«Remigration» des Ukrainiens, apprentissage du russe, levée des sanctions... Le programme pro-Kremlin de l’AfD en Saxe-Anhalt

Largement en tête des sondages pour l’élection régionale à venir, l’AfD de Saxe-Anhalt a dévoilé un programme gouvernemental résolument aligné sur les positions
Largement en tête des sondages pour l’élection régionale à venir, l’AfD de Saxe-Anhalt a dévoilé un programme gouvernemental résolument aligné sur les positions du Kremlin. Selon les informations rapportées par *Le Figaro*, ce texte, rédigé par la direction locale du parti dirigée par Ulrich Siegmund, prône notamment la « remigration » des Ukrainiens réfugiés en Allemagne, l’apprentissage du russe dans les écoles et la levée des sanctions européennes contre Moscou.
### Une ligne politique ouvertement pro-russe
Le programme de l’AfD de Saxe-Anhalt, dont la teneur a été révélée par le quotidien français le 8 septembre 2026, traduit une orientation géopolitique claire. Le parti d’extrême droite allemande, qui pourrait remporter le Land lors du scrutin régional, y défend une normalisation complète des échanges commerciaux avec la Russie. Cette position s’inscrit dans un contexte de division interne au sein de la formation politique outre-Rhin. En effet, la ligne à tenir face à Moscou ne fait pas consensus, y compris au sein des instances dirigeantes nationales.
D’après les éléments publiés, la fin de l’année 2025 avait déjà été marquée par de fortes tensions internes après la participation de plusieurs élus à une conférence organisée à Sotchi. Les deux co-présidents du parti incarnent d’ailleurs des nuances stratégiques distinctes. Tino Chrupalla entretient une proximité affichée avec le Kremlin, tandis qu’Alice Weidel, sans renoncer à l’idée d’un rapprochement économique avec la Russie, privilégierait un partenariat renforcé avec l’administration Trump. La section de Saxe-Anhalt et son dirigeant Ulrich Siegmund appartiendraient sans équivoque au premier courant, le plus favorable aux thèses moscovites.
### Des mesures radicales pour les réfugiés ukrainiens
Le volet migratoire du programme régional prévoit des dispositions particulièrement strictes à l’égard des ressortissants ukrainiens présents sur le territoire allemand. Le terme de « remigration », utilisé dans le document, suggère un dispositif de retour forcé ou fortement incité vers l’Ukraine, alors que le pays est toujours en proie au conflit armé qui l’oppose à la Russie. Cette proposition intervient dans un climat politique européen où la question de l’accueil des déplacés ukrainiens demeure un sujet sensible, de nombreux États membres ayant maintenu des dispositifs de protection temporaire depuis 2022.
Par ailleurs, le programme inclurait une mesure symbolique forte concernant l’enseignement des langues. La promotion de l’apprentissage du russe dans le système éducatif régional est présentée comme un outil de rapprochement culturel, une initiative qui pourrait être perçue comme une forme de reconnaissance des positions diplomatiques de Moscou. Les implications d’une telle orientation, si elle était mise en œuvre, dépasseraient le cadre strictement scolaire pour toucher aux relations intercommunautaires au sein du Land.
### Un contexte électoral sous haute tension
L’élection régionale en Saxe-Anhalt, dont le scrutin se profile, place l’AfD dans une position de force inédite. Les sondages cités par *Le Figaro* créditent le parti d’une avance significative, ce qui rend ce programme crédible comme base de négociation pour une éventuelle coalition. Toutefois, les autres formations politiques du Land, tant au niveau local que fédéral, ont exprimé à plusieurs reprises leur refus de s’associer à l’AfD, ce qui pourrait compliquer la formation d’un gouvernement stable.
La position de la section de Saxe-Anhalt sur la Russie pourrait également accentuer les divergences avec la direction fédérale. Si Alice Weidel a récemment nuancé son discours pour séduire un électorat plus modéré, les propositions radicales de la branche régionale, notamment sur la « remigration », risquent de raviver les débats internes. L’évolution de la campagne électorale dans les prochaines semaines sera déterminante pour mesurer l’impact de ce programme sur les intentions de vote, d’autant plus que la question des relations avec la Russie reste l’un des sujets les plus clivants de la politique étrangère allemande contemporaine.