René Sadi, ministre de la Communication du Cameroun: «Le président est en vie... Il n'y a aucune vacance du pouvoir !»

L'absence prolongée de Paul Biya, président du Cameroun, hors de ses frontières depuis près de deux mois, a fini par contraindre le gouvernement à une prise de
L'absence prolongée de Paul Biya, président du Cameroun, hors de ses frontières depuis près de deux mois, a fini par contraindre le gouvernement à une prise de parole officielle. Dimanche 2 août, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, a accordé un entretien exclusif au micro de RFI pour tenter de dissiper les interrogations croissantes. Une sortie médiatique inédite qui intervient dans un climat de spéculations intenses, alimenté par l’opposition et une partie de l’opinion publique.
### ### Une déclaration destinée à rassurer
Interrogé par le journaliste Polycarpe Essomba, René Emmanuel Sadi a martelé une formule simple mais lourde de sens : « Le président est en vie... Il n'y a aucune vacance du pouvoir ! ». Le porte-parole du gouvernement a également annoncé, sans toutefois fournir de détails supplémentaires, le retour imminent du chef de l'État dans son pays. Cette affirmation, rapportée par RFI, se veut une réponse directe aux rumeurs et aux inquiétudes qui circulent depuis plusieurs semaines sur l'état de santé et la localisation exacte de Paul Biya, au pouvoir depuis 1982.
### ### Une absence qui interroge la classe politique
L'éloignement prolongé du président camerounais, qui n'a plus été vu en public depuis son départ du territoire, nourrit un questionnement légitime au sein de la classe politique locale. Selon des informations rapportées par RFI, l'opposition aurait notamment saisi cette occasion pour évoquer un possible vide institutionnel. La déclaration du ministre de la Communication semble donc calibrée pour endiguer ces critiques et réaffirmer la continuité de l'État. Toutefois, l'absence de précisions sur la nature du voyage ou la date exacte du retour pourrait ne pas suffire à apaiser durablement les esprits, d'autant plus que le silence des services de la présidence avait jusqu'ici prévalu.
### ### Le poids d'une communication gouvernementale sous tension
Cette prise de parole intervient dans un contexte où la communication gouvernementale se doit d'être particulièrement maîtrisée. En effet, la gestion de l'information autour de la santé et des déplacements des chefs d'État africains est un sujet sensible, souvent source de tensions et de désinformation. En s'exprimant sur les ondes de RFI, une radio internationale de référence, le gouvernement camerounais semble vouloir toucher à la fois un public national et une audience internationale. Le ministre René Emmanuel Sadi, qui devait être l'invité principal de l'émission « Grand Invité Afrique » ce lundi 3 août, avait ainsi l'occasion de développer une argumentation plus étoffée, mais ses propos préliminaires laissent entrevoir une stratégie de communication visant à clore le débat plutôt qu'à l'ouvrir.
### ### Un calendrier politique scruté
Au-delà de la simple question de la présence physique du président, c'est bien la gestion du pouvoir et la stabilité des institutions qui sont observées. Si le ministre affirme qu'il n'y a « aucune vacance du pouvoir », les mécanismes constitutionnels de suppléance en cas d'empêchement pourraient être au cœur des discussions dans les prochains jours. L'annonce d'un retour « imminent » devrait, si elle se concrétise, permettre de dissiper les zones d'ombre. Toutefois, tant que le retour effectif de Paul Biya n'est pas constaté par des faits tangibles, les spéculations pourraient persister, alimentées par l'opacité qui entoure habituellement les déplacements présidentiels dans le pays. La déclaration du ministre de la Communication, bien que ferme, repose désormais sur une promesse dont l'exécution sera jugée par les faits.