« Réussir à faire tourner l’usine avec moins de monde » : Cédric Meston, repreneur de Duralex, révèle son plan pour sauver durablement l’entreprise

Le tribunal de commerce d'Orléans a tranché. Selon les informations rapportées par Le Figaro, le projet de reprise porté par Cédric Meston, cofondateur de la st
Le tribunal de commerce d'Orléans a tranché. Selon les informations rapportées par Le Figaro, le projet de reprise porté par Cédric Meston, cofondateur de la start-up HappyVore, a été retenu pour sauver Duralex, le fabricant de verres incassables dont les difficultés financières s'accumulent depuis un quart de siècle. La décision, rendue publique le 14 octobre 2026, prévoit la reprise de 155 des 243 salariés de l'entreprise, soit une réduction d'environ 36 % des effectifs.
## Un plan assumé de réduction des effectifs
La formule employée par le repreneur résume l'ampleur de la transformation à venir. « Réussir à faire tourner l'usine avec moins de monde », a déclaré Cédric Meston au Figaro, conscient de la dimension sensible d'un tel choix. Le site de La Chapelle-Saint-Mesmin, dans le Loiret, devra ainsi fonctionner avec une équipe réduite, sans que les modalités précises de cette réorganisation n'aient été détaillées à ce stade. D'après les éléments rapportés par le quotidien, cette rationalisation viserait à restaurer la compétitivité d'un outil industriel fragilisé par des années de turbulences. Le repreneur, également soutenu par l'investisseur Xavier Niel au sein de sa holding Tomé, entend rompre avec la logique des échecs successifs.
## Quatre redressements, quatre échecs
Le passé récent de Duralex éclaire la difficulté de la tâche. « Duralex a connu quatre redressements judiciaires en quelques années, quatre changements de propriétaire », rappelle Cédric Meston. « Ils se sont traduits par quatre échecs. Nous souhaitons changer cette situation et stabiliser la société. » Cette instabilité chronique, qui s'étend sur vingt-cinq ans selon Le Figaro, a épuisé les capacités de rebond de l'entreprise. Chaque reprise s'est soldée par une nouvelle procédure collective, laissant entrevoir un problème structurel que les changements de gouvernance n'ont pas résolu. La notoriété de la marque, réputée pour la solidité de ses verres, n'a pas suffi à compenser les difficultés économiques.
## Un profil de repreneur atypique
La candidature de Cédric Meston surprend par son parcours. Cofondateur de HappyVore, spécialisée dans les alternatives végétales à la viande, il n'évolue pas dans le secteur verrier. Son expérience entrepreneuriale et le soutien financier dont il bénéficierait pourraient toutefois constituer des atouts pour restructurer l'entreprise. Reste à savoir si cette approche, fondée sur la réduction de la masse salariale, permettra d'atteindre l'équilibre sans compromettre la capacité industrielle du site. Le pari repose sur une équation délicate entre baisse des coûts et maintien d'une production viable.
## Un avenir encore incertain
Si la décision du tribunal offre un répit immédiat, elle ne garantit pas la pérennité de Duralex. Le plan de Cédric Meston devra démontrer sa capacité à stabiliser une entreprise marquée par vingt-cinq ans de crises. Les 88 salariés non repris devront, quant à eux, faire l'objet d'un accompagnement dont les contours n'ont pas été précisés. L'enjeu dépasse le seul cas de Duralex : il interroge la capacité du tissu industriel français à maintenir des sites emblématiques face à une concurrence internationale pressante.