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Rame sans conducteur, paiement par reconnaissance faciale... Partout dans le monde, le ferroviaire intègre de plus en plus l'IA pour générer des dizaines de milliards d'économies par an

Economie · · Par Julie MOREAU

Rame sans conducteur, paiement par reconnaissance faciale... Partout dans le monde, le ferroviaire intègre de plus en plus l'IA pour générer des dizaines de milliards d'économies par an

## L'intelligence artificielle s'installe durablement dans le ferroviaire mondial Le secteur ferroviaire mondial traverse une mutation technologique profonde, p

## L'intelligence artificielle s'installe durablement dans le ferroviaire mondial Le secteur ferroviaire mondial traverse une mutation technologique profonde, portée par l'intelligence artificielle. Selon une étude du cabinet de conseil BCG citée par l'AFP, l'IA pourrait générer entre 36 et 79 milliards de dollars de réductions de coûts annuelles pour le secteur à l'échelle planétaire. Un levier stratégique alors que les opérateurs doivent absorber des programmes d'investissement massifs dans leurs réseaux. ## Un secteur gourmand en capitaux en quête de rentabilité Le ferroviaire reste une activité structurellement coûteuse. Réseaux, matériel roulant, maintenance, exploitation : ces charges pèsent lourdement sur la rentabilité des opérateurs, et ce malgré la hausse du trafic observée ces dernières années. L'intelligence artificielle apparaît dès lors comme un relais de productivité, capable de compenser en partie ces contraintes financières. Elle infuse désormais à tous les niveaux de la chaîne de valeur, qu'il s'agisse de l'exploitation technique ou de l'expérience proposée aux voyageurs. Les perspectives de gains sont d'autant plus scrutées que plusieurs pays européens, à commencer par l'Allemagne et la France, ont engagé des plans d'investissement pluriannuels dans leurs infrastructures. ## Le salon InnoTrans de Berlin comme vitrine Lors du grand salon InnoTrans de Berlin, organisé au mois de septembre, l'intelligence artificielle a occupé le devant de la scène, notamment associée aux technologies de trains autonomes. La Deutsche Bahn y a présenté une rame baptisée Automated Train, capable de circuler sans conducteur entre un dépôt ferroviaire et une gare, à une vitesse maximale de 40 km/h. Le dispositif s'appuie sur des lidars (radars laser), des capteurs à ultrasons et des caméras infrarouges, qui permettent au train de détecter les dangers sur la voie et de freiner de manière autonome. Le ministère de l'Économie allemand a subventionné ce programme à hauteur de 42 millions d'euros, dans le cadre d'un plan d'une centaine de milliards d'euros promis d'ici 2030 pour moderniser les infrastructures du pays. ## Des applications variées, des disparités persistantes Au-delà des trains autonomes, les applications se multiplient. La startup espagnole de robotique Ostirion a présenté une solution dopée à l'IA visant à soulager les conducteurs en supprimant des tâches répétitives et ardues, rapporte l'AFP. Le paiement par reconnaissance faciale, évoqué dans plusieurs projets internationaux, illustre également la pénétration de ces technologies dans le parcours voyageur. En Russie, une prochaine généralisation du train autonome est annoncée, signe que la dynamique dépasse largement le continent européen. Pour autant, les freins demeurent nombreux : coûts d'équipement, cadre réglementaire, acceptabilité sociale et disparités fortes entre les pays. Tous les réseaux ne disposent pas des mêmes moyens ni des mêmes priorités. ## Un enjeu de compétitivité à long terme Les économies potentielles identifiées par le BCG dessinent un enjeu de compétitivité majeur pour les opérateurs ferroviaires. Si l'IA ne résoudra pas à elle seule l'équation financière d'un secteur intensif en capital, elle pourrait en atténuer les tensions et financer, en partie, la modernisation des infrastructures. La question du rythme d'adoption, très inégal selon les géographies, restera au cœur des débats des prochaines années.