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Retraites : le report de l’âge de départ plus juste et efficace que la désindexation des pensions ?

Une · · Par Claire BERNARD

Retraites : le report de l’âge de départ plus juste et efficace que la désindexation des pensions ?

# Retraites : le report de l'âge de départ plus juste et efficace que la désindexation des pensions ? Selon une note publiée ce lundi par l'Institut des politiq

# Retraites : le report de l'âge de départ plus juste et efficace que la désindexation des pensions ? Selon une note publiée ce lundi par l'Institut des politiques publiques (IPP), la sous-indexation des pensions de retraite, souvent envisagée pour réduire le déficit du système, générerait davantage d'inégalités et d'incertitudes qu'un report de l'âge légal de départ. Alors que le déficit du système de retraite pourrait atteindre 6,8 milliards d'euros par an en 2030, soit 0,2 point de PIB selon le Conseil d'orientation des retraites, la question du choix des leviers d'ajustement structurel se pose avec une acuité renouvelée. ## ### Une désindexation aux effets inégalitaires documentés L'étude de l'IPP, dont les conclusions ont été relayées par Le Figaro ce 15 juin 2026, met en lumière les conséquences différenciées de la sous-indexation des pensions. Chaque année, les pensions de retraite sont revalorisées en fonction de l'inflation — elles l'ont été de +2,2 % en 2025 et de +0,9 % en 2026. Les sous-indexer permettrait certes d'endiguer la hausse des dépenses de retraite, mais cet outil présenterait des effets pervers substantiels. En effet, la désindexation pénaliserait davantage les retraités aux pensions les plus faibles, dont le pouvoir d'achat dépend étroitement de ces revalorisations annuelles. Les ménages les plus modestes, qui consacrent une part plus importante de leurs revenus aux dépenses courantes, seraient ainsi les premiers affectés par une moindre progression de leurs pensions. À l'inverse, les retraités disposant de revenus complémentaires ou d'un patrimoine important seraient moins vulnérables à cette mesure. Par ailleurs, la désindexation introduirait une forme d'incertitude pour les futurs retraités, qui ne pourraient plus anticiper avec précision le niveau de leurs pensions. Cette instabilité pourrait, selon les auteurs de l'étude, fragiliser la confiance dans le système par répartition et encourager des comportements d'épargne individuels potentiellement inefficaces. ## ### Le report de l'âge légal comme alternative plus équitable Face à ces constats, le report de l'âge légal de départ à la retraite apparaîtrait, selon l'IPP, comme une solution à la fois plus juste et plus efficace. Ce levier présenterait l'avantage de répartir l'effort d'ajustement sur l'ensemble des actifs, plutôt que de peser exclusivement sur les retraités. En allongeant la durée de cotisation, on augmenterait mécaniquement les recettes du système tout en réduisant la durée de versement des pensions. Cette approche permettrait également de préserver le principe de solidarité intergénérationnelle qui fonde le système par répartition. Les actifs, qui bénéficient d'une espérance de vie en hausse, participeraient davantage au financement des retraites, tandis que les pensionnés actuels verraient leurs droits maintenus. Une répartition des efforts jugée plus équitable par les économistes de l'IPP. Toutefois, le report de l'âge légal n'est pas sans susciter des oppositions. Les syndicats de salariés dénoncent régulièrement une mesure qui pénaliserait les travailleurs ayant commencé leur carrière tôt ou exerçant des métiers pénibles. Les débats autour de la réforme des retraites de 2023 avaient d'ailleurs mis en lumière ces clivages, avec des manifestations d'ampleur dans plusieurs villes françaises. ## ### Un débat qui s'annonce vif dans les prochains mois La note de l'IPP intervient dans un contexte où la question du financement des retraites devrait occuper une place centrale dans les débats budgétaires à venir. La sous-indexation des pensions, régulièrement évoquée lors des discussions annuelles sur le budget de la Sécurité sociale, pourrait faire son grand retour dans les prochains mois, selon les informations rapportées par Le Figaro. Les décideurs politiques se trouvent ainsi face à un arbitrage complexe entre équité, efficacité et acceptabilité sociale. Si le report de l'âge légal semble présenter des avantages en termes de justice distributive, sa mise en œuvre se heurte à des résistances sociales significatives. La désindexation, bien que techniquement plus simple à mettre en place, soulève des inquiétudes légitimes quant à ses conséquences sur le pouvoir d'achat des retraités les plus vulnérables. Le Conseil d'orientation des retraites, dans ses projections, estime que le déficit du système pourrait représenter 6,8 milliards d'euros par an en 2030. Un chiffre qui donne la mesure des enjeux et qui devrait alimenter les débats dans les mois à venir, alors que le gouvernement devra trancher entre ces différents leviers d'ajustement. La question centrale demeure : qui doit payer pour maintenir le système de retraite à flot ? Une interrogation qui, selon toute vraisemblance, continuera de structurer le débat public français.