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Règlements de compte, trafic de drogue... Comment la trottinette est devenue l’accessoire indispensable des narcotrafiquants lyonnais

Une · · Par Claire BERNARD

Règlements de compte, trafic de drogue... Comment la trottinette est devenue l’accessoire indispensable des narcotrafiquants lyonnais

La trottinette électrique s’est imposée en quelques années comme l’outil logistique central du banditisme lyonnais, au point de devenir le dénominateur commun d

La trottinette électrique s’est imposée en quelques années comme l’outil logistique central du banditisme lyonnais, au point de devenir le dénominateur commun de plusieurs affaires criminelles récentes. Des livraisons de stupéfiants aux règlements de compte les plus violents, ce deux-roues léger semble avoir supplanté le scooter dans les pratiques des narcotrafiquants de la métropole. Selon des informations rapportées par *Le Figaro* Lyon, les forces de l’ordre observent une utilisation croissante de cet engin, dont les caractéristiques techniques offrent des avantages décisifs pour échapper aux patrouilles. ### ### Une découverte qui illustre un changement de méthodes Fin juillet, dans la commune de Vaulx-en-Velin, une patrouille de la Brigade anticriminalité (Bac) a fait une découverte pour le moins singulière. Les policiers sont tombés sur quatre hommes s’affairant autour d’une camionnette, à l’intérieur de laquelle ils ont mis la main sur un équipement complet, décrit par les enquêteurs comme le « parfait attirail du tueur à gage moderne ». Celui-ci se composait notamment d’une trottinette électrique sur laquelle était fixée une arme de guerre de type kalachnikov. Cette configuration, qui pourrait sembler anecdotique, révèle en réalité une évolution tactique profonde dans l’organisation des opérations criminelles locales. La mobilité réduite de l’engin, couplée à sa capacité à se faufiler dans les ruelles les plus étroites, en ferait un vecteur d’approche particulièrement redouté par les services de sécurité. ### ### Une série de fusillades au modus operandi identique Le phénomène ne se limite pas à un unique incident isolé. Dans les jours qui ont suivi cette saisie, deux restaurants situés dans le cœur de la métropole de Lyon ont été la cible de tirs nourris, perpétrés par un individu circulant à trottinette. Quatre jours plus tard, un nouveau tireur, toujours à bord d’un tel engin, a ouvert le feu sur un homme connu pour des faits liés au trafic de drogue, à proximité immédiate de la mairie de Villeurbanne. Ces trois événements, qui n’entretiennent a priori aucun lien direct entre eux, partagent pourtant un dénominateur commun frappant : l’utilisation systématique d’un deux-roues léger et motorisé. D’après les éléments rapportés par le quotidien national, ce choix logistique ne serait pas le fruit du hasard, mais répondrait à une analyse précise des failles du dispositif de surveillance urbain. ### ### Un outil difficile à tracer pour les enquêteurs L’attrait des délinquants pour la trottinette électrique s’expliquerait par plusieurs facteurs techniques et pratiques. Contrairement à un scooter ou une moto, cet engin ne nécessite ni plaque d’immatriculation, ni assurance obligatoire, ce qui complique considérablement le travail d’identification des forces de l’ordre. De plus, sa maniabilité supérieure permet de circuler sur les trottoirs, dans les parcs ou en sens interdit, offrant des possibilités de fuite que les véhicules motorisés traditionnels ne permettent pas. Enfin, son coût d’acquisition relativement modeste, y compris pour des modèles performants, la rend accessible à une large frange de la délinquance. Ces caractéristiques, cumulées, en feraient un outil quasi idéal pour les opérations rapides, qu’il s’agisse de livrer des stupéfiants à domicile ou de mener à bien une action violente avant de disparaître rapidement dans la circulation. ### ### Une adaptation des narcotrafiquants aux méthodes de surveillance Cette évolution intervient dans un contexte où la guerre des narcotrafiquants a gagné Lyon, comme l’a récemment documenté *Le Figaro* dans une enquête consacrée aux « intimidations, jambisations, règlements de compte ». L’adoption de la trottinette s’inscrirait dans une logique d’adaptation constante des réseaux criminels aux nouvelles méthodes de surveillance, notamment l’usage accru des caméras de vidéoprotection et des drones. En optant pour un véhicule discret, peu identifiable et silencieux, les auteurs de ces actes réduiraient considérablement leur empreinte numérique et visuelle. Les services de police, conscients de cette tendance, devraient probablement intégrer ce paramètre dans leurs prochaines stratégies d’intervention, alors que la saison estivale a déjà été marquée par une recrudescence des tensions dans certains quartiers de la métropole.