Onyx Infos

Réunion à Kinshasa entre la RDC, le Burundi et le HCR pour accélérer le retour des réfugiés

Monde · · Par Claire BERNARD

Réunion à Kinshasa entre la RDC, le Burundi et le HCR pour accélérer le retour des réfugiés

# Réunion à Kinshasa entre la RDC, le Burundi et le HCR pour accélérer le retour des réfugiés La République démocratique du Congo, le Burundi et le Haut-Commiss

# Réunion à Kinshasa entre la RDC, le Burundi et le HCR pour accélérer le retour des réfugiés La République démocratique du Congo, le Burundi et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ont réaffirmé leur volonté commune d'accélérer les retours volontaires des populations déplacées, à l'issue d'une réunion tripartite de trois jours à Kinshasa. Cette rencontre, qui s'est tenue du 2 au 4 juin dans la capitale congolaise, visait à trouver des solutions durables pour des centaines de milliers de réfugiés des deux côtés de la frontière, dans un contexte marqué par une recrudescence des violences dans l'est de la RDC. ## Un engagement renouvelé pour des retours volontaires Selon des informations rapportées par RFI, la deuxième réunion de la Commission tripartite a rassemblé des représentants des gouvernements congolais et burundais ainsi que des responsables du HCR. Les participants ont réaffirmé jeudi 4 juin leur engagement à accélérer les retours volontaires des réfugiés congolais vivant au Burundi et des réfugiés burundais installés en RDC. Cette dynamique de coopération régionale s'inscrit dans le cadre des accords tripartites signés entre les deux pays et l'agence onusienne, visant à garantir des conditions de retour dignes et sécurisées pour les populations concernées. Le communiqué final de la réunion, dont les détails ont été relayés par des sources diplomatiques, souligne l'importance de respecter le caractère volontaire de tout retour, conformément au droit international des réfugiés. Les parties prenantes ont également convenu de renforcer les mécanismes de suivi et d'évaluation des opérations de rapatriement, afin d'assurer leur efficacité et leur transparence. ## Des centaines de milliers de réfugiés concernés Les chiffres évoqués lors de cette réunion témoignent de l'ampleur du défi humanitaire dans la région des Grands Lacs. D'après des données fournies par le HCR et citées par les participants, ce sont plusieurs centaines de milliers de personnes qui se trouvent actuellement en situation de déplacement forcé de part et d'autre de la frontière entre la RDC et le Burundi. Les causes de ces mouvements de population sont multiples et s'enracinent dans des décennies de conflits cycliques dans l'est de la RDC, ainsi que dans les crises politiques qu'a connues le Burundi. La situation s'est particulièrement aggravée depuis décembre dernier, avec l'offensive des rebelles de l'AFC/M23 sur la ville d'Uvira, dans la province du Sud-Kivu. Cette attaque, qui a provoqué des déplacements massifs de populations congolaises vers le Burundi voisin, a été citée comme un facteur ayant accru l'urgence d'une réponse coordonnée entre les deux États et les organisations humanitaires internationales. ## Un contexte régional toujours instable La réunion de Kinshasa intervient dans un climat de tensions persistantes dans l'est de la RDC, où plusieurs groupes armés continuent d'opérer malgré les efforts de pacification déployés par les autorités congolaises et la communauté internationale. La présence des rebelles de l'AFC/M23, qui ont étendu leurs opérations dans la région d'Uvira, constitue une menace directe pour la stabilité de la zone frontalière et complique les perspectives de retour des réfugiés. Les participants à la Commission tripartite ont reconnu que la sécurisation des zones de retour constituait un préalable indispensable à toute opération de rapatriement à grande échelle. Des discussions auraient eu lieu sur la possibilité de déployer des mécanismes de protection renforcés pour les populations civiles dans les zones concernées, bien qu'aucun détail concret n'ait été communiqué à l'issue de la réunion. Le HCR, de son côté, s'est engagé à poursuivre son appui logistique et financier aux opérations de retour, dans la limite des ressources disponibles. ## Des perspectives incertaines mais des avancées notables Si les déclarations d'intention émises à Kinshasa marquent une avancée dans la coopération bilatérale entre la RDC et le Burundi, la mise en œuvre concrète des engagements pris pourrait se heurter à des obstacles de taille. La persistance de l'insécurité dans l'est de la RDC, les capacités limitées des infrastructures d'accueil et les contraintes budgétaires du HCR constituent autant de défis à relever pour transformer les promesses en actions sur le terrain. Les prochaines étapes de ce processus tripartite devraient inclure des missions d'évaluation conjointes dans les zones de retour potentielles, ainsi que des campagnes d'information auprès des réfugiés pour les sensibiliser aux conditions de leur rapatriement. Les observateurs de la région des Grands Lacs restent néanmoins prudents quant à la capacité des parties prenantes à maintenir cette dynamique de dialogue dans la durée, dans un contexte où les crises humanitaires et sécuritaires tendent à se multiplier.