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Résistantes à la sécheresse, "non transgéniques"… Que sont ces nouveaux OGM que les eurodéputés s’apprêtent à approuver ?

Une · · Par Claire BERNARD

Résistantes à la sécheresse,

# Résistantes à la sécheresse, "non transgéniques"… Que sont ces nouveaux OGM que les eurodéputés s'apprêtent à approuver ? Le Parlement européen s'apprête à vo

# Résistantes à la sécheresse, "non transgéniques"… Que sont ces nouveaux OGM que les eurodéputés s'apprêtent à approuver ? Le Parlement européen s'apprête à voter un texte qui pourrait profondément modifier le paysage agricole du continent. Selon des informations rapportées par *Midi Libre*, les eurodéputés examinent actuellement une proposition visant à autoriser la mise sur le marché de plantes issues de nouvelles techniques de sélection génomique, présentées comme plus résistantes à la sécheresse ou aux maladies et moins gourmandes en pesticides. Ces cultures, qualifiées de "non transgéniques" par leurs promoteurs, suscitent pourtant une vive controverse, notamment parmi les petits exploitants et les organisations environnementales. ## Des techniques de modification génétique ciblée ### ### Les NGT, une évolution des biotechnologies végétales Ces nouveaux organismes génétiquement modifiés, désignés sous l'acronyme NGT (New Genomic Techniques), se distinguent des OGM traditionnels par leur méthode de conception. Contrairement aux transgéniques classiques qui incorporent de l'ADN d'une espèce différente, les NGT utilisent des outils comme CRISPR-Cas9 pour modifier le génome de la plante de manière plus ciblée. D'après des sources scientifiques consultées par nos confrères, ces techniques permettraient d'obtenir des mutations similaires à celles qui pourraient survenir naturellement ou par sélection conventionnelle, mais en un temps considérablement réduit. Les partisans de cette technologie affirment qu'elle pourrait accélérer le développement de variétés capables de résister au changement climatique, notamment à la sécheresse qui menace les rendements agricoles dans le sud de l'Europe. ### ### Un cadre réglementaire en débat La proposition actuellement débattue au Parlement européen vise à assouplir la réglementation applicable à ces plantes. Selon des documents préparatoires cités par *Midi Libre*, les eurodéputés devraient se prononcer sur un texte qui distinguerait deux catégories de NGT : celles considérées comme "équivalentes" aux variétés conventionnelles, qui seraient exemptées des obligations d'étiquetage et de traçabilité imposées aux OGM classiques, et celles présentant des modifications plus complexes, qui resteraient soumises à la réglementation existante. Cette distinction cristallise les tensions entre les partisans d'une agriculture high-tech et les défenseurs d'une production plus traditionnelle. ## Des promesses écologiques contestées ### ### Résistance aux maladies et réduction des pesticides Les promoteurs de ces nouvelles techniques mettent en avant leurs bénéfices environnementaux potentiels. Des variétés de blé résistantes à l'oïdium, de pommes de terre moins sensibles au mildiou ou encore de vigne capable de supporter la sécheresse pourraient voir le jour grâce aux NGT. D'après des études préliminaires mentionnées dans l'article de *Midi Libre*, ces cultures pourraient permettre une réduction significative de l'usage de produits phytosanitaires, répondant ainsi aux objectifs du Green Deal européen qui vise à diminuer de 50 % l'utilisation des pesticides d'ici 2030. Les partisans de cette approche estiment qu'elle offre une solution technologique aux défis agricoles contemporains, sans recourir aux méthodes controversées des OGM de première génération. ### ### Les inquiétudes des petits exploitants et des associations Cependant, cette perspective suscite une forte opposition. Les organisations paysannes, notamment la Confédération paysanne en France, dénoncent un processus qui bénéficierait avant tout aux grands groupes semenciers. Selon des sources associatives, l'assouplissement réglementaire risquerait de concentrer davantage le marché des semences entre les mains de quelques multinationales, tout en exposant les agriculteurs à des risques de contamination des cultures biologiques et conventionnelles. Les opposants pointent également l'absence d'études indépendantes sur les impacts à long terme de ces modifications génétiques sur la biodiversité et la santé humaine. La question de l'étiquetage est particulièrement sensible : sans obligation de mention "OGM", les consommateurs ne pourraient pas faire un choix éclairé entre des produits issus de ces techniques et ceux de l'agriculture conventionnelle. ## Un vote aux implications majeures pour l'agriculture européenne Le vote attendu au Parlement européen pourrait ouvrir la voie à une libéralisation encadrée de ces nouvelles techniques génomiques. Selon des observateurs proches des négociations, le texte devrait recueillir une majorité, portée par les groupes politiques de droite et du centre, tandis que les Verts et une partie de la gauche s'y opposent. Si la proposition est adoptée, elle devra encore être négociée avec le Conseil de l'Union européenne, qui représente les États membres. La France, par la voix de son ministre de l'Agriculture, s'est prononcée en faveur d'une régulation différenciée, tout en réclamant des garanties pour les filières biologiques. Ce débat illustre les tensions croissantes entre innovation technologique et souveraineté alimentaire, dans un contexte où l'agriculture européenne doit concilier productivité, respect de l'environnement et acceptabilité sociale. Les prochaines semaines seront décisives pour déterminer si l'Europe choisit d'embrasser pleinement ces biotechnologies ou de maintenir un principe de précaution renforcé.