sera « à la main des préfets » et déployé « rapidement » dès l’automne, selon les déclarations de la ministre. L’objectif affiché : « soutenir les trésoreries et relancer la production » dans les exploitations les plus éprouvées.
### Un plan « global » pour ne laisser « aucun agriculteur seul »
Cette annonce s’inscrit dans la continuité des engagements pris le 5 août dernier. Réagissant aux alertes lancées par l’ensemble du monde agricole, la ministre avait alors promis un plan « global » afin de ne laisser « aucun agriculteur seul » face aux conséquences conjuguées des canicules, de la sécheresse et des incendies. Les modalités précises et le montant de l’enveloppe n’avaient toutefois pas été détaillés à ce moment-là. La sécheresse de cette année est qualifiée d’« exceptionnelle » par la ministre, qui souligne qu’elle « touche toutes les régions, même la Bretagne », avec une acuité particulière en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie. Elle appelle par ailleurs à « se préparer à des situations identiques à l’avenir » afin de « mieux y résister ».
### Des dégâts considérables dans les exploitations girondines
Le contexte est en effet particulièrement alarmant. Depuis la fin du mois de juin, les agriculteurs subissent de plein fouet des vagues de chaleur successives, venues s’ajouter à un manque d’eau chronique. Les incendies ont par ailleurs ravagé plusieurs régions françaises. À titre d’illustration, la première évaluation des conséquences du mégafeu de juillet en Gironde atteint déjà environ six millions d’euros, selon les éléments rapportés par Annie Genevard. Ce chiffre, qui ne concerne qu’un seul département, donne la mesure de l’ampleur des pertes pour les exploitations agricoles, entre destruction de récoltes, de matériel et de bâtiments d’élevage.
### Un défi structurel pour l’agriculture française
Au-delà de l’urgence immédiate, ces événements posent la question de la résilience à long terme du secteur agricole français. La répétition des épisodes de sécheresse et de canicule, couplée à des risques d’incendie accrus, impose une réflexion de fond sur les pratiques culturales, la gestion de la ressource en eau et les dispositifs d’indemnisation. Le plan annoncé pour le 3 septembre, s’il répond à une nécessité immédiate de soutien aux trésoreries, devra probablement s’accompagner de mesures structurelles pour préparer les exploitations aux défis climatiques à venir. La ministre a d’ailleurs insisté sur la nécessité d’anticiper des situations « identiques à l’avenir », suggérant que ce plan d’urgence pourrait constituer une première brique d’un dispositif plus vaste.