RDC: l'Institut congolais pour la conservation de la nature condamne le lynchage d'un singe rare à Kisangani

RDC : l’ICCN condamne fermement le lynchage d’un singe rare au jardin zoologique de Kisangani L’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) a ex
RDC : l’ICCN condamne fermement le lynchage d’un singe rare au jardin zoologique de Kisangani
L’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) a exprimé sa plus vive condamnation après le lynchage d’un singe au Jardin zoologique et botanique de Kisangani, survenu le 3 juillet dernier. Dans un communiqué officiel, l’institution a qualifié cet acte de « cruauté » et d’« atteinte grave au patrimoine naturel de la République démocratique du Congo », tout en appelant les populations à respecter les lois protégeant la biodiversité.
Un acte de violence contre un spécimen rare
Selon des informations rapportées par RFI, l’animal, un singe appartenant à une espèce protégée, aurait été lynché par des individus non identifiés au sein même du parc zoologique de Kisangani. L’ICCN, dans son communiqué, n’a pas précisé l’espèce exacte du primate, mais a souligné qu’il s’agissait d’un spécimen « rare » et « d’une valeur écologique et scientifique inestimable ». Le Jardin zoologique et botanique de Kisangani, situé dans la province de la Tshopo, abrite plusieurs espèces menacées, et cet incident met en lumière les défis sécuritaires auxquels sont confrontés les sites de conservation en RDC. L’institut a déploré que cet acte de violence ait été commis dans un espace dédié à la protection et à l’éducation environnementale.
Un rappel à la loi et au civisme
L’ICCN a saisi cette occasion pour rappeler que la faune sauvage est « une richesse nationale protégée par la loi ». L’institution a exhorté la population à faire preuve de civisme et à respecter « scrupuleusement » les textes relatifs à la protection de la biodiversité, notamment la loi n°14/003 du 11 février 2014 relative à la conservation de la nature. Selon des sources gouvernementales, le braconnage et les actes de cruauté envers les animaux sauvages sont passibles de peines pouvant aller jusqu’à dix ans de prison et de lourdes amendes. L’ICCN a également invité les autorités locales à renforcer la surveillance des sites protégés et à sensibiliser les communautés environnantes à l’importance de la préservation de la faune.
Des précédents inquiétants pour la conservation
Ce lynchage intervient dans un contexte où la pression sur la faune congolaise reste élevée, notamment dans l’est du pays, où les conflits armés et l’exploitation illégale des ressources naturelles menacent les espèces emblématiques comme les gorilles des plaines de l’Est ou les okapis. Bien que Kisangani soit située dans une région relativement plus stable, l’incident témoigne d’un manque de sensibilisation et de moyens pour garantir la sécurité des animaux dans les parcs zoologiques. L’ICCN, qui gère également les parcs nationaux de la RDC, pourrait être amené à revoir ses protocoles de sécurité dans les jardins zoologiques urbains pour éviter que de tels actes ne se reproduisent.
Un appel à la justice et à la prévention
L’institution a annoncé qu’elle allait collaborer avec les autorités judiciaires de la Tshopo pour identifier et poursuivre les auteurs de ce lynchage. Dans son communiqué, l’ICCN a également lancé un appel aux organisations de protection de la nature et aux partenaires internationaux pour soutenir des campagnes de sensibilisation dans les zones urbaines. Alors que la RDC s’apprête à accueillir de nouveaux projets de conservation dans le cadre de la décennie des Nations unies pour la restauration des écosystèmes, cet incident rappelle que la protection de la biodiversité ne peut se faire sans l’adhésion des communautés locales et un cadre répressif efficace.