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Responsabilité collective, saisie des prestations sociales… Ce que contient la loi «casseurs payeurs», dont l’examen au Sénat a été avancé

Une · · Par Claire BERNARD

Responsabilité collective, saisie des prestations sociales… Ce que contient la loi «casseurs payeurs», dont l’examen au Sénat a été avancé

L'examen du projet de loi « casseurs payeurs » au Sénat a été avancé au mois d'octobre, a confirmé Matignon au Figaro, relayant une information du Parisien. Le

L'examen du projet de loi « casseurs payeurs » au Sénat a été avancé au mois d'octobre, a confirmé Matignon au Figaro, relayant une information du Parisien. Le texte, porté par l'exécutif depuis juin dernier, n'avait jusqu'alors pas été inscrit à l'ordre du jour parlementaire. Selon les informations rapportées par Le Figaro, le Premier ministre Sébastien Lecornu entend, par cette accélération, afficher une position de fermeté après les débordements survenus ces derniers jours. ## Un dispositif de responsabilité collective Le projet de loi, présenté en Conseil des ministres le 16 septembre, vise principalement à contraindre les auteurs de dégradations dans l'espace public à en assumer le coût financier. Sa mesure la plus discutée réside dans l'instauration d'une forme de responsabilité collective : lorsque l'auteur direct d'une dégradation ne peut être identifié, la charge financière pourrait être répartie sur un ensemble de personnes rattachées aux faits. Ce mécanisme, inédit dans le droit français, suscite des interrogations juridiques quant à sa conformité avec les principes constitutionnels de responsabilité personnelle, notamment au regard de la présomption d'innocence. ## La saisie des prestations sociales en question L'article 3 du texte, particulièrement commenté, prévoit une retenue sur les prestations sociales dans certains cas. Selon Le Figaro, cette disposition pourrait concerner les allocations familiales ainsi que les aides personnalisées au logement (APL). Le mécanisme consisterait à prélever directement sur ces versements afin de recouvrer les sommes dues au titre des dégradations. Cette mesure soulève de nombreuses questions : quels critères déclencheraient la saisie ? Quel seuil de preuve serait exigé ? Les modalités précises restent, à ce stade, à préciser dans le texte soumis aux parlementaires. ## Un calendrier politique resserré L'accélération de l'examen parlementaire intervient dans un contexte de tension politique. Le texte avait été proposé par l'exécutif en juin dernier, au lendemain du sacre du PSG en Ligue des Champions, un événement marqué par des incidents dans plusieurs villes françaises. Sa présentation en Conseil des ministres le 16 septembre, puis son inscription accélérée à l'agenda du Sénat, traduisent la volonté gouvernementale de répondre rapidement aux attentes sécuritaires. Toutefois, le passage devant la chambre haute pourrait donner lieu à des débats nourris, notamment sur l'équilibre entre efficacité répressive et garanties juridiques. ## Un enjeu de fond sur la responsabilité Au-delà des mesures techniques, ce projet de loi pose une question de fond : jusqu'où peut-on étendre la responsabilité individuelle à un collectif ? En effet, le droit français repose traditionnellement sur une responsabilité personnelle et démontrée. L'introduction d'une logique de responsabilité collective, même encadrée, pourrait constituer un précédent dont la portée dépasse le seul cadre des dégradations urbaines. Par ailleurs, la saisie de prestations sociales, souvent perçues comme un filet de sécurité pour les ménages modestes, pourrait être contestée devant les juridictions constitutionnelles. Le débat sénatorial, avancé à octobre, devrait permettre de mesurer l'ampleur des soutiens et des réserves que ce texte suscite au sein même de la majorité et de l'opposition.