Onyx Infos

«Règle des 3», «syndrome d’écrasement» et menace de la pluie : au Népal, la course contre la montre des secouristes pour retrouver les disparus

Une · · Par Claire BERNARD

«Règle des 3», «syndrome d’écrasement» et menace de la pluie : au Népal, la course contre la montre des secouristes pour retrouver les disparus

Au Népal, les secouristes poursuivent une course contre la montre pour tenter de retrouver les quelque 1 400 personnes portées disparues depuis les inondations

Au Népal, les secouristes poursuivent une course contre la montre pour tenter de retrouver les quelque 1 400 personnes portées disparues depuis les inondations catastrophiques survenues mercredi dans le pays et au Tibet voisin. Le bilan provisoire, rapporté par Le Figaro, fait état de 552 morts, un chiffre qui ne cesse de s'alourdir au fil des heures tandis que les équipes de secours affrontent des conditions d'accès particulièrement périlleuses. ## Des chances de survie « beaucoup plus faibles » que lors d'un séisme Selon les informations rapportées par Le Figaro, Rémy Desbois, membre de l'ONG Pompiers Urgence internationale, établit que les chances de survie des disparus sont « beaucoup plus faibles que dans un tremblement de terre ». Cette analyse repose notamment sur la nature même de la catastrophe : une coulée de boue massive qui a englouti des zones entières, rendant les opérations de recherche extrêmement complexes. La « règle des 3 », principe fondamental du secourisme selon lequel un être humain peut survivre environ trois minutes sans oxygène, trois heures sans abri dans des conditions extrêmes, trois jours sans eau et trois semaines sans nourriture, constitue le cadre de référence des équipes sur le terrain. Passé ce délai, les probabilités de retrouver des survivants s'amenuisent considérablement, d'autant plus que les victimes ensevelies sous la boue pourraient être exposées au « syndrome d'écrasement », une pathologie grave survenant lors de la compression prolongée des membres. ## Un accès aux zones sinistrées particulièrement dangereux L'organisation des opérations de sauvetage se heurte à des obstacles majeurs. D'après les éléments rapportés par le quotidien français, l'atterrissage des hélicoptères s'avère impossible dans plusieurs secteurs dévastés, ce qui contraint les secouristes à privilégier des itinéraires terrestres boueux et instables. « L'une des premières urgences consiste à dégager des accès, libérer les aéroports pour faciliter l'arrivée des renforts », souligne Rémy Desbois, bénévole auprès de l'ONG Pompiers Urgence internationales. Or, le terrain reste sous la menace de nouvelles inondations, les précipitations n'ayant pas cessé dans la région. Cette instabilité climatique complique davantage la logistique humanitaire et expose les équipes de secours à des risques supplémentaires, alors que chaque heure écoulée réduit les espoirs de retrouver des survivants. ## La menace persistante de la pluie sur les opérations Les conditions météorologiques constituent un facteur aggravant dans cette catastrophe. La pluie, qui n'a pas épargné les zones sinistrées depuis le début de la crise, pourrait provoquer de nouvelles coulées de boue et entraver les déplacements des secouristes. Selon les informations disponibles, les équipes travaillent dans des zones où le terrain est saturé d'eau, rendant chaque intervention particulièrement hasardeuse. Cette menace climatique impose une réévaluation constante des priorités : sécuriser les accès, évacuer les blessés et tenter de localiser les disparus dans un environnement qui se dégrade d'heure en heure. Les autorités népalaises, confrontées à l'ampleur du sinistre, devraient également composer avec l'afflux d'aide humanitaire internationale qui nécessite une coordination logistique fine malgré des infrastructures endommagées. ## Un décompte qui pourrait encore s'alourdir Le bilan de 552 morts, qualifié de provisoire par les autorités, pourrait évoluer dans les prochains jours. Les opérations de déblaiement, qui se poursuivent dans des conditions extrêmes, devraient permettre d'établir un état des lieux plus précis de la catastrophe. Toutefois, les disparus étant probablement ensevelis sous une épaisse couche de boue, leur localisation exacte demeure incertaine. La comparaison établie par Rémy Desbois avec les séismes, où les victimes peuvent survivre plusieurs jours dans des poches d'air, souligne la spécificité tragique de cette inondation : la boue, en se compactant, laisse peu d'espace à l'air et réduit drastiquement les fenêtres de survie. Les prochaines heures seront déterminantes pour les équipes de secours, qui devront arbitrer entre la nécessité d'agir vite et les impératifs de sécurité sur un terrain instable.