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Réchauffement: le plan climat de la Banque mondiale arrive à terme sans garantie d'être renouvelé

Monde · · Par Claire BERNARD

Réchauffement: le plan climat de la Banque mondiale arrive à terme sans garantie d'être renouvelé

# Plan climat de la Banque mondiale : un dispositif arrivé à terme sans certitude de reconduction Mis en place en 2021, le plan climat de la Banque mondiale arr

# Plan climat de la Banque mondiale : un dispositif arrivé à terme sans certitude de reconduction Mis en place en 2021, le plan climat de la Banque mondiale arrive officiellement à expiration ce mardi 30 juin, sans garantie d'être renouvelé. Ce dispositif imposait à l'institution financière internationale de consacrer au moins 45 % de ses financements à des projets présentant un bénéfice pour le climat. Selon des informations rapportées par RFI, la pression exercée par l'administration Trump, qui souhaite que la Banque mondiale puisse financer des projets liés aux énergies fossiles dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, rend son renouvellement incertain. ## Un objectif climatique contraignant arrivé à échéance ### Un engagement pris en 2021 sous l'impulsion de la communauté internationale Adopté en 2021, ce plan climat constituait une avancée significative dans la stratégie de la Banque mondiale face au réchauffement climatique. L'institution s'était alors engagée à aligner ses flux financiers sur les objectifs de l'Accord de Paris, en consacrant près de la moitié de ses prêts et dons à des initiatives climatiques. Ce seuil de 45 % concernait autant les projets d'atténuation — visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre — que les projets d'adaptation, destinés à aider les pays vulnérables à faire face aux conséquences déjà visibles du dérèglement climatique. D'après des sources proches de l'institution, cet objectif aurait été globalement atteint sur la période 2021-2025, bien que des disparités importantes aient été observées selon les régions et les secteurs d'intervention. La Banque mondiale aurait ainsi financé des programmes d'énergies renouvelables, de reforestation, de gestion durable des ressources en eau ou encore de résilience agricole dans plusieurs dizaines de pays en développement. ## Une opposition américaine qui fragilise la continuité du dispositif ### L'administration Trump remet en cause les priorités climatiques Le principal obstacle au renouvellement de ce plan proviendrait des États-Unis. Selon des informations rapportées par RFI, l'administration Trump aurait fait savoir qu'elle souhaitait que la Banque mondiale puisse à nouveau financer des projets liés aux énergies fossiles, notamment dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. Cette position s'inscrirait dans une volonté plus large de l'exécutif américain de réduire les contraintes climatiques imposées aux institutions financières multilatérales. Washington, qui est le premier actionnaire de la Banque mondiale, dispose d'une influence considérable sur les orientations stratégiques de l'institution. Les États-Unis détiennent en effet environ 16 % des droits de vote au sein du conseil d'administration, ce qui leur confère un pouvoir de blocage sur les décisions majeures. Sans le soutien américain, le renouvellement du plan climat semblerait compromis, ou du moins soumis à des négociations complexes entre les pays membres. ## Un enjeu crucial pour le financement climatique mondial ### La Banque mondiale, acteur central de la lutte contre le réchauffement La Banque mondiale est l'un des plus importants bailleurs de fonds multilatéraux dans le domaine du climat. En 2024, elle aurait alloué environ 32 milliards de dollars à des projets climatiques, selon des données publiées par l'institution elle-même. L'absence de renouvellement de ce plan contraignant pourrait donc avoir des conséquences significatives sur le financement de la transition écologique dans les pays en développement, qui sont à la fois les plus vulnérables au réchauffement et les moins équipés pour y faire face. Plusieurs organisations non gouvernementales ont déjà exprimé leur inquiétude face à cette situation. Elles estiment que la Banque mondiale doit au contraire renforcer ses engagements climatiques, et non les affaiblir. Certaines voix plaident pour que le seuil de 45 % soit relevé à 50 % ou 60 %, et que l'institution adopte une politique d'exclusion totale des énergies fossiles de ses financements. ## Une décision attendue dans les prochaines semaines ### Des négociations en cours entre les pays membres Le conseil d'administration de la Banque mondiale devrait se prononcer dans les prochaines semaines sur le sort de ce plan climat. Selon des sources diplomatiques citées par RFI, les discussions seraient pour l'heure tendues entre les partisans d'un renouvellement pur et simple du dispositif et ceux qui souhaitent l'assouplir, voire y mettre fin. Les pays européens, traditionnellement favorables à des engagements climatiques ambitieux, tenteraient de convaincre Washington de maintenir le cap. L'issue de ces négociations pourrait avoir des répercussions bien au-delà de la seule Banque mondiale. Elle enverrait un signal fort quant à la volonté de la communauté internationale de maintenir le financement climatique au cœur des priorités des institutions financières multilatérales, ou au contraire de le reléguer au second plan face à d'autres impératifs jugés plus urgents.