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REPORTAGE. "Au lieu d'exposer 120 à 130 soldats au combat, on enverra nos robots et nos drones" : comment l'armée française prépare les combats de demain

Economie · · Par Julie MOREAU

REPORTAGE.

# L’unité Pendragon : quand l’armée française robotise ses combats d’ici 2028 L’armée de terre française accélère sa transformation technologique. Sur le camp d

# L’unité Pendragon : quand l’armée française robotise ses combats d’ici 2028 L’armée de terre française accélère sa transformation technologique. Sur le camp de manœuvre de Saint-Cyr Coëtquidan, en Bretagne, l’unité robotique de combat baptisée « Pendragon » s’entraîne à intégrer drones aériens, drones terrestres et munitions intelligentes, le tout orchestré par une intelligence artificielle. L’objectif, selon les informations recueillies par France Info, est d’atteindre une capacité opérationnelle dès 2028. Une révolution qui pourrait, à terme, réduire drastiquement l’exposition des soldats au feu ennemi. ## Une autonomie croissante des systèmes d’armes ### Des drones qui se dirigent seuls Lors des exercices observés, un drone d’attaque a décollé à 1 600 mètres de sa cible, un camion blanc positionné sur le terrain. L’engin n’était pas piloté à distance : il s’est dirigé de lui-même, ajustant sa trajectoire, son altitude, et contournant les obstacles – arbres, reliefs – sans intervention humaine. Ce niveau d’autonomie, rendu possible par l’intelligence artificielle embarquée, constitue le cœur de la doctrine Pendragon. L’IA analyse en temps réel l’environnement et prend les décisions de navigation et d’engagement selon des règles préétablies. ### La promesse d’une réduction des pertes humaines Le principe est clair : « Au lieu d’exposer 120 à 130 soldats au combat, on enverra nos robots et nos drones », résument les responsables de l’unité cités par France Info. L’idée n’est pas de supprimer le soldat, mais de le placer en retrait, dans un rôle de supervision et de validation des frappes. Les robots deviendraient les premiers à entrer dans la zone de danger, absorbant les tirs et les pièges. Une approche qui s’inspire directement des retours d’expérience des conflits récents, où la guerre de haute intensité expose des effectifs massifs à des pertes potentiellement lourdes. ## Un calendrier serré pour une technologie encore en développement ### 2028 comme horizon opérationnel Le programme Pendragon se construit « brique technologique par brique technologique », selon les termes employés sur place. Chaque composant – drone aérien, drone terrestre, système de commandement – est testé séparément avant d’être intégré dans un ensemble cohérent. L’échéance de 2028 est ambitieuse : elle suppose que les problèmes de fiabilité, de coordination entre systèmes et de robustesse face au brouillage électronique soient résolus d’ici là. Les essais en conditions réelles, comme ceux observés en Bretagne, visent à valider la maturité des technologies. ### Un défilé peut-être pour 2027 Les robots de combat n’ont pas défilé sur les Champs-Élysées pour le 14-Juillet 2026. Mais les responsables militaires n’excluent pas une présentation dès l’année suivante, si les tests s’avèrent concluants. Une telle démonstration publique aurait une portée symbolique forte : elle marquerait l’entrée de la France dans l’ère des essaims robotisés, aux côtés des États-Unis, d’Israël ou de la Chine, déjà avancés sur ces sujets. ## Des implications stratégiques et éthiques majeures ### Repenser la doctrine d’emploi L’introduction massive de robots et d’IA dans le combat pose des questions inédites. Jusqu’où l’autonomie décisionnelle peut-elle aller ? Qui est responsable en cas de frappe erronée ? La France, comme ses alliés, insiste sur le maintien d’un « humain dans la boucle » pour les décisions de tir. Mais la vitesse des combats futurs, où des essaims de drones devront réagir en fractions de seconde, pourrait rendre ce principe difficile à tenir. ### Un avantage compétitif à préserver Pour l’état-major, l’enjeu est aussi industriel et stratégique. Ne pas investir dans la robotisation, c’est prendre le risque d’un décrochage technologique face à des adversaires potentiels. Le programme Pendragon s’inscrit dans une logique de souveraineté : il s’agit de maîtriser les chaînes de conception et de production sur le sol national, au sein de la base industrielle et technologique de défense française. L’armée de terre pose ainsi les premiers jalons d’un futur où le soldat, toujours présent, pourrait ne plus être le premier à tomber. Reste à savoir si la technologie tiendra ses promesses d’ici 2028, et si le cadre juridique et éthique suivra le rythme des innovations.