Réseaux d’eau piratés, usines menacées... Cette alerte du FBI qui fait planer le spectre de défaillances industrielles en France

Les autorités américaines ont publié, mercredi, une alerte conjointe du FBI, de la CISA et de la NSA concernant une série de cyberattaques coordonnées visant le
Les autorités américaines ont publié, mercredi, une alerte conjointe du FBI, de la CISA et de la NSA concernant une série de cyberattaques coordonnées visant les réseaux d'eau potable de plusieurs États, selon des informations rapportées par *Le Figaro*. Ces intrusions, attribuées à des pirates proches du régime de Téhéran, ont déjà provoqué des inondations, des pertes de pression et des arrêts de service dans une douzaine d'États, dont le Michigan, le Dakota du Sud, le New Jersey et l'Arkansas. Cette menace cible des « automates » industriels massivement utilisés en France, où une alerte similaire avait déjà été émise.
## Une campagne coordonnée contre les infrastructures critiques américaines
D'après l'alerte publiée par les autorités américaines, une nuée de pirates non identifiés, mais supposément proches du régime de Téhéran, tenterait de s'introduire dans les réseaux d'eau du pays depuis le début de la guerre en Iran. Les attaques, coordonnées et d'une ampleur inédite, auraient touché une douzaine d'États américains. Dans le Minnesota, plus de 30 réseaux d'eau auraient été compromis simultanément, provoquant des pertes de pression et des arrêts de service. En Géorgie, une compagnie des eaux locale desservant 300 000 personnes aurait subi une importante chute de pression, les habitants se retrouvant privés d'un approvisionnement normal en eau potable.
Ces cyberattaques ciblent spécifiquement des « automates » programmables (PLC) et des systèmes de contrôle industriels (SCADA) qui gèrent les pompes, les vannes et les capteurs des réseaux de distribution. En prenant le contrôle de ces équipements, les pirates pourraient manipuler les débits, ouvrir des vannes de manière inopinée ou provoquer des surpressions destructrices. Les autorités américaines ont d'ailleurs fait état d'inondations localisées et de dommages matériels dans plusieurs installations, sans toutefois préciser l'ampleur exacte des dégâts.
## Un secteur de l'eau français tout aussi vulnérable
La menace dépasse largement les frontières américaines. En effet, les automates ciblés par ces attaques sont massivement déployés en France, où ils pilotent une grande partie des infrastructures critiques : usines de traitement d'eau, stations de pompage, réseaux d'assainissement, mais aussi sites industriels, centrales énergétiques et installations chimiques. Selon des informations rapportées par *Le Figaro*, une alerte similaire avait déjà été émise en France, signalant la vulnérabilité de ces équipements face à des intrusions à distance.
Les experts en cybersécurité soulignent que ces systèmes, souvent conçus il y a plusieurs décennies, présentent des failles de sécurité connues et rarement corrigées. Leur connexion croissante aux réseaux informatiques, nécessaire pour la supervision à distance, les expose davantage aux tentatives d'intrusion. Par ailleurs, la France a déjà été confrontée à une recrudescence de cyberattaques visant ses infrastructures, notamment dans les secteurs de la santé, des collectivités territoriales et des opérateurs d'importance vitale (OIV). Les fuites massives de données récentes, symptômes de la fragilité des défenses numériques françaises, pourraient n'être que le prélude à des attaques plus destructrices visant les processus physiques.
## Des conséquences potentielles majeures pour l'industrie française
Au-delà du secteur de l'eau, ce sont l'ensemble des usines et des sites industriels français qui pourraient être concernés par ce type de menace. Les automates programmables sont en effet au cœur des chaînes de production dans l'automobile, la chimie, la pharmacie, l'agroalimentaire ou encore la métallurgie. Une prise de contrôle malveillante de ces équipements pourrait entraîner des arrêts de production prolongés, des dommages matériels considérables, voire des accidents industriels aux conséquences humaines et environnementales graves.
Les autorités françaises, conscientes de ces risques, ont renforcé ces dernières années la surveillance des OIV et encouragé les opérateurs à durcir la sécurité de leurs systèmes industriels. Toutefois, la multiplicité des acteurs, la vétusté de certains équipements et la difficulté à recruter des experts en cybersécurité industrielle constituent des freins majeurs à une protection efficace. L'alerte du FBI et de la CISA, relayée par les services français, pourrait inciter les industriels et les gestionnaires de réseaux d'eau à accélérer leurs programmes de mise à niveau, même si le coût de ces opérations reste élevé.
Cette menace, qui plane désormais sur les infrastructures critiques européennes, soulève également des questions de souveraineté technologique. La dépendance à des équipements fabriqués à l'étranger, notamment en Asie et aux États-Unis, limite en effet la capacité de la France à auditer et sécuriser pleinement ces systèmes. Les prochaines semaines pourraient être décisives pour évaluer l'ampleur réelle de ces intrusions et déterminer si des réseaux français ont déjà été ciblés, sans que l'information ait été rendue publique.