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RDC: la riposte à l'épidémie d'Ebola freinée par les familles refusant l'hôpital et les enterrements sécurisés

Monde · · Par Claire BERNARD

RDC: la riposte à l'épidémie d'Ebola freinée par les familles refusant l'hôpital et les enterrements sécurisés

# RDC : la riposte à l'épidémie d'Ebola freinée par les familles refusant l'hôpital et les enterrements sécurisés Dans l'est de la République démocratique du Co

# RDC : la riposte à l'épidémie d'Ebola freinée par les familles refusant l'hôpital et les enterrements sécurisés Dans l'est de la République démocratique du Congo, la lutte contre l'épidémie d'Ebola Bundibugyo se heurte à un obstacle de taille : la réticence d'une partie de la population à se rendre à l'hôpital et à accepter les enterrements sécurisés. Alors que la riposte s'accélère avec l'arrivée de nouveau matériel de test dans la province d'Ituri, les autorités sanitaires doivent composer avec une méfiance profonde qui compromet l'efficacité des mesures mises en place. ## Une accélération de la riposte dans l'Ituri Selon des informations rapportées par RFI, du matériel permettant de tester « sur place » les cas suspects est récemment arrivé dans la province d'Ituri, et notamment à Mongwalu, localité où ont été identifiés les premiers cas de cette nouvelle flambée épidémique. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a expliqué que ces nouveaux équipements devraient permettre de tester plus rapidement les patients, d'accroître la surveillance épidémiologique et de retracer plus efficacement les cas contacts. Cette accélération logistique intervient alors que les autorités sanitaires tentent de contenir la propagation du virus Bundibugyo, une souche d'Ebola moins fréquente que la souche Zaïre mais tout aussi meurtrière. Le déploiement de ces tests sur le terrain représente une avancée significative dans la capacité de réponse des équipes médicales, qui pourront désormais diagnostiquer les cas suspects sans attendre l'acheminement des échantillons vers des laboratoires éloignés. ## La méfiance des populations, un frein majeur Le chef de l'OMS, qui effectuait une visite dans le pays il y a quelques jours, s'est dit « très encouragé par le niveau d'engagement » qu'il a constaté sur le terrain. Toutefois, il a également pointé plusieurs facteurs qui freinent la réponse sanitaire, parmi lesquels la détection tardive des premiers cas, l'insécurité chronique dans les régions touchées et, surtout, la méfiance d'une partie de la population. Cette défiance se manifeste notamment par le refus de certaines familles d'envoyer leurs proches malades à l'hôpital, préférant les soigner à domicile, ainsi que par la résistance aux enterrements sécurisés, pourtant essentiels pour éviter la contamination lors des rites funéraires. Ces comportements, souvent ancrés dans des croyances locales et une méfiance historique envers les institutions, compliquent considérablement le travail des équipes de riposte, qui doivent à la fois soigner les malades et convaincre les communautés de l'importance des mesures sanitaires. ## Un contexte sécuritaire et social fragile La région de l'Ituri, déjà éprouvée par des années de conflits armés et d'instabilité politique, offre un terrain particulièrement difficile pour la lutte contre les épidémies. L'insécurité, alimentée par la présence de groupes armés, limite l'accès des équipes médicales à certaines zones et rend périlleux le suivi des cas contacts. Par ailleurs, la méfiance envers les soignants et les autorités sanitaires, héritée de décennies de négligence et parfois de scandales sanitaires, alimente les rumeurs et les résistances. Les équipes de riposte doivent donc non seulement déployer des moyens techniques et logistiques, mais aussi mener un travail de sensibilisation et de dialogue avec les communautés locales, un processus long et complexe qui ralentit la réponse épidémique. La détection tardive des premiers cas, signalée par l'OMS, illustre également les difficultés à identifier rapidement les foyers infectieux dans un contexte où les systèmes de santé locaux sont fragiles et où la population hésite à se signaler. ## Des enjeux sanitaires et sociaux entremêlés Cette situation met en lumière la complexité des interventions sanitaires dans des régions marquées par la précarité et les conflits. La réussite de la riposte à l'épidémie d'Ebola Bundibugyo dépendra autant de la capacité à déployer des moyens techniques que de la faculté à restaurer la confiance des populations. Les autorités sanitaires, appuyées par l'OMS et d'autres partenaires internationaux, devront intensifier leurs efforts de communication et de dialogue communautaire pour surmonter les résistances et garantir l'efficacité des mesures de contrôle. Alors que le virus continue de circuler, chaque jour de retard dans la prise en charge des malades et l'organisation d'enterrements sécurisés augmente le risque de propagation. La situation en Ituri rappelle, une fois de plus, que la lutte contre les épidémies ne se limite pas à des questions techniques, mais implique des dimensions sociales, culturelles et politiques qui doivent être prises en compte pour espérer endiguer la transmission du virus.